Le frelon oriental progresse dans le nord du Maroc et inquiète les apiculteurs


Rédigé par le Lundi 5 Octobre 2026

Le frelon oriental gagne du terrain dans le nord du Maroc, inquiétant les apiculteurs qui redoutent ses effets sur les ruches, la biodiversité et la production de miel.



Les ruches du Nord sous pression

Dans le nord du Maroc, les apiculteurs commencent à regarder leurs ruches avec un peu plus d’inquiétude.

Le frelon oriental, un prédateur des abeilles, semble gagner du terrain dans plusieurs zones du Royaume. Les signalements se multiplient, tout comme les alertes sur la présence de nouveaux nids.

Le Syndicat national des professionnels de l’apiculture au Maroc demande désormais une réaction rapide des autorités et la mise en place d’un plan national pour éviter que l’insecte ne poursuive sa progression.

Derrière cette alerte, il n’est pas seulement question de miel. C’est tout un équilibre entre agriculture, biodiversité et consommation locale qui pourrait être fragilisé.


Des signalements qui se multiplient dans le Nord

Les premiers cas remontent à octobre 2023, lorsqu’un apiculteur avait repéré le frelon oriental près de son rucher à Oued El Marsa, dans la province de Fahs-Anjra.

En 2024, d’autres spécimens avaient été signalés dans la région de Tanger. Des nids avaient également été observés puis détruits dans les secteurs de Dalia et en direction de Ksar Sghir.

Depuis, les alertes continuent.

Fin septembre 2026, l’Union des coopératives des apiculteurs de Tétouan a notamment signalé une augmentation du nombre de nids et une extension de la présence du frelon.

Pour les professionnels, le risque est clair : si l’insecte continue à s’installer durablement, il pourrait devenir beaucoup plus difficile à contrôler dans les années à venir.


Pourquoi ce frelon inquiète autant ?

Le frelon oriental est un prédateur des abeilles. Il peut se positionner à proximité des ruches et capturer les ouvrières qui partent chercher du nectar ou reviennent chargées de pollen.

À grande échelle, cette pression peut affaiblir les colonies et perturber leur activité.

Et les abeilles ne servent évidemment pas qu’à produire du miel.

Elles jouent un rôle majeur dans la pollinisation de nombreuses plantes et cultures. Une baisse des populations d’abeilles peut donc avoir des conséquences sur la biodiversité, mais aussi sur certaines productions agricoles.

Pour les apiculteurs marocains, cette menace arrive dans un contexte déjà compliqué. Sécheresse, manque de ressources florales, épisodes de chaleur et difficultés économiques fragilisent depuis plusieurs années certaines exploitations.

Ajouter un nouveau prédateur à cette équation n’a donc rien d’anodin.

On aime le miel beldi au petit-déjeuner, mais on oublie parfois tout ce qu’il faut protéger avant que le pot n’arrive sur la table.


Un plan national avant que le problème ne s’étende

Face à cette situation, le syndicat demande la mise en place d’un plan national d’urgence.

L’objectif serait d’associer plusieurs acteurs : ministère de l’Agriculture, ONSSA, Office national du conseil agricole, Agence nationale des eaux et forêts, autorités locales et professionnels de l’apiculture.

Parmi les priorités évoquées : repérer les nids plus rapidement, organiser leur destruction avec des moyens adaptés, créer un système officiel de signalement et renforcer le suivi scientifique.

Les apiculteurs pourraient également être intégrés au dispositif de surveillance. Logique : ce sont souvent eux qui repèrent les premiers changements autour des ruchers.

Une campagne de sensibilisation permettrait aussi d’éviter les mauvaises réactions. Face à un nid, mieux vaut signaler sa présence que tenter de le détruire soi-même sans équipement.


Agir maintenant ou courir derrière plus tard

Pour l’instant, les inquiétudes concernent surtout plusieurs zones du nord du Maroc, notamment autour de Tanger, Tétouan, Fahs-Anjra et Larache.

Mais les professionnels craignent déjà une extension vers d’autres régions.

Comme souvent lorsqu’il s’agit d’environnement, le vrai défi est d’agir avant que le problème ne devienne visible partout.

Surveiller, signaler, intervenir rapidement et mieux comprendre l’impact du frelon oriental : ce sont des gestes moins spectaculaires qu’une grande campagne nationale, mais probablement beaucoup plus utiles aujourd’hui.

Parce qu’au final, protéger les abeilles, ce n’est pas seulement défendre les ruches. C’est aussi protéger une partie de notre agriculture, de notre biodiversité… et de ce qu’on met demain dans nos assiettes.

Et cette fois, mieux vaut éviter d’attendre que ça pique.





Lundi 5 Octobre 2026
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