La tech marocaine gagne du terrain
Les chiffres placent le Maroc dans une position plutôt favorable.
Les produits de haute technologie représentent désormais plus de 5 % des exportations manufacturières marocaines, soit un niveau supérieur à la moyenne observée dans plusieurs économies en développement importatrices de pétrole de la région.
Un signal qui montre que le Royaume ne se contente plus seulement d’importer des technologies : il gagne progressivement une place dans certaines chaînes de valeur mondiales.
Maroc et Tunisie prennent de l’avance
Dans son rapport, la Banque mondiale identifie le Maroc et la Tunisie comme les deux économies régionales qui se distinguent particulièrement dans les exportations de produits liés à l’intelligence artificielle.
La Tunisie reste devant, avec une part des exportations de haute technologie supérieure à 7 % de ses exportations manufacturières. Le Maroc dépasse pour sa part les 5 %, devant notamment l’Égypte et le Pakistan.
À titre de comparaison, la part moyenne des exportations de haute technologie parmi certaines économies en développement importatrices de pétrole de la région est passée de moins de 2 % en 2012 à environ 3,5 % en 2024.
Le Maroc fait donc mieux que cette moyenne.
Exporter de la technologie ne veut pas dire utiliser massivement l’IA
Mais derrière cette performance se cache un paradoxe.
Les entreprises marocaines sont largement numérisées : 98,8 % utilisent des technologies numériques de base, tandis qu’environ un tiers ont recours à des logiciels avancés.
Pourtant, seuls 4,3 % des établissements marocains déclaraient en 2024 avoir adopté le big data ou l’intelligence artificielle.
Le cloud est déjà beaucoup plus répandu, avec environ 40 % des entreprises qui l’utilisent.
Autrement dit : le Maroc parvient à progresser dans les exportations technologiques, mais l’IA reste encore loin d’être un outil quotidien pour la majorité des entreprises nationales.
Le coût reste un frein majeur
La Banque mondiale pointe notamment le coût de l’adoption technologique comme l’un des principaux obstacles pour les entreprises marocaines.
Le défi change donc de nature. L’accès aux outils numériques de base est désormais largement acquis. L’enjeu consiste à passer aux technologies avancées et surtout à les intégrer directement dans la production, la gestion et la prise de décision.
Pour le Maroc, la prochaine étape sera donc de transformer cette progression dans les exportations en véritable diffusion de l’intelligence artificielle dans le tissu économique national.