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People pleasing : quand les femmes disent toujours oui… sauf à elles-mêmes


Rédigé par le Mercredi 8 Avril 2026

Tu as déjà dit “oui, bien sûr” alors que tout ton corps criait “non, merci” ? Entre le café de trop, le service rendu à la dernière minute et les invitations qu’on n’ose pas refuser, le quotidien de beaucoup de femmes ressemble à un marathon… sans ligne d’arrivée.



Quand vouloir faire plaisir devient un réflexe

People pleasing : quand les femmes disent toujours oui… sauf à elles-mêmes

Le “people pleasing”, ce mot un peu trendy qu’on voit partout sur TikTok et dans les discussions entre copines, décrit une réalité bien connue : cette tendance à vouloir satisfaire tout le monde, parfois jusqu’à s’oublier soi-même.

Ce n’est pas une maladie, ni un défaut de caractère. Plutôt un réflexe, souvent ancré depuis l’enfance.

Au Maroc, cela résonne particulièrement. On grandit avec des valeurs fortes : être gentille, disponible, arrangeante… c’est presque une seconde nature.

Et franchement, ce sont de belles qualités. Sauf quand elles deviennent automatiques, au point de dire oui même quand ça nous coûte.

Derrière ce comportement, les psychologues parlent d’“agréabilité”, un trait de personnalité lié à l’empathie et au désir d’harmonie.

En clair, tu veux éviter les conflits, garder de bonnes relations, et surtout ne pas décevoir. Résultat : tu t’adaptes, tu fais des compromis… parfois trop.


Pourquoi les femmes sont souvent concernées (et pas par hasard)

Ce n’est pas un hasard si beaucoup de femmes se reconnaissent dans ce schéma. Dès petites, on leur apprend — parfois sans même s’en rendre compte — à être conciliantes, à faire attention aux autres, à ne pas “faire de vagues”. Dire non peut vite être perçu comme impoli, froid ou même égoïste.

Dans une société où le regard des autres compte encore beaucoup, refuser une demande peut ressembler à un mini-acte de rébellion. Alors on évite. On sourit. On accepte. Même quand ça dérange.

Mais attention : cela ne veut pas dire que toutes les femmes sont des “people pleasers”. Ni que les hommes n’en souffrent pas. Simplement, la pression sociale joue un rôle subtil, mais bien réel.


Le moment où ça fatigue (et où le corps dit stop)

À force de dire oui à tout, il y a un moment où quelque chose lâche. Fatigue mentale, irritabilité, frustration… voire ce sentiment étrange de ne plus trop savoir ce qu’on veut vraiment.

Tu rends service, tu es là pour tout le monde… mais toi, tu passes quand ? C’est souvent là que le déclic arrive. Pas forcément spectaculaire, mais profond. Une prise de conscience : être gentille ne doit pas rimer avec s’oublier.

Dans certaines relations, ce déséquilibre peut même devenir problématique. Si tes limites ne sont jamais posées, les autres ne peuvent pas les deviner. Et sans le vouloir, ils en demandent toujours plus.


Apprendre à dire non… version douce et marocaine

Bonne nouvelle : ça s’apprend. Et non, il ne s’agit pas de devenir froide ou distante du jour au lendemain. L’idée, c’est de trouver un équilibre.

Dire non peut commencer simplement. Prendre un temps avant de répondre. Dire “je vais voir” au lieu de s’engager directement. Ou encore proposer une alternative. Au lieu d’un refus brutal, on peut dire : “Je ne peux pas cette fois, mais une autre fois avec plaisir.”

C’est ça, l’assertivité : s’exprimer clairement, sans agressivité, et sans culpabilité. Et surtout, comprendre que dire non à quelqu’un, ce n’est pas lui dire “je ne t’aime pas”. C’est juste dire “je me respecte aussi”.


Se choisir sans s’excuser

Au fond, le “people pleasing” raconte quelque chose de très humain : le besoin d’être aimé, accepté, entouré. Mais à trop vouloir faire plaisir, on risque de disparaître un peu dans l’équation.

Et si la vraie tendance aujourd’hui, ce n’était pas d’être parfaite pour les autres… mais d’être alignée avec soi-même ? Dire non, ce n’est pas fermer une porte. C’est parfois s’en ouvrir une à soi.





Mercredi 8 Avril 2026