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Ozempic : comment les traitements contre l’obésité pourraient alléger la facture des compagnies aériennes


Les médicaments comme Ozempic ou Wegovy pourraient avoir un effet inattendu sur le transport aérien. En contribuant à une baisse du poids moyen des passagers, ils permettraient aux compagnies de réduire leur consommation de carburant, leurs coûts d’exploitation et leurs émissions de CO₂. Une étude américaine estime que les économies pourraient atteindre plusieurs centaines de millions de dollars par an.



Les traitements contre l’obésité ne révolutionnent pas uniquement la prise en charge médicale.

Ozempic : comment les traitements contre l’obésité pourraient alléger la facture des compagnies aériennes

Leur adoption croissante pourrait également produire des effets inattendus dans d’autres secteurs, notamment celui du transport aérien.

Selon une analyse réalisée par la banque d’investissement américaine Jefferies, la généralisation de médicaments comme Ozempic ou Wegovy pourrait permettre aux compagnies aériennes de réaliser d’importantes économies de carburant grâce à la diminution du poids moyen des voyageurs.

Cette hypothèse s’inscrit dans un contexte où le surpoids concerne une part importante de la population américaine.

En 2021, près des trois quarts des adultes et près d’un adolescent sur deux étaient considérés comme étant en surpoids ou en situation d’obésité selon les critères médicaux, soit environ 208 millions de personnes. Un chiffre qui a doublé par rapport au début des années 1990.


Une baisse du poids des passagers qui réduit la consommation de carburant

Le principe repose sur une équation simple. La consommation de carburant d'un avion dépend directement de sa masse totale. Celle-ci est composée du poids de l'appareil lui-même, de la quantité de carburant embarquée et de la charge utile, qui comprend notamment les passagers et les marchandises transportées.
 

Si le poids moyen des voyageurs diminue, la masse totale de l'appareil est réduite. Cette baisse entraîne automatiquement une diminution de la quantité de carburant nécessaire pour effectuer le vol, tout en réduisant les émissions de dioxyde de carbone.
 

Les analystes de Jefferies estiment ainsi qu'une réduction de 10 % du poids moyen des passagers des compagnies américaines ferait baisser d'environ 2 % la masse totale des avions et permettrait de réduire la consommation de carburant de 1,5 %.


Jusqu'à 580 millions de dollars d'économies par an

Pour les compagnies aériennes, l'enjeu financier est loin d'être anecdotique. Le carburant représente, en période normale, près de 20 % des dépenses d'exploitation du secteur, soit environ 39 milliards de dollars par an.
 

D'après les projections de Jefferies, la baisse du poids des passagers pourrait générer près de 580 millions de dollars d'économies annuelles pour les principaux transporteurs américains, parmi lesquels American Airlines, Delta Air Lines, Southwest Airlines et United Airlines. L'étude estime également que cette réduction des coûts pourrait se traduire par une progression moyenne de 4 % du bénéfice par action de ces compagnies.
 

À ces gains financiers s'ajouterait un impact environnemental positif grâce à une diminution proportionnelle des émissions de CO₂.


Une industrie déjà engagée dans la chasse au moindre kilogramme

La réduction du poids transporté constitue depuis longtemps un levier d'optimisation pour les compagnies aériennes. Chaque kilogramme économisé permet de limiter la consommation de carburant sur des milliers de vols.
 

United Airlines en a déjà fait l'expérience en modifiant, en 2018, le papier utilisé pour imprimer son magazine de bord. L'allègement de seulement 28 grammes par exemplaire avait permis à la compagnie d'économiser environ 290.000 dollars de carburant par an.
 

Le transporteur américain a également revu le poids de ses chariots de service et supprimé les ventes de produits duty free à bord afin de limiter la charge transportée.

D'autres compagnies ont adopté des mesures similaires. Air France, par exemple, a remplacé sa presse papier par une offre numérique. Le magazine distribué aux passagers pesait près de 500 grammes, soit l'équivalent de deux passagers supplémentaires à bord d'un avion de 300 sièges, un poids devenu difficile à justifier au regard des objectifs d'optimisation.
 

Ainsi, si les médicaments contre l'obésité ont été conçus pour répondre à un enjeu de santé publique, leur diffusion pourrait également produire des effets inattendus dans le secteur aérien, où chaque gramme économisé peut, à grande échelle, se traduire par des économies substantielles.


Vendredi 24 Juillet 2026



Rédigé par Salma Chmanti Houari le Vendredi 24 Juillet 2026