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Profits fonciers : les coefficients de réévaluation de l’IR pour 2026 officiellement publiés


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mardi 10 Mars 2026

Le ministère de l’Économie et des Finances a publié les nouveaux coefficients de réévaluation applicables à l’impôt sur le revenu au titre des profits fonciers pour l’année 2026. Derrière ce mécanisme fiscal, souvent méconnu du grand public, se joue pourtant un enjeu essentiel : garantir un calcul plus juste de la plus-value immobilière en tenant compte de l’inflation et de l’évolution du pouvoir d’achat au Maroc.



Profits fonciers : les coefficients de réévaluation de l’IR pour 2026 officiellement publiés

Le dispositif est discret, mais son impact est bien réel pour tous ceux qui vendent un bien immobilier. Le ministère de l’Économie et des Finances vient en effet de rendre publics les coefficients de réévaluation applicables à l’impôt sur le revenu (IR) au titre des profits fonciers pour l’année 2026.
 

L’arrêté ministériel daté du 6 février 2026 fixant ces coefficients a été publié au Bulletin officiel n°7486 du 26 février 2026. Cette publication annuelle constitue une étape importante dans la gestion de la fiscalité immobilière au Maroc, puisqu’elle encadre le calcul de la plus-value imposable lors de la cession d’un bien immobilier.
 

Concrètement, ces coefficients permettent de réactualiser le prix d’acquisition d’un bien immobilier afin de tenir compte de l’évolution de l’inflation et de la dépréciation monétaire au fil des années. Sans ce mécanisme correctif, la fiscalité pourrait conduire à taxer des gains qui ne correspondent pas toujours à un enrichissement réel, mais simplement à l’augmentation générale des prix.
 

Les chiffres publiés dans le tableau annexé à l’arrêté illustrent clairement cette logique. Les biens acquis dans les décennies les plus anciennes bénéficient de coefficients élevés afin de compenser l’érosion monétaire accumulée sur une longue période.
 

Ainsi, le coefficient applicable à l’année 1980 est fixé à 4,646. Cela signifie que le prix d’acquisition d’un bien acheté cette année-là sera multiplié par ce facteur pour déterminer sa valeur réévaluée avant le calcul de l’impôt sur les profits fonciers.
 

En se rapprochant des années plus récentes, la correction monétaire devient progressivement moins importante. Pour l’année 2000, le coefficient s’établit à 1,585, tandis que celui de 2010 atteint 1,296. Cette évolution reflète une inflation plus modérée sur les dernières décennies.
 

Pour les acquisitions les plus récentes, les ajustements restent logiquement limités. Le coefficient est fixé à 1,078 pour l’année 2022, 1,008 pour 2024, tandis que le coefficient de référence de 1,000 est retenu pour l’année 2025. Dans ces cas-là, l’impact de la réévaluation reste donc marginal.
 

Au-delà de l’aspect technique, cette publication annuelle constitue également un outil de référence pour l’ensemble des acteurs du marché immobilier. Les notaires, les adouls ainsi que les services de l’administration fiscale s’appuient sur ces coefficients pour uniformiser les méthodes de calcul lors des transactions immobilières.
 

Cette harmonisation est loin d’être anodine. Dans un secteur où les montants en jeu peuvent être importants, disposer d’un barème officiel contribue à réduire les risques de litiges liés à l’évaluation des profits immobiliers et à sécuriser juridiquement les opérations de cession.
 

La transparence entourant la fixation de ces coefficients participe également à renforcer la confiance des contribuables et des investisseurs. Elle permet d’éviter un élargissement artificiel de l’assiette fiscale et garantit que l’impôt porte uniquement sur un gain réel, et non sur un simple effet d’inflation.
 

Pour le calcul du prix de revient d’un bien cédé, la règle demeure simple : le prix d’acquisition est multiplié par le coefficient correspondant à l’année d’achat afin d’obtenir la valeur réévaluée du bien. C’est ensuite sur cette base corrigée que l’administration fiscale détermine la plus-value immobilière imposable.
 

Le dispositif prévoit également un cas particulier pour les biens les plus anciens. Pour les acquisitions antérieures à 1946, le coefficient est déterminé de manière forfaitaire selon un taux annuel de 3 %, permettant ainsi de reconstituer une valeur réévaluée cohérente.
 

Dans un pays où l’immobilier reste l’un des principaux vecteurs d’investissement et de constitution du patrimoine des ménages, ces ajustements techniques jouent un rôle central. Ils rappellent qu’une fiscalité moderne ne consiste pas seulement à lever l’impôt, mais aussi à veiller à ce qu’il reflète au plus près la réalité économique.





Mardi 10 Mars 2026