Poème, version mise en musique, à écouter de Adnane Benchakroun
Pour ceux qui aiment encore lire : Poème de Adnane Benchakroun
Hier encore, j’avais quarante ans,
Des projets plein les poches, du soleil entre les dents.
وكانَ غدي بعيدًا، أُرتِّبُهُ على مَهلي،
وأحسبُ أنّ هذا العمرَ يُمهلُني ولا يمضي.
Les enfants inventaient des royaumes au salon,
Nous rêvions de silence au milieu des chansons.
كبروا، ومضى معَهم ضجيجُ البيتِ والسَّهَر،
وبقيتُ أسمعُ خُطوَهم، كلّما انفتحَ الممرّ.
Hier encore… mais j’ai le cœur vivant,
Il bat pour un regard, il invente un printemps.
وما زالَ في قلبي مكانٌ للأغاني،
وما زلتُ ألقى في المحبّةِ مَن يراني.
Reste encore un instant, le jour peut nous attendre…
تعالَيْ نُكملِ الحلمَ الذي ما زالَ يكبرُ بينَنا.
Je disais : « Je viendrai », je répondais : « Demain »,
Sans voir mon père attendre au détour du chemin.
وكانَ أبي يُخبِّئُ تعبَهُ كي لا أراه،
فلمّا شِبتُ، أدركتُ الذي أخفاه.
J’ai gardé des prénoms, des lettres, des visages,
Et des rires qui reviennent sans prévenir mon âge.
أُقلِّبُ في هاتفي أسماءَ مَن غابوا،
وأتركُها… كأنّهمُ قليلًا ثمّ آبوا.
Hier encore… mais j’ai le cœur vivant,
Il bat pour un regard, il invente un printemps.
وما زالَ في قلبي مكانٌ للأغاني،
وما زلتُ ألقى في المحبّةِ مَن يراني.
Reste encore un instant, le jour peut nous attendre…
تعالَيْ نُكملِ الحلمَ الذي ما زالَ يكبرُ بينَنا.
J’ai gagné des débats, puis regretté ma voix,
Un ami vaut bien plus que le dernier mot parfois.
وصرتُ إذا أتاني مَن أحبُّ، تركتُ أشغالي،
فبعضُ الجالسينَ بقربِنا يُصلحونَ الحالَ.
Une petite main vient se glisser dans la mienne,
Et me voilà courant pour qu’un cerf-volant tienne.
ولي في آخرِ الدفترِ حلمٌ لم يكتملْ،
أُهيِّئُهُ على مَهلي… وأفتحُ للشبابيكِ الأملْ.
Si mes pas sont plus lents, mes envies vont devant…
وإنْ شابَتْ ملامحُنا، ففي أرواحِنا مُتَّسَعْ…
Hier encore… mais j’ai le cœur vivant,
Il bat pour un regard, il invente un printemps.
وما زالَ في قلبي مكانٌ للأغاني،
وما زلتُ ألقى في المحبّةِ مَن يراني.
Il reste un peu de jour… viens t’asseoir près de moi.
بَقِيَ لنا منَ العمرِ الجميلِ… ما نعيشُهُ معًا.
Hier encore, j’avais quarante ans…
كأنّ الأربعينَ كانت بالأمس…
Des projets plein les poches, du soleil entre les dents.
وكانَ غدي بعيدًا، أُرتِّبُهُ على مَهلي،
وأحسبُ أنّ هذا العمرَ يُمهلُني ولا يمضي.
Les enfants inventaient des royaumes au salon,
Nous rêvions de silence au milieu des chansons.
كبروا، ومضى معَهم ضجيجُ البيتِ والسَّهَر،
وبقيتُ أسمعُ خُطوَهم، كلّما انفتحَ الممرّ.
Hier encore… mais j’ai le cœur vivant,
Il bat pour un regard, il invente un printemps.
وما زالَ في قلبي مكانٌ للأغاني،
وما زلتُ ألقى في المحبّةِ مَن يراني.
Reste encore un instant, le jour peut nous attendre…
تعالَيْ نُكملِ الحلمَ الذي ما زالَ يكبرُ بينَنا.
Je disais : « Je viendrai », je répondais : « Demain »,
Sans voir mon père attendre au détour du chemin.
وكانَ أبي يُخبِّئُ تعبَهُ كي لا أراه،
فلمّا شِبتُ، أدركتُ الذي أخفاه.
J’ai gardé des prénoms, des lettres, des visages,
Et des rires qui reviennent sans prévenir mon âge.
أُقلِّبُ في هاتفي أسماءَ مَن غابوا،
وأتركُها… كأنّهمُ قليلًا ثمّ آبوا.
Hier encore… mais j’ai le cœur vivant,
Il bat pour un regard, il invente un printemps.
وما زالَ في قلبي مكانٌ للأغاني،
وما زلتُ ألقى في المحبّةِ مَن يراني.
Reste encore un instant, le jour peut nous attendre…
تعالَيْ نُكملِ الحلمَ الذي ما زالَ يكبرُ بينَنا.
J’ai gagné des débats, puis regretté ma voix,
Un ami vaut bien plus que le dernier mot parfois.
وصرتُ إذا أتاني مَن أحبُّ، تركتُ أشغالي،
فبعضُ الجالسينَ بقربِنا يُصلحونَ الحالَ.
Une petite main vient se glisser dans la mienne,
Et me voilà courant pour qu’un cerf-volant tienne.
ولي في آخرِ الدفترِ حلمٌ لم يكتملْ،
أُهيِّئُهُ على مَهلي… وأفتحُ للشبابيكِ الأملْ.
Si mes pas sont plus lents, mes envies vont devant…
وإنْ شابَتْ ملامحُنا، ففي أرواحِنا مُتَّسَعْ…
Hier encore… mais j’ai le cœur vivant,
Il bat pour un regard, il invente un printemps.
وما زالَ في قلبي مكانٌ للأغاني،
وما زلتُ ألقى في المحبّةِ مَن يراني.
Il reste un peu de jour… viens t’asseoir près de moi.
بَقِيَ لنا منَ العمرِ الجميلِ… ما نعيشُهُ معًا.
Hier encore, j’avais quarante ans…
كأنّ الأربعينَ كانت بالأمس…
Ce poème « Hier encore, j’avais quarante ans » raconte ce moment où l’on découvre que les années ont passé plus vite que nos envies.
Les enfants ont grandi, la maison s’est apaisée, des êtres chers ont disparu. Les souvenirs prennent une autre profondeur : on comprend enfin la fatigue d’un père, la valeur d’une visite, le prix d’une parole remise au lendemain.
Dans sa version bilingue, une voix féminine en français et une voix masculine en arabe font dialoguer ces émotions. Chacune apporte sa sensibilité à une même traversée du temps, entre tendresse, regrets et gratitude.
La nostalgie laisse pourtant la porte ouverte : une petite main dans la sienne, un amour présent, une page blanche suffisent à réveiller le désir. Ce poème célèbre une maturité qui connaît ses pertes et garde l’envie d’aimer, de créer et de partir encore.
Dans sa version bilingue, une voix féminine en français et une voix masculine en arabe font dialoguer ces émotions. Chacune apporte sa sensibilité à une même traversée du temps, entre tendresse, regrets et gratitude.
La nostalgie laisse pourtant la porte ouverte : une petite main dans la sienne, un amour présent, une page blanche suffisent à réveiller le désir. Ce poème célèbre une maturité qui connaît ses pertes et garde l’envie d’aimer, de créer et de partir encore.