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Emploi au Maroc : un potentiel de 1,7 million de postes à l’horizon 2035


Rédigé par le Mercredi 29 Avril 2026

Le Maroc se retrouve sous les projecteurs économiques après la publication de deux nouveaux rapports de la Banque mondiale.



Une projection économique ambitieuse pour le Maroc

Emploi au Maroc : un potentiel de 1,7 million de postes à l’horizon 2035

Selon ces études, le Royaume pourrait générer jusqu’à 1,7 million d’emplois supplémentaires d’ici 2035 et augmenter son PIB de près de 20%, à condition d’accélérer certaines réformes clés.

Les documents publiés par la Banque mondiale, élaborés en partenariat avec le gouvernement marocain, dressent un constat clair : le Maroc avance, mais pas encore assez vite pour absorber la pression démographique sur le marché du travail.

Entre 2000 et 2024, la population en âge de travailler a progressé beaucoup plus vite que la création d’emplois. Résultat : de nombreux jeunes et de nombreuses femmes restent en marge du marché du travail, malgré leurs qualifications.

Autre point soulevé : près de 40% des secteurs industriels font face à une concurrence limitée. Un frein important qui empêche l’innovation, la baisse des coûts et surtout la création massive d’emplois.


Des secteurs stratégiques pour accélérer la croissance

Selon la Banque mondiale, plusieurs domaines ont un potentiel particulièrement fort pour booster l’économie marocaine.

L’énergie solaire arrive en tête, portée par la transition énergétique et les investissements déjà engagés dans le Royaume. Les textiles à faible émission de carbone représentent aussi une opportunité stratégique, notamment face à la demande mondiale de production plus verte.

Autre surprise : les cosmétiques à base d’argan, un produit emblématique du Maroc, qui pourrait gagner en valeur ajoutée sur les marchés internationaux.

Enfin, l’aquaculture marine est citée comme un secteur émergent capable de créer des emplois locaux tout en renforçant la souveraineté alimentaire.


Des freins encore à lever pour débloquer le potentiel

Mais tout n’est pas si simple. Les rapports pointent plusieurs obstacles qui ralentissent le décollage économique.

Les procédures administratives restent lourdes pour les investisseurs, les règles économiques manquent parfois de clarté, et le marché souffre encore d’un déficit de compétences adaptées aux besoins des nouveaux secteurs.

Selon les estimations de la Banque mondiale, lever ces blocages pourrait permettre de débloquer jusqu’à 7,4 milliards de dollars d’investissements privés. À la clé : plus de 166 000 emplois créés en seulement cinq à dix ans.


Une trajectoire qui peut aller encore plus loin

Si les réformes recommandées sont pleinement mises en œuvre, la Banque mondiale estime que le Maroc pourrait aller encore plus loin. Jusqu’à 2,5 millions d’emplois pourraient être créés d’ici 2050.

Une perspective ambitieuse, qui dépendra surtout de la capacité du pays à renforcer la concurrence, attirer davantage d’investisseurs et moderniser son tissu productif.

Dans les cafés de Rabat comme dans les ateliers de Casablanca, la question reste la même : ces chiffres vont-ils se traduire concrètement sur le terrain, ou rester des projections sur papier ?

Le message de la Banque mondiale est clair : le Maroc a une vraie carte à jouer, mais le temps presse. Entre réformes, investissements et montée en compétences, le Royaume se trouve à un moment charnière de sa trajectoire économique.





Mercredi 29 Avril 2026