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🎵Mama Africa, on t'a tout donné mais ton écho n’est pas revenu


On a ouvert les portes avant d’ouvrir les bras,
Préparé la fête avant même d’espérer l’amour.
On a cru que le football suffisait
Ă€ traduire les silences anciens,
À réparer les malentendus du continent.
On a cru, simplement.



Poème, version mise en musique, à écouter de Adnane Benchakroun


Pour ceux qui aiment encore lire : Poème de Adnane Benchakroun

On a tout donné, sans compter, sans calcul,
Et pourtant quelque chose s’est brisé dans le regard.
On a tout donné, pour l’Afrique d’abord,
Mais l’écho n’a pas répondu comme on l’attendait.
On a tout donné…
Et on n’a pas compris.

On a dressé des stades comme on élève des cathédrales,
Avec la patience des bâtisseurs et la foi des jours longs.
Du béton, oui, mais surtout des promesses,
Des sièges pour les rêves, des pelouses pour l’histoire,
Pensant que la beauté calme toujours les colères.

On a veillé la nuit, protégé chaque pas,
Sécurisé les rues comme on protège une maison pleine.
Aucune peur, aucun mur invisible,
Juste l’idée naïve que la confiance
Était encore une langue commune.

Les routes ont relié plus que des villes,
Les aéroports ont rapproché des mémoires dispersées.
Gares, ponts, lumières,
Tout disait : “Venez, ceci est aussi chez vous”,
Sans demander de passeport émotionnel.

On a offert des hĂ´tels trop grands pour nos propres nuits,
Des chambres pleines d’attentions silencieuses.
On a voulu le confort comme langage,
Le soin comme diplomatie,
La dignité comme protocole.

On a souri avant de comprendre,
Accueilli avant de juger.
Le civisme comme réflexe,
L’hospitalité comme héritage,
Parce que chez nous, recevoir est une manière d’exister.

On a tout donné, sans demander d’applaudissements,
Sans exiger d’amour en retour.
On a tout donné, pour l’Afrique d’abord,
Et pourtant les visages se sont durcis.
On a tout donné…
Et on n’a pas compris.

Puis sont venues les réactions,
Lourdes, inattendues, presque étrangères.
Des mots plus froids que l’hiver,
Des soupçons à la place des chants,
Comme si réussir était devenu une offense.

On a vu la jalousie se déguiser en morale,
Le doute se faire accusation.
Non pas contre ce qu’on faisait,
Mais contre ce qu’on devenait,
Et cela, personne ne l’avait anticipé.

Peut-être est-ce la peur du décrochage,
Cette angoisse muette de rester derrière le train.
Quand l’un avance, l’autre croit perdre,
Comme si le progrès n’était pas partageable,
Comme si l’espoir avait un quota.

On n’a rien compris parce qu’on ne voulait pas comprendre ça,
Que parfois la réussite dérange plus que l’échec.
Qu’elle rappelle ce que l’on n’a pas fait,
Ce que l’on a remis à demain,
Ce que l’on a laissé s’user.

Alors on est restés là, dignes mais meurtris,
Pas en colère, juste fatigués.
À se demander quand aimer l’Afrique
Deviendra un geste simple,
Sans procès, sans soupçon, sans rancune.

On a tout donné, et on donnerait encore,
Parce que renoncer ne nous ressemble pas.
On a tout donné, pour l’Afrique d’abord,
Même si l’amour n’a pas suivi le même chemin.
On a tout donné…
Et malgré tout, on continue.

​Le poème raconte le désarroi calme d’un pays qui a tout offert pour accueillir l’Afrique :

🎵Mama Africa, on t'a tout donné mais ton écho n’est pas revenu
Une organisation exemplaire, une sécurité totale, des infrastructures modernes, des stades majestueux, des routes, des aéroports, des hôtels, mais surtout une hospitalité sincère et un civisme assumé. Tout a été pensé comme un geste d’amour et de partage, d’abord pour l’Afrique, ensuite pour soi-même, dans l’espoir que le football puisse rapprocher les peuples et réparer des incompréhensions anciennes.

Mais face à cet engagement total, la réaction attendue n’est pas venue. À la place, le poème évoque la stupeur devant certaines réactions marquées par la suspicion, la jalousie et la peur du décrochage. La réussite devient source de malaise, presque de reproche. Sans colère ni revanche, le texte exprime une fatigue morale, une blessure digne. Il interroge une Afrique parfois incapable de célébrer l’avancée de l’un des siens. Et malgré cette incompréhension, le poème se conclut sur une fidélité obstinée à l’idée de donner encore, sans renoncer à l’espoir.

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Mardi 20 Janvier 2026