Pollution et déchets : le Maroc face à une facture environnementale majeure


Rédigé par le Mercredi 7 Octobre 2026

Le Maroc fait face à une double facture : près de 12 milliards de dirhams de dommages liés à la pollution plastique et 14 milliards à investir dans la gestion des déchets.



Une facture à plusieurs milliards

Le Maroc fait face à une facture environnementale qui commence à peser lourd.

La pollution plastique causerait près de 12 milliards de dirhams de dommages chaque année, tandis que la seule région Casablanca-Settat estime à environ 14 milliards de dirhams les investissements nécessaires pour renforcer le traitement et la valorisation des déchets.

Deux montants qui ne mesurent pas exactement la même chose, mais qui donnent une idée claire de l’ampleur du chantier.


Le plastique coûte cher au Maroc

Selon les données reprises dans un récent rapport environnemental consacré à l’Afrique du Nord, le Maroc produirait environ 422.000 tonnes de déchets plastiques par an.

Près de 250.000 tonnes seraient mal gérées, tandis qu’environ 75.000 tonnes de plastique finiraient chaque année dans la mer.

Les dommages causés aux écosystèmes marins marocains sont estimés à près de 1,2 milliard de dollars par an, soit environ 12 milliards de dirhams.

Une facture qui ne prendrait pourtant pas en compte toutes les conséquences possibles pour la pêche, le tourisme ou encore les activités économiques du littoral.

Autrement dit, le plastique jeté aujourd’hui peut continuer à coûter cher bien après avoir disparu de nos poubelles.


Collecte et recyclage : le grand écart

Le problème ne concerne pas seulement la quantité de déchets produits.

Les infrastructures restent très inégalement réparties. Les données citées dans le rapport montrent notamment un écart important entre les villes et les campagnes en matière de collecte.

Le tri reste également en retard. Sur 26 centres de tri initialement prévus, neuf auraient été construits et seulement trois étaient opérationnels selon la période étudiée.

Un vrai casse-tête : produire moins de déchets est une partie de la solution, mais encore faut-il pouvoir collecter, trier et recycler correctement ceux qui existent déjà.


Casablanca-Settat met 14 milliards de DH sur la table

À Casablanca-Settat, la transition passe désormais par des investissements lourds.

La région estime à environ 14 milliards de dirhams les besoins liés aux projets de traitement et de valorisation des déchets dans plusieurs territoires, notamment Casablanca, Médiouna, El Jadida, Mohammedia, Sidi Bennour et Berrechid.

À Médiouna, un projet mené dans le cadre d’un partenariat public-privé représente à lui seul 157 millions de dirhams. L’objectif est notamment de réduire les risques de pollution et de réhabiliter l’ancien site.


Le déchet devient un enjeu économique

La question dépasse désormais largement la simple collecte des ordures. Elle touche à la protection des nappes phréatiques, à l’aménagement urbain, au recyclage, à l’eau et au financement des collectivités.

Le constat est parlant : la pollution coûte des milliards, mais sa réduction exige elle aussi des milliards d’investissements.

Le véritable défi sera donc de transformer ces dépenses en infrastructures durables, tout en réduisant progressivement la quantité de plastique qui échappe encore aux circuits de collecte et de recyclage.





Mercredi 7 Octobre 2026
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