Climat : un épisode d’El Niño potentiellement historique inquiète les scientifiques


Rédigé par le Mercredi 21 Octobre 2026

La NASA observe plusieurs signes d’un puissant épisode d’El Niño dans le Pacifique, entre hausse des températures océaniques, élévation du niveau de la mer et diminution du phytoplancton.

Selon les prévisions américaines, le phénomène pourrait atteindre une intensité exceptionnelle, avec des conséquences possibles sur les précipitations, les ressources en eau et les écosystèmes à travers le monde.



Des signaux détectés par les satellites de la NASA

Le phénomène climatique El Niño fait l’objet d’une surveillance renforcée. Dans une publication du 15 octobre 2026, la NASA a présenté plusieurs observations satellitaires qui témoignent de changements importants dans le Pacifique tropical.

Les données révèlent notamment des eaux de surface inhabituellement chaudes dans les régions centrales et orientales de l’océan, ainsi qu’une élévation du niveau de la mer dans certaines zones.

Les premiers indices de cet épisode avaient été repérés dès janvier 2026. Les satellites avaient alors détecté une masse d’eau chaude, appelée onde de Kelvin, dans le Pacifique occidental, à proximité de la Micronésie.

Ces ondes transportent la chaleur vers l’est et participent à l’évolution des conditions océaniques qui caractérisent El Niño.

Ce phénomène naturel se manifeste généralement tous les deux à sept ans. Il est associé à un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial, qui modifie les échanges entre l’océan et l’atmosphère.

En conséquence, les régimes de précipitations et les conditions météorologiques peuvent évoluer dans différentes régions du monde.

Selon les prévisions de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), rapportées par la NASA, la probabilité que cet épisode devienne le plus intense depuis 1950 atteignait 83 % au début du mois d’octobre.

Un océan qui se réchauffe et change de couleur

Les observations satellitaires ne concernent pas uniquement les températures. Les chercheurs ont également relevé des modifications de la couleur de l’océan, un indicateur qui permet notamment de suivre les variations du phytoplancton.

Dans certaines parties du Pacifique équatorial, l’eau prend une teinte plus bleue, signe d’une diminution de ces organismes microscopiques.

Le phytoplancton constitue pourtant un élément essentiel des chaînes alimentaires marines et joue un rôle important dans le fonctionnement des écosystèmes océaniques.

Habituellement, les alizés favorisent la remontée d’eaux profondes riches en nutriments vers la surface. Lorsque ces vents faiblissent sous l’influence d’El Niño, cet apport diminue, ce qui peut limiter le développement du phytoplancton.

Cette évolution pourrait avoir des répercussions sur les espèces marines qui en dépendent directement ou indirectement pour se nourrir.

Les changements dans la disponibilité des ressources alimentaires peuvent également pousser certains animaux à modifier leurs zones d’alimentation.

Les données recueillies par les satellites Sentinel-6 et PACE permettent aux scientifiques de suivre ces transformations en combinant plusieurs indicateurs : température de surface, hauteur de la mer et couleur de l’océan.

Des conséquences possibles sur les pluies, les récoltes et les ressources en eau

L’intensification d’El Niño pourrait aussi modifier les conditions météorologiques dans plusieurs régions du globe.

Le transfert de chaleur et d’humidité entre l’océan et l’atmosphère influence les régimes de précipitations, avec des conséquences possibles sur l’agriculture, les ressources hydriques et les risques d’incendie.

Les effets du phénomène varient toutefois selon les régions. Certaines peuvent connaître des pluies plus abondantes et des inondations, tandis que d’autres sont davantage exposées à la sécheresse et à des températures élevées.

Dans un article publié en août 2026, Reuters rapportait déjà les inquiétudes de plusieurs services météorologiques face à la possibilité d’un épisode exceptionnel.

Les prévisionnistes évoquaient notamment un risque de nouvelles perturbations climatiques et la possibilité que 2027 devienne l’année la plus chaude jamais enregistrée, selon l’évolution du phénomène et d’autres facteurs climatiques.

La NASA poursuit ses observations afin de mieux comprendre la dynamique de cet épisode et d’en suivre les effets.

Si les signaux actuels indiquent un El Niño particulièrement puissant, son intensité finale et les conséquences précises pour chaque région restent tributaires de l’évolution des conditions océaniques et atmosphériques.




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Mercredi 21 Octobre 2026
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