Pourquoi faudrait-il limiter le sucre pendant un traitement antibiotique ?


Une étude américaine suggère qu’une alimentation très sucrée pourrait accentuer les perturbations du microbiote intestinal provoquées par les antibiotiques.



Sucre et antibiotiques : attention au duo

Vous prenez des antibiotiques et vous avez envie de vous réconforter avec biscuits, sodas, chocolat ou pâtisseries ?

Une nouvelle étude suggère qu’il pourrait être intéressant de lever un peu le pied sur les produits très sucrés pendant le traitement.

Pas question de diaboliser le sucre ni de vider immédiatement le placard à gâteaux : les chercheurs ont surtout découvert que le sucre pourrait accentuer certains bouleversements du microbiote intestinal provoqués par les antibiotiques.

Une piste intéressante pour mieux prendre soin de notre ventre lorsque celui-ci traverse déjà une période délicate.


Antibiotiques : notre microbiote prend aussi le choc

On le sait : les antibiotiques sont indispensables lorsqu’ils sont prescrits contre certaines infections bactériennes. Mais ils ne font pas toujours la différence entre les bactéries indésirables et une partie des micro-organismes utiles présents naturellement dans notre intestin.

Résultat : pendant ou après certains traitements, le microbiote peut perdre temporairement en diversité.

Une étude publiée dans Nature s’est justement intéressée à l’influence de l’alimentation sur ce phénomène. Les chercheurs ont suivi 9 419 repas consommés par 173 patients hospitalisés pour une greffe de cellules souches hématopoïétiques, une population soumise à des traitements lourds et fréquemment exposée aux antibiotiques. Ils ont également analysé régulièrement leur microbiote intestinal.

Le résultat intrigue : lorsque la consommation de sucres augmentait durant l’exposition aux antibiotiques, la diversité bactérienne intestinale avait tendance à diminuer davantage.

Dans leur analyse nutritionnelle, 100 grammes supplémentaires de sucres étaient associés à une baisse moyenne supplémentaire d’environ 20,6 % de la diversité du microbiote, dans le contexte précis de l’exposition aux antibiotiques.


Le sucre pourrait profiter aux bactéries les moins sympathiques

Autre observation : l’association antibiotiques + alimentation riche en produits sucrés semblait favoriser l’expansion de bactéries du genre Enterococcus, notamment Enterococcus faecium.

Pourquoi ?

Une hypothèse est que certaines bactéries capables de résister au traitement antibiotique pourraient profiter des sucres disponibles pour se multiplier lorsque leurs concurrentes ont été affaiblies.

Les chercheurs ont retrouvé un phénomène comparable chez la souris : l'ajout de saccharose après l'administration d'un antibiotique a amplifié et prolongé l'expansion des entérocoques. Le sucre seul, sans antibiotique, n'avait toutefois pas produit le même effet dans cette expérience.

Autrement dit, le message n’est pas « le sucre détruit votre microbiote ». L’étude pointe plutôt vers une interaction particulière entre une forte consommation de sucres simples et un microbiote déjà perturbé par certains antibiotiques.


Faut-il bannir le sucre pendant un traitement antibiotique ?

Pas besoin de transformer votre cuisine en laboratoire ni de paniquer devant une cuillère de miel dans votre thé.

Les auteurs eux-mêmes restent prudents : l’étude a été réalisée chez des patients recevant des traitements intensifs, notamment pour des cancers du sang.

Les résultats devront donc être confirmés dans d’autres populations avant de conclure qu'ils s'appliquent exactement de la même manière à une personne en bonne santé prenant quelques jours d'antibiotiques.

Mais côté hygiène de vie, réduire les sucres ajoutés et les aliments ultra-sucrés pendant quelques jours reste une habitude raisonnable.

Dans une journée marocaine classique, cela peut simplement vouloir dire : limiter les sodas et jus très sucrés, ne pas enchaîner biscuits et viennoiseries au goûter, réduire le sucre ajouté dans le café ou le thé et préférer des repas simples et équilibrés.

Et attention à une confusion fréquente : réduire les sucreries ne signifie pas supprimer tous les glucides ni tous les fruits.


Que mettre dans l’assiette pour ménager son ventre ?

Pendant un traitement, votre priorité doit rester de manger suffisamment et de suivre les recommandations de votre médecin, surtout si vous êtes fragile, hospitalisé ou traité pour une maladie chronique.

Si votre état le permet, privilégiez simplement une alimentation peu transformée : légumes, soupes maison, céréales, légumineuses, protéines adaptées et fruits en quantité raisonnable.

Le traditionnel bol de harira, par exemple, peut apporter légumineuses, légumes et féculents sans nécessiter une avalanche de produits ultra-transformés. Même logique pour une salade, des légumes cuits ou un plat maison à base de lentilles.

Concernant les probiotiques ou compléments alimentaires, mieux vaut demander conseil à un professionnel de santé plutôt que de les prendre automatiquement : ils ne conviennent pas forcément à toutes les situations, notamment chez certaines personnes immunodéprimées.


Moins de sucre, mais surtout plus de bon sens

Cette étude ajoute une pièce intéressante au puzzle du microbiote : ce que nous mangeons pourrait modifier la manière dont notre intestin traverse un traitement antibiotique.

Elle ne signifie pas qu’un gâteau pendant votre traitement va provoquer une infection. Elle invite plutôt à retenir une règle simple : quand l’intestin est déjà chamboulé, ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour multiplier sodas, bonbons et desserts très sucrés.

Et surtout, ne réduisez jamais la dose, la durée ou la fréquence d’un antibiotique dans l’espoir de protéger votre microbiote. Un traitement prescrit doit être suivi selon les indications du professionnel de santé qui vous accompagne.

Un peu moins de sucre, davantage d’aliments simples et une bonne hydratation : parfois, les gestes les plus basiques restent les meilleurs alliés de notre ventre.


Mercredi 7 Octobre 2026



Rédigé par le Mercredi 7 Octobre 2026
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