Une voix marocaine qui ouvre les pages du monde
À Rabat, la finale nationale du concours “Défi de la lecture arabe” a sacré Khadija Boumlik, élève du lycée Attalouh à Rhamna, grande gagnante de sa 10e édition.
Un nom à retenir, une voix qui s’élève, et bientôt un passeport vers Dubaï pour défendre les couleurs du Maroc face aux meilleurs lecteurs du monde arabe.
Zoom sur une génération qui lit autrement
Ce n’est pas un simple concours scolaire. C’est presque un mouvement culturel à part entière.
Cette édition a réuni des chiffres qui donnent le vertige : plus de 7 millions d’élèves mobilisés et plus de 17.000 établissements impliqués à travers le Royaume.
Autant dire que la lecture, ici, n’est plus une activité solitaire dans un coin de bibliothèque, mais une vague collective qui traverse classes, cours de récréation et foyers.
Au cœur de cette effervescence, Khadija Boumlik s’est distinguée par sa régularité, sa maîtrise de la langue arabe et cette capacité rare à faire vivre les textes au-delà des mots.
Dans une époque où tout va vite, elle incarne une forme de lenteur précieuse : celle qui consiste à comprendre, à interpréter, à donner du sens.
Le concours, porté par une dynamique éducative nationale, s’inscrit dans la feuille de route 2022-2026 du ministère de l’Éducation nationale.
L’objectif est clair : réconcilier les jeunes avec la lecture quotidienne, réancrer la langue arabe dans le quotidien scolaire, et surtout redonner à la lecture une place centrale dans l’apprentissage.
Derrière les projecteurs de la finale, d’autres histoires se dessinent aussi. Celle des enseignants qui accompagnent, des établissements qui innovent, et des élèves qui découvrent qu’un livre peut parfois ouvrir plus de portes qu’un simple diplôme.
Le concours a également mis en lumière des parcours inspirants, comme celui d’enseignants engagés ou d’élèves en situation de handicap, preuve que la lecture peut être un terrain d’égalité.
Une victoire, mais surtout un départ
Pour Khadija Boumlik, cette victoire n’est pas une ligne d’arrivée, mais un point de départ. Direction Dubaï en octobre prochain, où elle représentera le Maroc face à des finalistes venus de tout le monde arabe.
Un défi qui dépasse la compétition : celui de porter une voix, une sensibilité, et peut-être une manière marocaine de lire et de raconter le monde.
Et au-delà du concours, une question reste en suspens : et si cette génération de lecteurs était en train de réinventer notre rapport au livre ? Entre TikTok et romans, entre écrans et pages, quelque chose bouge. Lentement, mais sûrement.