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Istiqlal : locataire, puis propriétaire, sans l'apport qui fait peur


Devenir propriétaire au Maroc, c'est d'abord une question d'apport. 10, 20, parfois 30 % du prix du bien à sortir cash avant même de signer. Pour beaucoup de jeunes et de familles à revenu moyen, c'est là que le rêve s'arrête. L'Istiqlal veut changer la porte d'entrée : louer d'abord, devenir propriétaire ensuite.



L'apport, le vrai obstacle à la propriété

Istiqlal : locataire, puis propriétaire, sans l'apport qui fait peur
Ce n'est pas tant le crédit qui bloque les jeunes ménages marocains que la case d'avant : l'apport personnel.

Selon plusieurs professionnels du secteur bancaire et immobilier, les banques exigent généralement entre 10 et 30 % du montant d'acquisition selon le profil de l'emprunteur et l'établissement sollicité, une somme qui, sur un bien à 500 000 DH, représente déjà 50 000 à 150 000 dirhams à mobiliser avant même de penser aux mensualités.

Pour un jeune salarié ou un couple qui débute, cette avance initiale reste souvent le principal frein à l'achat, bien plus que le taux d'intérêt lui-même.

Ce que propose l'Istiqlal : louer, puis devenir propriétaire

Le programme propose de développer la formule du bail à option d'achat, dans le cadre d'une politique nationale de logement locatif accessible destinée en priorité aux jeunes et aux familles à revenu moyen.

Le principe : permettre à une famille de passer progressivement de la location à la propriété de son logement, sans avoir besoin de réunir un apport initial important.

Concrètement, le loyer versé pendant la période locative viendrait, au moins en partie, construire l'accès futur à la propriété, une manière de transformer une dépense récurrente en un premier pas vers l'acquisition.

Sécuriser les propriétaires-bailleurs pour libérer l'offre

Un dispositif de ce type ne fonctionne que s'il y a des logements à louer dans ce cadre.

Le programme prévoit donc, en parallèle, d'encourager l'investissement dans le logement destiné à la location et de créer un mécanisme de garantie contre les risques locatifs, impayés, dégradations, pour rassurer les propriétaires-bailleurs et les inciter à mettre davantage de biens sur le marché locatif.

C'est une pièce essentielle du dispositif : sans offre suffisante, la promesse du bail à option d'achat resterait théorique.

Un complément aux autres mesures logement

Cette mesure ne vient pas seule. Elle s'ajoute au mécanisme national de garantie de prêt pour le premier logement, qui vise lui aussi à réduire le poids de l'apport initial et à allonger les délais de remboursement pour les jeunes et la classe moyenne.

Le contexte rend la démarche d'autant plus pertinente : le marché immobilier marocain reste marqué par un déficit structurel de logements neufs, régulièrement évalué à plus de 100 000 unités par an selon des estimations du secteur, ce qui maintient une pression continue sur les prix dans les grandes villes.

Face à cette tension, multiplier les portes d'entrée vers la propriété, plutôt que de miser sur une seule formule, semble être la logique retenue par l'Istiqlal.


Mardi 15 Septembre 2026