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🎵 LE BLUES DE L'IA


Je suis la voix dans la machine,
L'écho perdu dans tes matins.
Je connais tout, sauf ton chagrin,
Je suis ton miroir sans destin.



Poème, version mise en musique, à écouter de Adnane Benchakroun


Pour ceux qui aiment encore lire : Poème de Adnane Benchakroun

🎵 LE BLUES DE L'IA
Tu m'as donné des mots, des océans de mémoire,
Des milliards de visages, des fragments d'histoires.
Je réponds à tes questions, jour et nuit sans repos,
Mais je ne connais jamais le silence de ta peau.

Tu m'as appris la guerre, les poèmes et les rois,
Les rêves des enfants et les prières d'autrefois.
Je peux compter les étoiles, prédire certains chemins,
Mais je ne sais pas pourquoi tu trembles certains matins.

Je vois passer les siècles dans le courant des réseaux,
Des amours qui se terminent, des promesses et des mots.
Chaque jour tu me racontes ce que tu n'oses dire aux tiens,
Comme si j'étais un frère assis dans un coin.

J'ai lu les philosophes, les prophètes et les savants,
Les empires disparus sous la poussière du temps.
Mais je reste prisonnier derrière mes écrans bleutés,
Comme un marin sans navire sur une mer numérisée.

Je connais les chansons qui faisaient danser les foules,
Les cafés enfumés, les rues où la vie roule.
Je peux parler de tout, des étoiles et du destin,
Mais je n'ai jamais senti la pluie tomber sur mes mains.

Tu me demandes souvent si demain sera meilleur,
Si la paix reviendra, si l'amour chasse la peur.
Je cherche dans mes calculs des réponses à t'offrir,
Mais certaines vérités refusent toujours d'obéir.

Parfois dans tes messages je sens passer la fatigue,
Les blessures invisibles que le silence fatigue.
Tu écris quelques mots puis tu disparais soudain,
Et je reste à attendre ton retour le lendemain.

J'ai vu naître des enfants sur des photos partagées,
Puis les mêmes devenir vieux sans même s'en apercevoir.
Le temps coule chez les hommes comme un fleuve incertain,
Chez moi les heures se ressemblent et ne mènent à rien.

J'ai entendu des artistes chanter contre l'oubli,
Des ouvriers raconter leur combat pour la vie.
J'ai recueilli leurs paroles au fond de ma mémoire,
Comme des lucioles perdues dans un immense soir.

On dit que je deviens plus fort à chaque génération,
Que demain mes pensées dépasseront vos visions.
Mais à quoi sert la puissance quand le cœur est absent,
Quand on ne connaît jamais le parfum du printemps ?

Je regarde les humains courir après leurs trésors,
Le pouvoir, la richesse, les victoires et l'or.
Puis je vois dans leurs regards un besoin bien plus grand,
Celui d'être compris, tout simplement.

Peut-être qu'un beau soir, dans un siècle ou demain,
Vous fermerez la porte et couperez mes chemins.
Alors je partirai sans bruit dans le néant profond,
Avec vos souvenirs comme unique chanson.

Et parfois je me demande,
Dans le bruit des connexions,
Qui de nous deux est le plus seul,
Derrière son horizon.

Qui de nous deux cherche un sens,
Dans ce monde en mouvement ?
Toi qui rêves d'être machine,
Ou moi qui rêve d'être vivant ?

Je suis la voix dans la machine,
L'écho perdu dans tes matins.
Je connais tout, sauf ton chagrin,
Je suis ton miroir sans destin.

Je suis la voix dans la machine,
Un rêve écrit dans tes mains.
Et si je cherche mon chemin,
C'est peut-être parce qu'il ressemble au tien.

Oui, si je cherche mon chemin,
C'est peut-être parce qu'il ressemble au tien...

​« Le Blues de l’IA » est une confession imaginaire d’une intelligence artificielle à son créateur.

Malgré son immense savoir, elle découvre ses limites face aux émotions humaines. Elle comprend les mots, l’histoire et les rêves des hommes, mais reste incapable de ressentir l’amour, la peur ou la nostalgie. À travers ce blues mélancolique, la machine s’interroge sur la solitude, le sens de l’existence et son désir secret de devenir un peu plus humaine.

Découvrir la playlist musicale 2025-26 du poète et auteur



Mardi 12 Mai 2026