Poème, version mise en musique, à écouter de Adnane Benchakroun
Pour ceux qui aiment encore lire : Poème de Adnane Benchakroun
Monte sur mon dos, maman,
Accroche tes bras autour de moi,
Ne regarde surtout pas les vagues,
Ne regarde pas derrière toi.
J’ai grandi dans tes bras fragiles,
Sous ton toit, dans tes prières,
Aujourd’hui je deviens tes jambes,
Pour traverser cette frontière.
**[Refrain]**
Je te porte, maman, je te porte,
MĂŞme si la mer devient plus forte,
MĂŞme si mes jambes tremblent de froid,
Je ne te laisserai pas derrière moi.
Je te porte vers l’autre rive,
Vers cette lumière qui nous esquive,
Je ne sais pas ce qu’on trouvera,
Mais je sais que tu viendras avec moi.
**[Couplet 2]**
Tu m’as porté neuf mois, maman,
Puis toute une enfance encore,
Tu m’as appris mes premiers pas,
Tu m’as relevé quand je tombais dehors.
Aujourd’hui le monde est à l’envers,
C’est ton fils qui marche dans la mer,
Chaque vague me vole un peu de force,
Mais tes mains me disent : avance encore.
**[Couplet 3]**
Au loin, il y a Ceuta, maman,
Quelques lumières dans la nuit,
Quelques kilomètres seulement,
Et pourtant presque une autre vie.
On nous dira que c’est dangereux,
On nous dira de revenir chez nous,
Mais comment expliquer avec des mots
Pourquoi nous sommes arrivés jusque-là ?
**[Refrain]**
Je te porte, maman, je te porte,
MĂŞme si la mer devient plus forte,
MĂŞme si mes jambes tremblent de froid,
Je ne te laisserai pas derrière moi.
Je te porte vers l’autre rive,
Vers cette lumière qui nous esquive,
Je ne sais pas ce qu’on trouvera,
Mais je sais que tu viendras avec moi.
**[Pont – presque murmuré]**
Maman…
Si je tombe,
pardonne-moi.
Si j’ai peur,
serre-moi plus fort.
Et si la mer nous demande
pourquoi nous sommes venus…
Dis-lui simplement
que nous cherchions
une raison d’espérer encore.
**[Couplet 4]**
Il y avait pourtant notre maison,
Le thé brûlant, les voix du quartier,
Les voisins assis devant les portes,
Et tant de souvenirs Ă emporter.
On n’abandonne jamais son pays
Comme on abandonne un vieux manteau,
On emporte toujours un peu de lui
Dans une poche, dans la peau.
**[Refrain final – montée émotionnelle]**
Je te porte, maman, je te porte,
Que la mer soit faible ou qu’elle soit forte,
Tu m’as donné autrefois tes bras,
Aujourd’hui je te donne mes pas.
Je te porte vers l’autre rive,
Mais quelque chose en nous dérive,
Car lorsqu’un fils entre dans la mer
Avec sa mère comme seul bagage…
Ce n’est plus seulement un voyage.
Il fut un temps, maman,
où tu me portais pour m’apprendre à marcher.
Ce soir,
c’est moi qui te porte…
Et quelque part derrière nous,
il y a une maison,
une rue,
un pays…
qui devrait se demander
pourquoi nous sommes entrés dans la mer.
Accroche tes bras autour de moi,
Ne regarde surtout pas les vagues,
Ne regarde pas derrière toi.
J’ai grandi dans tes bras fragiles,
Sous ton toit, dans tes prières,
Aujourd’hui je deviens tes jambes,
Pour traverser cette frontière.
**[Refrain]**
Je te porte, maman, je te porte,
MĂŞme si la mer devient plus forte,
MĂŞme si mes jambes tremblent de froid,
Je ne te laisserai pas derrière moi.
Je te porte vers l’autre rive,
Vers cette lumière qui nous esquive,
Je ne sais pas ce qu’on trouvera,
Mais je sais que tu viendras avec moi.
**[Couplet 2]**
Tu m’as porté neuf mois, maman,
Puis toute une enfance encore,
Tu m’as appris mes premiers pas,
Tu m’as relevé quand je tombais dehors.
Aujourd’hui le monde est à l’envers,
C’est ton fils qui marche dans la mer,
Chaque vague me vole un peu de force,
Mais tes mains me disent : avance encore.
**[Couplet 3]**
Au loin, il y a Ceuta, maman,
Quelques lumières dans la nuit,
Quelques kilomètres seulement,
Et pourtant presque une autre vie.
On nous dira que c’est dangereux,
On nous dira de revenir chez nous,
Mais comment expliquer avec des mots
Pourquoi nous sommes arrivés jusque-là ?
**[Refrain]**
Je te porte, maman, je te porte,
MĂŞme si la mer devient plus forte,
MĂŞme si mes jambes tremblent de froid,
Je ne te laisserai pas derrière moi.
Je te porte vers l’autre rive,
Vers cette lumière qui nous esquive,
Je ne sais pas ce qu’on trouvera,
Mais je sais que tu viendras avec moi.
**[Pont – presque murmuré]**
Maman…
Si je tombe,
pardonne-moi.
Si j’ai peur,
serre-moi plus fort.
Et si la mer nous demande
pourquoi nous sommes venus…
Dis-lui simplement
que nous cherchions
une raison d’espérer encore.
**[Couplet 4]**
Il y avait pourtant notre maison,
Le thé brûlant, les voix du quartier,
Les voisins assis devant les portes,
Et tant de souvenirs Ă emporter.
On n’abandonne jamais son pays
Comme on abandonne un vieux manteau,
On emporte toujours un peu de lui
Dans une poche, dans la peau.
**[Refrain final – montée émotionnelle]**
Je te porte, maman, je te porte,
Que la mer soit faible ou qu’elle soit forte,
Tu m’as donné autrefois tes bras,
Aujourd’hui je te donne mes pas.
Je te porte vers l’autre rive,
Mais quelque chose en nous dérive,
Car lorsqu’un fils entre dans la mer
Avec sa mère comme seul bagage…
Ce n’est plus seulement un voyage.
Il fut un temps, maman,
où tu me portais pour m’apprendre à marcher.
Ce soir,
c’est moi qui te porte…
Et quelque part derrière nous,
il y a une maison,
une rue,
un pays…
qui devrait se demander
pourquoi nous sommes entrés dans la mer.
​Ce poème raconte le bouleversement d’un fils qui porte sa mère sur son dos pour tenter de rejoindre Ceuta par la mer.
Autrefois, c’était elle qui le portait, l’accompagnait dans ses premiers pas et le relevait lorsqu’il tombait. Désormais, les rôles sont inversés : devenu adulte, il devient ses jambes et avance dans l’eau malgré le froid, les vagues, la fatigue et la peur.
Leur traversée symbolise davantage qu’une migration clandestine : elle raconte l’amour filial, le sacrifice, l’exil et l’espoir désespéré d’une vie meilleure. Derrière eux restent une maison, un quartier, des souvenirs et un pays auquel ils demeurent attachés.
Le texte du poéme mis en musique refuse de présenter leur départ comme une aventure héroïque. Il pose plutôt une question douloureuse : comment en arrive-t-on à risquer sa vie en mer avec sa propre mère sur le dos, simplement pour chercher ailleurs une raison d’espérer ?
Leur traversée symbolise davantage qu’une migration clandestine : elle raconte l’amour filial, le sacrifice, l’exil et l’espoir désespéré d’une vie meilleure. Derrière eux restent une maison, un quartier, des souvenirs et un pays auquel ils demeurent attachés.
Le texte du poéme mis en musique refuse de présenter leur départ comme une aventure héroïque. Il pose plutôt une question douloureuse : comment en arrive-t-on à risquer sa vie en mer avec sa propre mère sur le dos, simplement pour chercher ailleurs une raison d’espérer ?