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Cinq ans après le Covid-19, le monde est-il vraiment mieux préparé à la prochaine pandémie ?


Le 25 septembre, les dirigeants du monde entier se retrouveront à New York pour une nouvelle réunion de haut niveau consacrée à la prévention et à la préparation face aux pandémies.

Cinq ans après le Covid-19, des progrès ont été réalisés, mais plusieurs fragilités persistent, notamment dans la surveillance, le financement et l’accès aux vaccins et aux traitements.



Un rendez-vous mondial cinq ans après le Covid-19

Cinq ans après le Covid-19, le monde est-il vraiment mieux préparé à la prochaine pandémie ?
Le sujet reviendra au cœur de l’agenda international ce vendredi 25 septembre.

L’Assemblée générale des Nations unies organisera à New York sa deuxième réunion de haut niveau consacrée à la prévention, à la préparation et à la réponse aux pandémies.

Cette journée réunira des États membres, des organisations internationales, des représentants de la société civile et d’autres acteurs de la santé mondiale.

L’objectif affiché est de faire le point sur les progrès réalisés depuis la première réunion de 2023 et de renouveler les engagements internationaux.

La réunion doit également aboutir à l'adoption d'une déclaration politique concise et orientée vers l'action, négociée entre les États.

Le monde a appris du Covid, mais tout n’est pas réglé

Depuis la pandémie, plusieurs mécanismes ont été renforcés. L’OMS cite notamment l’adoption de son Accord sur les pandémies, le renforcement du Règlement sanitaire international, la création du Fonds pour les pandémies et le développement de nouveaux dispositifs consacrés à la surveillance et à l’intelligence épidémique.

Des initiatives ont également cherché à renforcer les capacités de production régionales de vaccins et à améliorer la coopération internationale en cas d’urgence sanitaire. Ces avancées ne signifient toutefois pas que le monde serait désormais totalement préparé à une nouvelle crise sanitaire mondiale.

L’ONU et l’OMS identifient encore plusieurs faiblesses importantes : financements fragmentés, capacités variables des systèmes de santé, surveillance insuffisante et inégalités persistantes dans l’accès aux produits de santé.

Le financement reste l’un des grands défis

Préparer une pandémie ne consiste pas uniquement à disposer de vaccins lorsqu’une crise commence.

Cela implique de financer en amont les systèmes de surveillance, les laboratoires, les personnels de santé, les infrastructures et les capacités de production.

Or, l’ONU souligne que les mécanismes de financement restent encore fragmentés et que des financements prévisibles et durables sont nécessaires pour permettre aux pays de renforcer leurs capacités avant qu'une urgence ne survienne.

Cette question sera donc au cœur des discussions du 25 septembre : comment maintenir les investissements dans la préparation lorsque l’urgence sanitaire a disparu de l’actualité ?

Vaccins, traitements : la question de l’équité

Le Covid-19 a également montré que disposer d’un vaccin ou d’un traitement ne signifie pas automatiquement que celui-ci sera accessible partout au même moment.

L’OMS veut donc renforcer les mécanismes permettant un accès plus équitable aux vaccins, diagnostics et traitements lors des futures crises.

Cette question est particulièrement liée aux négociations actuellement menées autour du système d’accès aux agents pathogènes et de partage des bénéfices, connu sous l’acronyme PABS.

Le principe est de faciliter le partage rapide de matériels et d’informations sur les agents pathogènes présentant un potentiel pandémique, tout en permettant un partage plus équitable des vaccins, traitements et diagnostics développés grâce à ces ressources.

Les États ont fait avancer ces négociations le 18 septembre, quelques jours avant la réunion de l’ONU.

Détecter une menace avant qu’elle ne devienne mondiale

Autre priorité : la surveillance. Plus une menace infectieuse est détectée tôt, plus les autorités disposent de temps pour enquêter, identifier les chaînes de transmission et mettre en place une réponse.

L’OMS souhaite donc renforcer les systèmes de surveillance et d’alerte précoce, ainsi que les capacités des laboratoires et des systèmes de santé. Les récentes épidémies d’Ebola, de mpox, de choléra ou encore de hantavirus rappellent d’ailleurs que les urgences sanitaires ne sont pas uniquement un risque théorique ou lié à une prochaine pandémie mondiale.

Plusieurs crises sanitaires continuent de solliciter les systèmes de santé alors même que les gouvernements préparent l’avenir.

La prochaine pandémie ne sera pas seulement une affaire de médecins

Le thème choisi pour la réunion du 25 septembre insiste sur une approche multilatérale et intergénérationnelle, fondée sur l’équité et la solidarité.

Derrière cette formulation se trouve une idée essentielle : la préparation ne dépend pas uniquement des hôpitaux ou des chercheurs. Elle implique également les gouvernements, les systèmes de surveillance, les laboratoires, les fabricants, les organisations internationales et les populations.

L’OMS souligne notamment l’importance de systèmes de santé résilients, de la confiance dans la science, de la coopération internationale et d’une approche « One Health », qui prend en compte les liens entre santé humaine, animale et environnementale.

Un test pour les engagements pris après le Covid

Le rendez-vous du 25 septembre ne devrait donc pas simplement servir à rappeler les leçons de la pandémie. Il doit surtout permettre de vérifier ce qui a réellement changé depuis 2020 et quelles failles restent à combler.

Le monde dispose aujourd’hui de nouveaux accords, mécanismes de financement, réseaux de surveillance et structures de coopération.

Mais leur efficacité dépendra aussi de leur mise en œuvre concrète et de la capacité des États à maintenir leurs investissements lorsque la prochaine crise n’est encore qu’une éventualité.

C’est précisément ce que cette réunion devra mettre à l’épreuve : transformer les leçons du Covid-19 en capacités durables avant, et non pendant, la prochaine urgence sanitaire.

Mardi 22 Septembre 2026



Rédigé par le Mardi 22 Septembre 2026
Salma Chmanti Houari
J'aime écrire sur tout ce qui nourrit la curiosité et ouvre le regard sur le monde. Si ma plume... En savoir plus sur cet auteur