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En Australie, les dromadaires quittent le désert… pour la piste de course


Rédigé par le Mercredi 1 Juillet 2026

Dans une bourgade perdue au cœur de l'Outback australien, des centaines de curieux se déplacent chaque année pour assister à un spectacle aussi inattendu qu'impressionnant : une course de dromadaires sauvages. Une tradition unique qui mêle histoire, adrénaline et scènes totalement improbables.



Quand une ville de 65 habitants devient le centre du monde… des dromadaires

En Australie, les dromadaires quittent le désert… pour la piste de course

On imagine souvent les dromadaires traversant les dunes du Sahara. Beaucoup moins les voir sprinter sous les encouragements d'une foule en délire au milieu de l'Australie.

Pourtant, c'est exactement ce qui s'est produit à Marree, une minuscule localité de seulement 65 habitants située à près de 600 kilomètres au nord d'Adélaïde.

Le temps d'un week-end, ce coin perdu de l'Outback change complètement de visage. Des centaines de spectateurs y affluent pour assister à la célèbre Marree Camel Cup, une compétition devenue une véritable institution locale.

Treize courses se succèdent dans une ambiance festive où les véritables vedettes ne sont ni des chevaux ni des voitures de course, mais des dromadaires au caractère bien trempé.

Le vainqueur de cette édition 2026 s'appelle Young Gun. Monté par Patrick Dennis, il a devancé ses concurrents après une course où vitesse, équilibre et sang-froid étaient aussi importants que la puissance de l'animal.


Des champions au regard qui en dit long

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, tous les dromadaires ne sont pas faits pour la compétition. Selon l'entraîneuse Kyrraley Woodhouse, présente sur le circuit professionnel depuis plusieurs années, le choix de l'animal est presque une science.

Pour espérer décrocher la victoire, il faut sélectionner un dromadaire doté d'un tempérament explosif.

Un animal vif, nerveux, capable de réagir rapidement et surtout animé par cette fameuse "étincelle dans le regard" qui fait toute la différence. Beaucoup des participants ont d'ailleurs été capturés à l'état sauvage avant d'être entraînés pour les courses.

Le spectacle est aussi impressionnant qu'imprévisible. Les dromadaires, réputés pour leur personnalité bien affirmée, ne suivent pas toujours le scénario prévu.

Certains accélèrent brutalement, d'autres changent de direction ou décident tout simplement qu'ils n'ont plus envie de courir.

C'est précisément cette part d'imprévu qui fait le succès de l'événement et amuse autant les spectateurs.


Une fête populaire... mais aussi un rappel d'un vrai défi écologique

Si cette compétition prête facilement à sourire, elle raconte aussi une page méconnue de l'histoire australienne.

Les premiers dromadaires ont été importés à partir du milieu du XIXe siècle pour transporter des marchandises à travers les immenses régions désertiques du pays.

Des chameliers venus d'Afghanistan et d'autres régions d'Asie centrale et du Sud accompagnaient ces expéditions, et certains de leurs descendants vivent encore aujourd'hui à Marree.

Avec l'arrivée du chemin de fer puis de l'automobile, une grande partie des animaux a été relâchée dans la nature.

Résultat : l'Australie abrite aujourd'hui la plus importante population de dromadaires sauvages au monde, estimée entre 300.000 et un million d'individus.

Cette présence pose cependant de nombreux défis. Les animaux entrent en concurrence avec le bétail pour l'accès à la nourriture et à l'eau, détériorent des clôtures et peuvent endommager certains sites culturels autochtones.

Les autorités australiennes mettent donc en place différentes opérations de contrôle afin de limiter leur prolifération, qui pourrait doubler tous les huit ans en l'absence de régulation.

Au final, la Marree Camel Cup réussit un drôle de pari : transformer un problème environnemental en événement populaire capable d'attirer des visiteurs venus de tout le pays.

Une preuve qu'en Australie, même les dromadaires peuvent devenir des célébrités... et offrir l'une des courses les plus improbables de la planète.





Mercredi 1 Juillet 2026