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🎵Le droit de dire moi


Moi je, sans masque ni détour,
Moi je, debout dans le jour,
Ce n’est ni faute ni loi,
C’est la vérité d’une voix.



Poème, version mise en musique, à écouter de Adnane Benchakroun


Pour ceux qui aiment encore lire : Poème de Adnane Benchakroun

🎵Le droit de dire moi
On m’a appris le silence,
Ă€ contourner le moi.
Mais une voix insiste,
Et demande le droit.

Moi je, moi je, on m’a appris à ne jamais dire moi je,
À plier la voix, à rentrer l’ego, à marcher sans bruit.

Ă€ parler au nom du nous, large manteau commode,
Où l’on cache ses angles pour éviter la faute.

Moi je serait orgueil, m’a-t-on dit, presque une tache,
Un mot qui déborde, qui froisse, qui attache.


Moi je, sans masque ni détour,
Moi je, debout dans le jour,
Ce n’est ni faute ni loi,
C’est la vérité d’une voix.

Alors j’ai appris le silence comme une politesse,
Ă€ dire peut-ĂŞtre, parfois, avec prudence et faiblesse.

Mais le monde aime les signatures au bas des actes,
Et réclame des visages quand l’heure est aux impacts.

Moi je revient la nuit, cogne aux tempes, insiste,
Il veut nommer la peur, le désir, ce qui résiste.

Sans moi je, qui répond quand la ligne tremble ?
Qui porte la faute, qui promet, qui assemble ?

Moi je, sans masque ni détour,
Moi je, debout dans le jour,
Ce n’est ni faute ni loi,
C’est la vérité d’une voix.

On m’a appris l’effacement comme une morale,
J’ai vu l’injustice s’y glisser, tranquille et banale.

Dire moi je n’est pas régner, ni prendre le centre,
C’est assumer le pas, la trace, l’encre.

Moi je, sans masque ni détour,
Moi je, debout dans le jour,
Ce n’est ni faute ni loi,
C’est la vérité d’une voix.

Moi je n’efface pas le nous, il l’éclaire,
Il dit d’où je parle, et pourquoi j’espère.

Entre le bruit des foules et le confort des consignes,
Je choisis la phrase droite, mĂŞme si elle saigne.

Alors moi je, je le dis sans couronne ni loi,
Parce qu’un nous sincère commence par un moi.

​Ce poème mis en musique interroge l’apprentissage social du silence de soi, cette injonction précoce à ne pas dire « moi je », perçu comme une faute, un excès ou une marque d’orgueil.

Le texte explore la tension entre l’effacement individuel, souvent présenté comme vertu morale, et la nécessité intime de se nommer pour exister pleinement. À travers une voix sobre et lucide, le poème montre comment le « nous » peut devenir un refuge commode, mais aussi un alibi pour diluer les responsabilités, masquer les peurs et éviter l’engagement personnel. Le « moi je » revient alors comme une exigence intérieure : celle d’assumer sa parole, ses choix, ses erreurs. Loin d’opposer l’individu au collectif, le poème affirme que le « moi » n’abolit pas le « nous », mais le rend plus sincère. Dire « moi je », ici, n’est ni domination ni vanité, mais un acte de clarté, de courage et de vérité.

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Lundi 26 Janvier 2026