La fin d’un avantage qui faisait le succès des petits colis
C’est un tournant pour le commerce en ligne en Europe. L’Union européenne appliquera dès le 1er juillet un nouveau droit de douane fixe de 3 euros sur les colis d’une valeur inférieure ou égale à 150 euros provenant de pays hors de l’UE.
Jusqu’à présent, ces petits envois bénéficiaient de ce que l’on appelle la règle du « de minimis », un mécanisme qui permettait d’éviter certaines formalités et taxes douanières afin de ne pas surcharger les administrations.
Mais avec l’explosion du commerce électronique, cette exception est désormais considérée comme dépassée par Bruxelles.
La mesure restera en vigueur jusqu’au 1er juillet 2028 et concernera toutes les importations provenant de pays non membres de l’Union européenne.
Shein et Temu parmi les principaux concernés
Officiellement, la nouvelle taxe ne cible aucun pays en particulier. Dans les faits, son impact se concentrera surtout sur la Chine.
Selon des données relayées par Bloomberg, près de 90 % des colis importés en Europe d’une valeur inférieure à 150 euros proviennent du géant asiatique.
Un chiffre qui illustre l’ampleur prise par des plateformes comme Shein, Temu ou encore AliExpress sur le marché européen.
Depuis plusieurs années, ces acteurs séduisent les consommateurs grâce à des prix très bas, des promotions permanentes et des livraisons rapides. Résultat : des milliards de colis traversent chaque année les frontières européennes.
En 2025, près de 5,9 milliards d’articles issus du commerce électronique ont ainsi été importés dans l’Union européenne. Un volume qui a poussé les autorités à revoir les règles du jeu.
Bruxelles veut rééquilibrer la concurrence
Pour la Commission européenne, l’objectif n’est pas de fermer la porte aux produits étrangers mais de garantir une concurrence plus équitable entre les entreprises.
Selon Bruxelles, le seuil d’exonération de 150 euros créait un avantage indirect pour certaines plateformes étrangères qui pouvaient vendre à moindre coût par rapport à des acteurs européens soumis à davantage de contraintes.
Les autorités européennes estiment également que la croissance fulgurante des importations en ligne génère une charge administrative de plus en plus importante pour les services douaniers.
L’idée est donc de moderniser un système conçu à une époque où les achats en ligne étaient encore loin d’atteindre les niveaux actuels.
D’autres frais pourraient bientôt arriver
La taxe de 3 euros ne sera probablement qu’une première étape.
La Commission européenne prévoit également l’introduction de frais de traitement douanier supplémentaires. Leur montant exact devrait être dévoilé à l’automne.
Bruxelles précise toutefois qu’il ne s’agira pas d’un nouveau droit de douane mais d’une redevance destinée à couvrir les coûts liés au contrôle et au traitement des marchandises entrant sur le territoire européen.
Autre particularité : contrairement à certaines initiatives nationales mises en place ces dernières années, cette mesure s’applique à l’ensemble de l’Union européenne. Il sera donc beaucoup plus compliqué de contourner la taxe en faisant transiter les colis par un autre pays européen.
Pour les consommateurs habitués aux bonnes affaires à quelques euros, la facture pourrait donc légèrement grimper.
Un changement qui marque une nouvelle étape dans la régulation du commerce en ligne à l’échelle européenne.