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🎵 Le bleu et le blanc


​Entre la page qui respire et l’écran qui veille,
il y a deux clartés, deux façons d’habiter le monde.
L’une apaise, l’autre appelle.
Et chacune, à sa manière, éclaire nos nuits.



Poème, version mise en musique, à écouter de Adnane Benchakroun


Pour ceux qui aiment encore lire : Poème de Adnane Benchakroun

🎵 Le bleu et le blanc
À chacun sa lumière, le bleu et le blanc,
Le feu de l’écran, le silence du temps.
À chacun sa lumière, son rêve, son élan,
Le bleu pour la vitesse, le blanc pour le vivant.

Le livre ouvre ses bras dans un calme ancien,
Ses pages ont l’odeur des matins sans fin.
Une lampe se pose sur le grain du papier,
Et le monde ralentit pour mieux respirer.

L’écran, lui, s’allume comme une ville la nuit,
Il clignote, il appelle, il promet l’infini.
Dans sa lumière bleue passent mille chemins,
Des visages, des nouvelles, et le bruit du demain.

Le blanc d’un livre éclaire sans jamais bousculer,
Il laisse au cœur le temps de douter, de penser.
Chaque mot y descend comme une pluie légère,
Et trace dans l’esprit une route sincère.

Le bleu d’un écran découpe l’instant,
Il va vite, très vite, comme un fleuve pressant.
Il rassemble le monde au creux de la main,
Mais parfois nous éloigne du plus simple chemin.

Sous la lampe, un roman devient presque un pays,
On y marche en silence, on y refait sa vie.
Les phrases sont des portes, les marges des jardins,
Où l’âme peut s’asseoir jusqu’au petit matin.

Sous l’écran, tout défile en images, en éclats,
Un savoir immédiat qui ne s’attarde pas.
On apprend, on regarde, on traverse des mers,
Mais la nuit reste parfois plus vide que claire.

Le blanc ressemble au souffle d’une paix retrouvée,
À la main qui tourne une page sans trembler.
Il éclaire de dedans, sans bruit, sans vanité,
Comme une vérité qui n’a rien à prouver.

Le bleu ressemble aux néons d’une époque debout,
À l’urgence moderne qui passe partout.
Il éclaire les visages, les villes, les débats,
Mais fatigue parfois les yeux qui n’en peuvent pas.

Pourtant je ne choisis ni l’un ni l’autre en guerre,
Car chacun porte un monde, chacun a sa lumière.
Le livre garde la profondeur des saisons,
L’écran offre la fenêtre et l’immense horizon.

Alors j’avance entre le bleu et le blanc,
Entre l’éclair du siècle et le pas plus lent.
Et j’apprends que la vie, dans ses contrastes doux,
Demande juste une lumière qui nous ressemble, nous.

À chacun sa lumière, le bleu et le blanc,
Le feu de l’écran, le silence du temps.
À chacun sa lumière, son rêve, son élan,
Le bleu pour la vitesse, le blanc pour le vivant.

​Le poème oppose sans les condamner deux lumières devenues symboles de notre époque : le blanc du livre et le bleu de l’écran.

La lumière blanche incarne la lenteur, le silence, la profondeur, l’imaginaire et la pensée qui se construit patiemment. La lumière bleue, elle, représente la vitesse, le flux, l’immédiateté, l’appel permanent du monde connecté et la dispersion de l’attention.

Tout au long du poème , le livre apparaît comme un refuge intérieur, un espace où l’on entre vraiment dans un univers, alors que l’écran ouvre sur une multitude de contenus, utiles parfois, mais souvent fugitifs. Le poème ne tranche pourtant pas brutalement entre les deux. Il reconnaît que chacun porte sa part de lumière, sa promesse, son usage et son pouvoir.

Au fond, le poème  défend une idée simple : entre le bleu et le blanc, entre l’accélération numérique et la lenteur du papier, l’être humain cherche encore la lumière qui lui ressemble le mieux.

Découvrir la playlist musicale 2025-26 du poète et auteur



Dimanche 19 Avril 2026