Seuls le Maroc, la Zambie, le Rwanda et le Kenya ont accepté, en Afrique, de se soumettre à cette enquête qui souligne les graves insuffisances d'un système éducatif.
Le moins que l'on puisse dire c'est que les chiffres du Maroc sont catastrophiques et pire en dégradation. À ce stade une légère nuance en deux points, qui ne change rien au fond, doit être introduite:
1. Les enfants marocains ayant intégré les écoles pionnières ne font pas partie de l'échantillon (ils le seront lors de la prochaine enquête ce qui promet une amélioration spectaculaire). Les écoles pionnières constituent un pilier de la réforme de l'enseignement engagée depuis 2022.
2. Les importants efforts du pays en termes d'alphabetisation ont permis le recrutement d'une population nouvelle qui sait lire et écrire mais reste en difficulté au niveau de l'apprentissage, ce qui explique en partie la dégradation constatée. Cette enquête, refusée par beaucoup de pays concurents, a une vertu exceptionnelle pour les décideurs.
Elle leur permet, s'ils en retirent les bons enseignements, d'ajuster leurs politiques et de prendre les bonnes décisions. Certains pays ont vu leur situation se dégrader alors qu'ils avaient doublé le budget de l'éducation, ça veut tout dire.
En plongeant 35 ans en arrière on se rend compte que ce n'est pas la première fois que le Maroc est confronté à des chiffres catastrophiques qu'il faut interpréter. Au début des années 1990, le secteur bancaire marocain traversait une période critique.
La montée importante des créances en souffrance a mis à genoux plusieurs établissements bancaires et révélait les limites de leur système de gestion des risques. Bank Al-Maghrib a alors courageusement décidé d'adopter, alors que le Maroc n'était pas du tout concerné, les règles prudentielles de Bâle I et plus tard Bâle II Bâle III et Bâle III +.
Un choix très difficile et coûteux (en termes de provisions, d'exigences de fonds propres, de contrôle plus rigoureux et de transparence).
Les résultats, plusieurs années plus tard, ont été spectaculaires, le système bancaire marocain est devenu l’un des secteurs les plus structurés de l’économie nationale et les principales banques marocaines ont acquis une expertise suffisamment solide pour se développer au-delà des frontières.
Elles sont devenues leaders dans plusieurs pays africains.
1. Les enfants marocains ayant intégré les écoles pionnières ne font pas partie de l'échantillon (ils le seront lors de la prochaine enquête ce qui promet une amélioration spectaculaire). Les écoles pionnières constituent un pilier de la réforme de l'enseignement engagée depuis 2022.
2. Les importants efforts du pays en termes d'alphabetisation ont permis le recrutement d'une population nouvelle qui sait lire et écrire mais reste en difficulté au niveau de l'apprentissage, ce qui explique en partie la dégradation constatée. Cette enquête, refusée par beaucoup de pays concurents, a une vertu exceptionnelle pour les décideurs.
Elle leur permet, s'ils en retirent les bons enseignements, d'ajuster leurs politiques et de prendre les bonnes décisions. Certains pays ont vu leur situation se dégrader alors qu'ils avaient doublé le budget de l'éducation, ça veut tout dire.
En plongeant 35 ans en arrière on se rend compte que ce n'est pas la première fois que le Maroc est confronté à des chiffres catastrophiques qu'il faut interpréter. Au début des années 1990, le secteur bancaire marocain traversait une période critique.
La montée importante des créances en souffrance a mis à genoux plusieurs établissements bancaires et révélait les limites de leur système de gestion des risques. Bank Al-Maghrib a alors courageusement décidé d'adopter, alors que le Maroc n'était pas du tout concerné, les règles prudentielles de Bâle I et plus tard Bâle II Bâle III et Bâle III +.
Un choix très difficile et coûteux (en termes de provisions, d'exigences de fonds propres, de contrôle plus rigoureux et de transparence).
Les résultats, plusieurs années plus tard, ont été spectaculaires, le système bancaire marocain est devenu l’un des secteurs les plus structurés de l’économie nationale et les principales banques marocaines ont acquis une expertise suffisamment solide pour se développer au-delà des frontières.
Elles sont devenues leaders dans plusieurs pays africains.
Aujourd'hui il s'agit d'imaginer une démarche comparable pour l’éducation et capitaliser sur l’expérience PISA.
Le Maroc a accepté de se soumettre à cet instrument international. Il a bien fait. Ce système ne mesure pas simplement le nombre d’élèves sachant lire et écrire.
PISA évalue ce que les élèves sont réellement capables de faire en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences, et surtout leur capacité à mobiliser leurs connaissances pour résoudre des problèmes. Il faut en tirer les conséquences.
Le diagnostic de l'OCDE, au lieu d'être instrumentalisé pour régler des comptes en période électorale doit devenir un instrument de transformation pour tous les partis quelque soit leurs sigles.
En effet le Maroc a engagé différentes réformes de son système éducatif, avec notamment le développement des « écoles pionnières » dont les résultats sont prometteurs (selon des enquêtes, cette fois internes mais aux normes PISA). Il ne faut surtout pas les remettre en cause.
C'est là que l'analogie avec Bâle devient intéressante. Bâle n'a pas « sauvé » les banques marocaines à lui seul. Il a fourni un cadre, des normes, des indicateurs et une culture du risque qui a modifié les trajectoires. PISA peut jouer un rôle comparable dans l'éducation à condition de bien interpréter l'évolution des chiffres.
La baisse de 2025 n'est pas totalement significative, les élèves des écoles pionnières ont été écarté des enquêtes, comme signalé précédemment, mais elle reste inquiétante.
PISA évalue ce que les élèves sont réellement capables de faire en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences, et surtout leur capacité à mobiliser leurs connaissances pour résoudre des problèmes. Il faut en tirer les conséquences.
Le diagnostic de l'OCDE, au lieu d'être instrumentalisé pour régler des comptes en période électorale doit devenir un instrument de transformation pour tous les partis quelque soit leurs sigles.
En effet le Maroc a engagé différentes réformes de son système éducatif, avec notamment le développement des « écoles pionnières » dont les résultats sont prometteurs (selon des enquêtes, cette fois internes mais aux normes PISA). Il ne faut surtout pas les remettre en cause.
C'est là que l'analogie avec Bâle devient intéressante. Bâle n'a pas « sauvé » les banques marocaines à lui seul. Il a fourni un cadre, des normes, des indicateurs et une culture du risque qui a modifié les trajectoires. PISA peut jouer un rôle comparable dans l'éducation à condition de bien interpréter l'évolution des chiffres.
La baisse de 2025 n'est pas totalement significative, les élèves des écoles pionnières ont été écarté des enquêtes, comme signalé précédemment, mais elle reste inquiétante.
La comparaison internationale est souvent douloureuse pour notre pays mais elle peut devenir salutaire, si elle est bien interprétée.
Tout n'est pas mauvais dans l'école marocaine comme tout n'était pas mauvais dans le système bancaire d'avant 1990. Mais lorsqu'on a l'ambition de s'intégrer dans la chaîne de valeur à l'international il faut accepter de confronter ses pratiques à des normes exigeantes.
PISA nous a ouvert les yeux, il peut devenir un formidable instrument de pilotage : mesurer, diagnostiquer, expérimenter, corriger, puis mesurer à nouveau. Le véritable succès ne sera donc pas de faire gagner au Maroc quelques places dans un classement international.
Il sera de faire en sorte que, lors de la prochaine évaluation, les résultats démontrent que les réformes ont réellement permis à davantage d'enfants marocains de comprendre, de raisonner, de résoudre des problèmes et d'acquérir les compétences nécessaires pour leur avenir.
Après avoir appris à mieux gérer le risque dans nos banques grâce aux standards internationaux, il faut apprendre à mieux mesurer et améliorer la performance de notre école.
C'est probablement l'une des grandes questions du Maroc des prochaines années.
Par Bargach Larbi.
PISA nous a ouvert les yeux, il peut devenir un formidable instrument de pilotage : mesurer, diagnostiquer, expérimenter, corriger, puis mesurer à nouveau. Le véritable succès ne sera donc pas de faire gagner au Maroc quelques places dans un classement international.
Il sera de faire en sorte que, lors de la prochaine évaluation, les résultats démontrent que les réformes ont réellement permis à davantage d'enfants marocains de comprendre, de raisonner, de résoudre des problèmes et d'acquérir les compétences nécessaires pour leur avenir.
Après avoir appris à mieux gérer le risque dans nos banques grâce aux standards internationaux, il faut apprendre à mieux mesurer et améliorer la performance de notre école.
C'est probablement l'une des grandes questions du Maroc des prochaines années.
Par Bargach Larbi.
