Des projets concrets pour renforcer la souveraineté énergétique
La semaine dernière, le Maroc a franchi une étape décisive : la signature des premiers contrats préliminaires de réservation foncière dans le cadre de l’« Offre Maroc » dédiée à l’hydrogène vert.
Cinq projets structurants sont désormais en phase opérationnelle dans le Sud, visant à sécuriser l’énergie et booster l’export vers l’Europe.
L’élément clé ? Le Groupe OCP, géant des phosphates, qui injecte 13 milliards de dollars dans son plan de transition verte.
Objectif : produire 3 millions de tonnes d’« ammoniac renouvelable » à l’horizon 2032, grâce à 3,8 GW d’énergies solaire et éolienne. Une vraie révolution industrielle pour le Royaume.
Le Maroc, un avantage naturel pour l’hydrogène
Le Royaume bénéficie d’un fort potentiel solaire et éolien déjà valorisé, soutenu par une industrie des engrais qui consomme naturellement de l’ammoniac et stabilise la demande locale.
À cela s’ajoutent des infrastructures portuaires et industrielles adaptées à l’export, ce qui permet au Maroc de ne pas se limiter à produire pour vendre : il transforme l’hydrogène en valeur ajoutée locale, sécurisant emplois et compétitivité.
L’Europe comme marché stratégique
La proximité avec l’Union européenne est un atout majeur. Le plan REPowerEU prévoit 10 millions de tonnes d’importations d’hydrogène renouvelable d’ici 2030.
Le Maroc est bien placé pour capter une partie de ce marché, notamment via des mécanismes comme les enchères « Double Auction » soutenues par l’Allemagne et les Pays-Bas.
Mais la concurrence s’intensifie : Moyen-Orient, Chine et Inde accélèrent leurs propres productions. Le défi pour le Maroc : concrétiser vite ses projets avant que d’autres hubs ne verrouillent les marchés.
Une opportunité à ne pas rater
Les experts insistent : il ne suffit pas d’exporter l’hydrogène brut. L’enjeu est d’intégrer toute la chaîne de valeur – de l’hydrogène à l’ammoniac, puis aux engrais ou à l’acier vert – pour renforcer la résilience industrielle et la souveraineté énergétique.
Avec seulement cinq projets africains ayant atteint une décision finale d’investissement sur un continent encore peu investi dans l’hydrogène propre, le Maroc a une fenêtre d’opportunité étroite.
Le Royaume est en pole position… à condition de sécuriser financements et contrats à long terme.
Acteur clé de la transition verte mondiale
Reste à suivre comment le Royaume va gérer cette montée en puissance face à la pression asiatique et aux exigences européennes. Une course qui vient tout juste de commencer.