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Liquidité bancaire : repli à 132 MMDH en janvier 2026


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Vendredi 27 Février 2026

Le besoin en liquidité des banques marocaines a légèrement reculé en janvier 2026. Malgré cette détente, Bank Al-Maghrib maintient un soutien actif au marché monétaire afin de préserver la stabilité financière et le financement de l’économie.



Liquidité bancaire : repli à 132 MMDH en janvier 2026

Le système bancaire marocain a abordé l’année 2026 avec une tension de liquidité toujours présente, mais en léger reflux. Selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), le besoin en liquidité s’est établi à 132 milliards de dirhams (MMDH) en moyenne hebdomadaire en janvier, contre 135,7 MMDH un mois plus tôt. Ce recul modéré traduit une respiration attendue après les pressions observées fin 2025, sans pour autant signaler un retour à l’abondance.
 

Face à cette situation, Bank Al-Maghrib a ajusté ses interventions. Le volume moyen de ses injections s’est établi à 148 MMDH, contre des niveaux plus élevés précédemment. L’essentiel de ce soutien provient des avances à 7 jours (57 MMDH), des opérations de pensions livrées à 1 et 3 mois (52,2 MMDH) et des prêts garantis accordés dans le cadre des programmes de financement des très petites, petites et moyennes entreprises (38,6 MMDH). Ce dernier levier confirme la priorité donnée au tissu productif national, pilier de la création d’emplois et de valeur.
 

Sur le marché interbancaire, l’activité a marqué un net ralentissement. Le volume moyen des transactions a reculé de 19,1% en glissement mensuel, pour s’établir à 4,9 MMDH en janvier 2026. Ce niveau relativement modeste reflète la dépendance persistante des établissements de crédit aux refinancements de la Banque centrale, dans un environnement financier où la prudence reste de mise.
 

Le taux interbancaire moyen pondéré au jour le jour (TIMPJJ) continue, lui, d’évoluer avec une stabilité remarquable. Aligné sur le taux directeur depuis mars 2025, il s’est maintenu autour de 2,25% en moyenne. Cette constance contribue à stabiliser les anticipations des acteurs financiers et à offrir de la visibilité aux opérateurs économiques, un facteur souvent jugé déterminant dans les décisions d’investissement.
 

Du côté des conditions appliquées aux emprunteurs, les résultats de l’enquête de Bank Al-Maghrib pour le quatrième trimestre 2025 indiquent une légère baisse du taux débiteur moyen global, en recul de 3 points de base à 4,82%. Derrière cette moyenne se dessinent des évolutions différenciées selon les catégories de crédit.
 

Les taux des crédits de trésorerie ont reculé de 15 points de base à 4,58%, apportant un certain soulagement aux entreprises confrontées aux tensions de trésorerie. Les crédits à la consommation sont restés quasi stables à 6,89%, traduisant une vigilance continue face au risque d’endettement des ménages.
 

À l’inverse, les crédits à l’équipement ont progressé de 46 points de base pour atteindre 4,95%, tandis que les crédits immobiliers ont augmenté de 14 points de base à 5,19%. Cette hausse pourrait influencer les décisions d’investissement et l’accès au logement, dans un contexte marqué par des coûts élevés et des arbitrages budgétaires plus stricts.
 

Au final, la détente observée en janvier reste relative. La liquidité demeure sous surveillance, les taux restent globalement stables et l’accès au crédit devient plus sélectif. Pour l’économie marocaine, l’enjeu est clair : maintenir un équilibre entre stabilité monétaire et soutien à la croissance, afin d’accompagner durablement l’initiative privée et les dynamiques sociales qui façonnent le Maroc d’aujourd’hui.





Vendredi 27 Février 2026