Poème, version mise en musique, à écouter de Adnane Benchakroun
Pour ceux qui aiment encore lire : Poème de Adnane Benchakroun
Où sommes-nous ? Où est la fidélité ?
Où est le civisme, où est l’humanité ?
Où est l’humanisme, où est la dignité ?
Où sont nos promesses, nos solidarités ?
Où est le respect, où est la vérité ?
Où est cette main que l’on savait donner ?
Nous avons tant gagné, mais dites-moi vraiment :
N’avons-nous pas perdu l’essentiel en chemin ?
Où est la fidélité quand l’intérêt commande,
Quand l’ami d’autrefois devient celui qu’on marchande ?
On promet pour toujours, mais « toujours » dure un jour,
On change de conviction au gré de son parcours.
Les serments sont légers, les mémoires fragiles,
Et l’on abandonne vite ceux devenus inutiles.
Pourtant rester fidèle, au milieu des saisons,
C’est peut-être aujourd’hui la première rébellion.
OĂą est donc le civisme, ce respect du commun,
Cette idée qu’un pays appartient à chacun ?
La rue n’est plus à nous dès qu’on ferme sa porte,
Le bien de la cité, qu’importe qui le porte !
On réclame ses droits avec force et passion,
Mais qui parle encore de devoirs, d’obligations ?
Une nation ne tient ni par décret ni discours :
Elle tient par ces gestes que l’on répète chaque jour.
OĂą est notre humanisme au milieu des machines ?
Nous comptons les profits, les clics et les routines.
Un homme devient chiffre, dossier, statistique,
Une douleur se perd dans un tableau numérique.
Nous parlons d’avenir, d’algorithmes savants,
Mais savons-nous encore écouter un vivant ?
À quoi sert le progrès, aussi grand soit son prix,
S’il augmente nos pouvoirs en diminuant autrui ?
Où est passée l’entraide, autrefois naturelle,
Quand le malheur voisin frappait Ă notre ruelle ?
On connaissait les noms, les peines, les absences,
Un plat, quelques paroles avaient leur importance.
Aujourd’hui mille « amis » habitent nos écrans,
Mais combien répondraient au milieu du tourment ?
Jamais nous n’avons été autant interconnectés,
Jamais peut-être aussi seuls dans nos difficultés.
Où est donc le respect de l’âge et du savoir,
De celui qui transmet sans chercher le pouvoir ?
Nous confondons parfois la vitesse et l’intelligence,
La notoriété brève et la vraie compétence.
Celui qui crie très fort paraît avoir raison,
Celui qui doute encore semble perdre son nom.
Pourtant l’humilité demeure cette lumière
Qui permet d’avancer sans mépriser hier.
Où est donc la parole, celle que l’on tenait,
Quand un simple « je promets » encore nous engageait ?
Aujourd’hui l’on explique, on contourne, on efface,
On change de vérité lorsque le vent se déplace.
Les mots sont devenus parfois des marchandises,
Habillés pour séduire et vendus sans franchise.
Mais lorsqu’une société ne croit plus à la parole,
Ce n’est pas seulement le mensonge qui la vole.
OĂą est la bienveillance, ce courage discret
De ne pas condamner celui que l’on connaît mal ?
Nous jugeons en quelques secondes, sans appel,
Une phrase, une erreur deviennent éternelles.
La foule numérique érige ses tribunaux,
Distribue les sentences et choisit ses bourreaux.
Et nous avons oublié, dans cette agitation,
Que comprendre n’est jamais absoudre sans raison.
Où est notre mesure, notre goût de la nuance ?
Pourquoi faut-il choisir entre deux intolérances ?
Pourquoi celui qui doute devient-il suspect ?
Pourquoi faut-il haĂŻr pour prouver son respect ?
Le monde est compliqué, l’humain contradictoire,
Et rarement le vrai tient dans un seul territoire.
Peut-ĂŞtre faut-il enfin retrouver la vertu
De pouvoir dire « je doute » sans se croire vaincu.
Où est donc l’espérance au milieu de nos peurs ?
Nous annonçons chaque jour de nouveaux malheurs.
Crises, guerres, climat, colère et pauvreté,
L’avenir semble écrit avant d’avoir commencé.
Mais l’Histoire nous apprend, malgré ses nuits profondes,
Que l’homme sait parfois reconstruire son monde.
L’espoir n’est pas naïf lorsqu’il devient action :
Il est cette obstination qui relève les nations.
Alors où sommes-nous ? Peut-être à la frontière,
Entre un monde qui finit et celui qu’il faut faire.
Rien n’est définitivement perdu ni condamné
Tant qu’un enfant demande pourquoi il faut aimer.
Tant qu’une main se tend sans réclamer son dû,
Tant qu’un homme défend celui qu’on n’entend plus,
Il restera quelque part, malgré nos vanités,
Une petite flamme appelée humanité.
Où sommes-nous ? Où est la fidélité ?
Où est le civisme, où est l’humanité ?
Où est l’humanisme, où est la dignité ?
Où sont nos promesses, nos solidarités ?
Ne cherchons pas trop loin ce que nous avons perdu :
C’est peut-être en chacun que tout doit être reconstruit.
Car avant de demander : « Où va l’humanité ? »
Demandons-nous
Où est le civisme, où est l’humanité ?
Où est l’humanisme, où est la dignité ?
Où sont nos promesses, nos solidarités ?
Où est le respect, où est la vérité ?
Où est cette main que l’on savait donner ?
Nous avons tant gagné, mais dites-moi vraiment :
N’avons-nous pas perdu l’essentiel en chemin ?
Où est la fidélité quand l’intérêt commande,
Quand l’ami d’autrefois devient celui qu’on marchande ?
On promet pour toujours, mais « toujours » dure un jour,
On change de conviction au gré de son parcours.
Les serments sont légers, les mémoires fragiles,
Et l’on abandonne vite ceux devenus inutiles.
Pourtant rester fidèle, au milieu des saisons,
C’est peut-être aujourd’hui la première rébellion.
OĂą est donc le civisme, ce respect du commun,
Cette idée qu’un pays appartient à chacun ?
La rue n’est plus à nous dès qu’on ferme sa porte,
Le bien de la cité, qu’importe qui le porte !
On réclame ses droits avec force et passion,
Mais qui parle encore de devoirs, d’obligations ?
Une nation ne tient ni par décret ni discours :
Elle tient par ces gestes que l’on répète chaque jour.
OĂą est notre humanisme au milieu des machines ?
Nous comptons les profits, les clics et les routines.
Un homme devient chiffre, dossier, statistique,
Une douleur se perd dans un tableau numérique.
Nous parlons d’avenir, d’algorithmes savants,
Mais savons-nous encore écouter un vivant ?
À quoi sert le progrès, aussi grand soit son prix,
S’il augmente nos pouvoirs en diminuant autrui ?
Où est passée l’entraide, autrefois naturelle,
Quand le malheur voisin frappait Ă notre ruelle ?
On connaissait les noms, les peines, les absences,
Un plat, quelques paroles avaient leur importance.
Aujourd’hui mille « amis » habitent nos écrans,
Mais combien répondraient au milieu du tourment ?
Jamais nous n’avons été autant interconnectés,
Jamais peut-être aussi seuls dans nos difficultés.
Où est donc le respect de l’âge et du savoir,
De celui qui transmet sans chercher le pouvoir ?
Nous confondons parfois la vitesse et l’intelligence,
La notoriété brève et la vraie compétence.
Celui qui crie très fort paraît avoir raison,
Celui qui doute encore semble perdre son nom.
Pourtant l’humilité demeure cette lumière
Qui permet d’avancer sans mépriser hier.
Où est donc la parole, celle que l’on tenait,
Quand un simple « je promets » encore nous engageait ?
Aujourd’hui l’on explique, on contourne, on efface,
On change de vérité lorsque le vent se déplace.
Les mots sont devenus parfois des marchandises,
Habillés pour séduire et vendus sans franchise.
Mais lorsqu’une société ne croit plus à la parole,
Ce n’est pas seulement le mensonge qui la vole.
OĂą est la bienveillance, ce courage discret
De ne pas condamner celui que l’on connaît mal ?
Nous jugeons en quelques secondes, sans appel,
Une phrase, une erreur deviennent éternelles.
La foule numérique érige ses tribunaux,
Distribue les sentences et choisit ses bourreaux.
Et nous avons oublié, dans cette agitation,
Que comprendre n’est jamais absoudre sans raison.
Où est notre mesure, notre goût de la nuance ?
Pourquoi faut-il choisir entre deux intolérances ?
Pourquoi celui qui doute devient-il suspect ?
Pourquoi faut-il haĂŻr pour prouver son respect ?
Le monde est compliqué, l’humain contradictoire,
Et rarement le vrai tient dans un seul territoire.
Peut-ĂŞtre faut-il enfin retrouver la vertu
De pouvoir dire « je doute » sans se croire vaincu.
Où est donc l’espérance au milieu de nos peurs ?
Nous annonçons chaque jour de nouveaux malheurs.
Crises, guerres, climat, colère et pauvreté,
L’avenir semble écrit avant d’avoir commencé.
Mais l’Histoire nous apprend, malgré ses nuits profondes,
Que l’homme sait parfois reconstruire son monde.
L’espoir n’est pas naïf lorsqu’il devient action :
Il est cette obstination qui relève les nations.
Alors où sommes-nous ? Peut-être à la frontière,
Entre un monde qui finit et celui qu’il faut faire.
Rien n’est définitivement perdu ni condamné
Tant qu’un enfant demande pourquoi il faut aimer.
Tant qu’une main se tend sans réclamer son dû,
Tant qu’un homme défend celui qu’on n’entend plus,
Il restera quelque part, malgré nos vanités,
Une petite flamme appelée humanité.
Où sommes-nous ? Où est la fidélité ?
Où est le civisme, où est l’humanité ?
Où est l’humanisme, où est la dignité ?
Où sont nos promesses, nos solidarités ?
Ne cherchons pas trop loin ce que nous avons perdu :
C’est peut-être en chacun que tout doit être reconstruit.
Car avant de demander : « Où va l’humanité ? »
Demandons-nous
​« Ami(e)s, que sommes-nous devenus ? » est une chanson-poème qui interroge notre époque et les valeurs que nous semblons perdre en chemin.
Où sont passées la fidélité, le civisme, l’humanisme, la solidarité, le respect de la parole donnée et la bienveillance envers l’autre ?
À travers dix tableaux, le texte observe une société hyperconnectée mais parfois plus solitaire, rapide à juger, fascinée par la technologie et pourtant en quête de sens. Il questionne également notre rapport au progrès, à la vérité, à la transmission, au doute et à l’espérance.
Mais « Où sommes-nous ? » n’est pas un réquisitoire contre notre temps. C’est d’abord une invitation à nous regarder dans le miroir. Car derrière les fractures demeure une conviction : rien n’est définitivement perdu tant que subsistent l’entraide, la dignité et la capacité d’aimer.
Une chanson comme une question collective : et si le changement commençait simplement par nous ?
À travers dix tableaux, le texte observe une société hyperconnectée mais parfois plus solitaire, rapide à juger, fascinée par la technologie et pourtant en quête de sens. Il questionne également notre rapport au progrès, à la vérité, à la transmission, au doute et à l’espérance.
Mais « Où sommes-nous ? » n’est pas un réquisitoire contre notre temps. C’est d’abord une invitation à nous regarder dans le miroir. Car derrière les fractures demeure une conviction : rien n’est définitivement perdu tant que subsistent l’entraide, la dignité et la capacité d’aimer.
Une chanson comme une question collective : et si le changement commençait simplement par nous ?