Le secteur bancaire marocain continue de naviguer entre signaux contradictoires. D’un côté, un environnement macroéconomique qui s’est nettement amélioré en 2024 et 2025 après les tensions inflationnistes de 2022-2023. De l’autre, des risques externes persistants, notamment liés aux chocs énergétiques et aux tensions au Moyen-Orient.
Dans ce contexte, M.S.IN, filiale du Crédit Agricole, a décidé de passer sa recommandation sur Attijariwafa Bank de “conserver” à “renforcer”. Le bureau d’analyse fixe un objectif de cours à 787 dirhams, soit un potentiel de hausse estimé à environ 12% par rapport au niveau du 9 avril 2026. Un ajustement qui intervient après une précédente valorisation plus élevée à 823 dirhams, signe d’une approche plus prudente mais toujours constructive.
Cette révision s’explique notamment par la correction récente du titre, fragilisé par les incertitudes géopolitiques et leurs effets sur les marchés énergétiques. Pourtant, les fondamentaux du secteur bancaire marocain restent jugés solides, portés par la stabilisation de l’inflation au Maroc et les ajustements successifs de la politique monétaire de Bank Al-Maghrib.
Justement, la banque centrale a joué un rôle clé. Après une phase de resserrement entre 2022 et 2023, Bank Al-Maghrib a accompagné en 2024 et 2025 un retour progressif à des conditions de financement plus favorables. Ce changement a redonné de l’air aux banques, relançant la dynamique du crédit et soutenant le produit net bancaire.
Mais l’horizon 2026 n’est pas exempt de risques. Les analystes évoquent une possible pause dans l’assouplissement monétaire, en raison de tensions géopolitiques susceptibles de raviver l’inflation via la hausse des prix du pétrole et du gaz. Un scénario qui pourrait influencer les taux et, par ricochet, le résultat net des banques.
Malgré cela, la trajectoire de croissance bancaire demeure positive à moyen terme. M.S.IN table sur une croissance annuelle moyenne du produit net bancaire de 4,4% entre 2026 et 2030, et une progression de 6,17% du résultat net sur la même période. Cette dynamique serait soutenue par les investissements publics, notamment dans les infrastructures, la transition climatique et les préparatifs d’événements internationaux majeurs.
Attijariwafa Bank conserve, dans ce cadre, un rôle central dans le financement de l’économie nationale. Sa transformation digitale, combinée à une maîtrise des charges, devrait maintenir son coefficient d’exploitation autour de 36,5% sur la période 2025-2030. En parallèle, son implantation africaine reste un levier stratégique important, malgré les exigences réglementaires croissantes, notamment liées à Bâle III.
Sur le plan des actionnaires, la banque affiche une politique de dividende action régulière. Hors choc Covid, les distributions ont oscillé entre 11 et 22 dirhams par action sur la dernière décennie, avec un rendement moyen estimé à 2,8%. Pour la période 2026-2030, les projections évoquent un dividende moyen de 27,1 dirhams, confirmant une amélioration progressive du résultat net.
Au final, cette recommandation de M.S.IN s’inscrit dans une lecture d’équilibre : un secteur bancaire marocain soutenu par Bank Al-Maghrib, une inflation mieux maîtrisée au Maroc, et une croissance bancaire appelée à se renforcer, malgré un environnement international encore instable. Une équation qui, pour certains investisseurs, pourrait bien transformer la correction actuelle en opportunité d’entrée.
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