Un risque qui ne dépend pas uniquement des catastrophes naturelles
Publié par Bündnis Entwicklung Hilft et l’Institut de droit international de la paix et des conflits armés de l’Université de la Ruhr à Bochum, le WorldRiskReport ne cherche pas à prédire le prochain séisme, la prochaine inondation ou la prochaine sécheresse.
Son objectif est différent : mesurer à quel point une population risque d’être affectée lorsqu’un phénomène naturel majeur survient.
Le WorldRiskIndex combine ainsi deux grandes données : l’exposition aux aléas naturels et la vulnérabilité de la société. L’indice prend notamment en compte les séismes, tsunamis, inondations, cyclones, sécheresses ou encore la montée du niveau de la mer.
Maroc : une exposition élevée, mais une vulnérabilité moyenne
Pour le Maroc, l’indice d’exposition atteint 7,45 points, un niveau considéré comme élevé. La vulnérabilité est évaluée à 21,26 points, ce qui place le Royaume dans une catégorie moyenne.
Autrement dit, être exposé à des phénomènes naturels ne suffit pas à déterminer l’ampleur des dégâts.
La qualité des infrastructures, les systèmes d’alerte, l’accès aux soins, les capacités des services publics ou encore la préparation des populations peuvent faire toute la différence.
C’est précisément le principe défendu par le WorldRiskIndex : deux pays confrontés au même phénomène peuvent subir des conséquences radicalement différentes selon leur niveau de préparation.
Les cyclones tropicaux pèsent peu dans le risque marocain
Sur le volet spécifique des tempêtes, le profil marocain change nettement.
Le Royaume obtient seulement 0,46 point et se classe 130e sur 193 pays, dans la catégorie des risques faibles.
Ce résultat concerne toutefois principalement les cyclones tropicaux. Il ne signifie donc pas que le Maroc est protégé contre les fortes pluies, les vents violents ou d’autres événements météorologiques extrêmes.
Le WorldRiskReport 2026 insiste d’ailleurs particulièrement sur les tempêtes et sur l’importance des systèmes d’alerte et de protection des populations.
Prévenir plutôt que réparer
Le classement place finalement la prévention au centre du débat.
Pour le Maroc, la 45e position mondiale montre que le risque ne se joue pas uniquement dans le ciel, sous terre ou sur les côtes. Il dépend aussi de la capacité à anticiper, protéger les zones exposées et intervenir rapidement.
Le message du rapport est donc clair : un phénomène naturel devient réellement une catastrophe lorsque l’exposition rencontre une société insuffisamment préparée. Et sur ce terrain, infrastructures, prévention et adaptation peuvent encore changer considérablement la donne.