Une présence marocaine qui s’installe durablement en Espagne
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au cours du second semestre 2025, les acheteurs étrangers ont représenté plus de 18% des transactions immobilières en Espagne.
Dans ce paysage très concurrentiel, les Marocains se distinguent avec 7,7% des achats, talonnant de très près les Britanniques qui occupent la première place avec 7,8%.
Une différence minime, mais symbolique. Elle confirme une tendance déjà observée depuis plusieurs années : la communauté marocaine devient un acteur incontournable du marché immobilier espagnol.
La Rioja, un exemple qui change les idées reçues
Ce qui surprend le plus dans ces données, c’est la répartition géographique des achats. Contrairement à d’autres nationalités étrangères qui privilégient les zones côtières comme la Catalogne, Valence ou l’Andalousie, les Marocains s’installent davantage dans les régions intérieures.
La province de La Rioja en est l’exemple le plus frappant. Les Marocains y représentent jusqu’à 25,8% des acheteurs étrangers.
Une proportion qui montre une réalité différente : ici, il ne s’agit pas seulement d’investissement ou de résidences secondaires, mais surtout de projets de vie stables et durables.
Dans les rues de certaines villes de la région, cette présence marocaine se remarque déjà dans le tissu social local : familles installées, travail stable, enfants scolarisés. Une intégration qui s’inscrit dans la durée, loin des logiques purement touristiques.
Un marché à deux vitesses selon les profils d’acheteurs
Autre élément clé : les différences de pouvoir d’achat entre nationalités. Les données indiquent que les Marocains achètent en moyenne à environ 768 euros le mètre carré, un chiffre nettement inférieur à celui observé chez certaines nationalités européennes, comme les Suédois ou les Allemands, où les prix dépassent parfois les 3 500 euros le mètre carré.
Cette différence ne traduit pas seulement un écart économique, mais surtout une divergence d’objectifs.
D’un côté, certains acheteurs étrangers investissent dans des biens de luxe ou des résidences secondaires en bord de mer.
De l’autre, les Marocains privilégient souvent des logements fonctionnels, pensés pour la vie quotidienne et la stabilité familiale.
Un phénomène qui reflète des dynamiques migratoires profondes
Derrière ces chiffres, c’est toute une réalité sociale qui se dessine. La progression des Marocains sur le marché immobilier espagnol reflète aussi l’ancrage durable d’une diaspora déjà bien installée, notamment dans le nord et le centre du pays.
Cette dynamique s’explique par plusieurs facteurs : proximité géographique, opportunités professionnelles, regroupement familial, mais aussi volonté de construire un projet de vie stable en Europe tout en gardant des liens forts avec le Maroc.
Plus qu’une tendance, un vrai tournant immobilier
Avec une position désormais solidement installée dans le top 2 des acheteurs étrangers, les Marocains ne sont plus de simples acteurs secondaires du marché immobilier espagnol.
Ils participent activement à sa transformation, entre installation durable et nouvelles mobilités.
Reste à voir si cette tendance va continuer à s’amplifier dans les prochaines années, notamment avec l’évolution des prix et des politiques de logement en Espagne.