Le caftan fait la une (et pas seulement à la Caftan Week)
Il y a des pièces qu’on garde dans une housse précieuse, qu’on sort pour les mariages, les fiançailles, les grandes nuits de Ramadan ou les photos de famille où tout le monde dit “waaaah”.
Et puis il y a des moments où cette pièce quitte nos salons marocains pour s’inviter sur la scène mondiale.
Pour Ramadan 2026, Dolce & Gabbana place le caftan marocain au cœur de sa collection exclusive. Pas en clin d’œil exotique. Pas en simple inspiration Pinterest. Mais comme une pièce centrale, structurante, assumée. Et franchement ? Ça change tout.
Un dialogue culturel plutôt qu’un simple effet de mode
On aurait pu craindre une version “fantasmée” du caftan. Une silhouette vaguement orientale, quelques broderies dorées et basta. Sauf que non. La Maison italienne choisit une approche plus mesurée, presque respectueuse.
Dans la campagne signée Nima Benati, le décor minéral et chaleureux rappelle l’architecture des palais orientaux, sans surcharge ni folklore.
L’ambiance est épurée, presque méditative. Le regard se pose sur les lignes, les volumes, le tombé des matières. Le caftan n’est pas un accessoire visuel : il est le fil conducteur.
Et c’est là que le phénomène devient intéressant.
Le caftan marocain, vêtement de cérémonie par excellence, n’est pas qu’un habit élégant. C’est un patrimoine vivant.
Derrière chaque coupe fluide, chaque sfifa délicatement posée, chaque finition minutieuse, il y a des générations d’artisans, des heures de travail, une mémoire collective.
Dans cette collection Ramadan 2026, Dolce & Gabbana en propose une lecture contemporaine.
Les lignes sont sobres, les proportions équilibrées, l’ensemble respire la maîtrise. On retrouve la solennité du vêtement, mais dans une écriture plus internationale, plus minimaliste.
Satin, crêpe, couleurs précieuses : le caftan version 2026
Ce qui frappe aussi, c’est le choix des matières. Satin de soie, mousseline légère, crêpe marocain, crêpe de soie… Les tissus accompagnent le mouvement avec douceur, sans rigidité. On est loin du caftan figé, lourd, uniquement réservé aux grandes occasions.
La palette joue sur des contrastes subtils : rose poudré, bleu ciel, sable délicat… puis des touches plus profondes comme le vert émeraude, le rouge rubis ou le bleu saphir. Des couleurs qui parlent autant aux soirées ramadanesques qu’aux tapis rouges internationaux.
Autour du caftan gravitent tuniques, capes, longues jupes et ensembles élégants. Mais c’est bien lui qui donne le ton. Même les accessoires – sacs Sicily sertis de cristaux, pièces de haute joaillerie – prolongent cette idée d’élégance maîtrisée.
Ce que ça dit de nous (et de la mode)
Voir le caftan marocain au centre d’une collection internationale de cette ampleur, ce n’est pas anodin. Cela raconte quelque chose de notre époque.
Nos vêtements traditionnels ne sont plus confinés aux cérémonies familiales. Ils deviennent des références culturelles fortes, capables de dialoguer avec les grandes maisons de couture sans perdre leur identité.
Et au fond, ça nous pose une question : si Dolce & Gabbana voit dans le caftan une pièce intemporelle, pourquoi le garder uniquement pour “les grandes occasions” ?
Peut-être que la vraie modernité, c’est ça. Porter notre héritage avec assurance. Le laisser voyager. Et continuer à le faire évoluer, sans jamais oublier d’où il vient.