Une photo, deux analyses différentes
Pour construire cet outil, l’équipe a entraîné un modèle sur plus de 40 millions de photographies. Elle l’a ensuite adapté à deux missions : estimer l’âge biologique et évaluer le risque de décès chez des personnes déjà atteintes d’un cancer.
Le premier outil, FAHR-FaceAge, analyse notamment le front, les tempes et les plis autour du nez. Il produit une estimation liée au vieillissement facial, qui peut différer de l’âge inscrit sur la carte d’identité. Cette mesure ne constitue toutefois pas un bilan complet de l’organisme.
Le second, FAHR-FaceSurvival, s’intéresse davantage au dessous des yeux et à la zone entourant l’arête nasale. Son objectif : repérer des caractéristiques associées à la survie, sans disposer des résultats d’examens complémentaires.
Des écarts marqués entre les groupes
Selon les résultats rapportés, parmi 122 patients classés dans la catégorie la plus critique, 52,5 % sont décédés dans les 90 jours suivant la photographie. Dans le groupe le moins exposé, composé de 975 patients, cette proportion avoisinait 2 %.
Ces chiffres décrivent des groupes. Ils ne permettent pas d’annoncer à une personne combien de temps elle vivra. Une photographie ne diagnostique pas non plus un cancer.
Aider les oncologues à apprécier la fragilité
Avant certains traitements lourds, les médecins évaluent la capacité du patient à les supporter. L’apparence physique peut déjà fournir des indices, mais leur interprétation varie selon les praticiens.
Les chercheurs veulent rendre cette évaluation plus mesurable. L’outil pourrait ainsi compléter les informations cliniques et éclairer les échanges autour du traitement. La décision médicale resterait fondée sur l’ensemble du dossier.
Le prochain test : son utilité dans les soins
Attention au raccourci du « selfie qui prédit l’avenir ». L’étude est rétrospective : les chercheurs ont analysé des photographies de patients dont l’évolution était déjà connue.
Il faut désormais déterminer si ces estimations améliorent réellement les décisions et la prise en charge au quotidien.
Pour les lecteurs marocains comme ailleurs, l’enjeu dépasse donc la prouesse technologique : comment transformer un signal détecté sur une image en une aide fiable, compréhensible et utile aux patients ?