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Regroupement familial en Belgique : des conditions financières plus strictes pour les familles marocaines


Rédigé par Salma Chmanti Houari le Mardi 9 Juin 2026

La Belgique poursuit le renforcement de sa politique en matière de regroupement familial avec l'application de nouvelles exigences financières.

Si une partie de la réforme a récemment été suspendue par la justice, les conditions de revenus demeurent plus strictes, affectant directement de nombreuses familles marocaines établies dans le pays.



Un seuil de revenus relevé pour les demandeurs

Regroupement familial en Belgique : des conditions financières plus strictes pour les familles marocaines

Depuis l'entrée en vigueur de la loi du 18 juillet 2025, appliquée à partir du 18 août de la même année, les personnes souhaitant faire venir des membres de leur famille en Belgique doivent satisfaire à des critères plus exigeants.

La principale modification concerne les moyens de subsistance exigés du regroupant.

Celui-ci doit désormais disposer d'un revenu mensuel net correspondant à au moins 110 % du revenu minimum mensuel moyen garanti.

Après l'indexation entrée en vigueur le 1er avril 2026, ce seuil a été fixé à 2 408,79 euros nets par mois. Pour chaque personne supplémentaire à charge, ce montant est majoré de 10 %.


Les Marocains parmi les premiers concernés

Ces nouvelles dispositions touchent directement les ressortissants étrangers installés en Belgique, notamment les Marocains.

Selon les données de Myria, l'organisme belge spécialisé dans les questions migratoires, les citoyens marocains figurent parmi les principales nationalités de pays tiers bénéficiant de premiers titres de séjour accordés pour des motifs familiaux.

Dans ce contexte, le durcissement des conditions de regroupement familial risque d'avoir un impact significatif sur de nombreuses familles souhaitant être réunies sur le territoire belge.


Une réforme partiellement freinée par la justice

La réforme a toutefois rencontré un obstacle judiciaire.

Le 26 février 2026, la Cour constitutionnelle belge a décidé de suspendre plusieurs dispositions concernant les bénéficiaires de la protection subsidiaire ainsi que les membres de leur famille.
 

Les mesures visées prévoyaient notamment l'instauration d'un délai d'attente de deux ans ainsi que l'obligation de démontrer l'existence de revenus suffisants, d'un logement adapté et d'une couverture d'assurance maladie.

Cette décision ne remet cependant pas en cause l'ensemble de la réforme. Les nouvelles exigences relatives aux revenus continuent de s'appliquer aux catégories concernées par la loi.


Des démarches désormais plus complexes

Pour les familles marocaines concernées, les procédures de regroupement familial deviennent plus encadrées et nécessitent davantage de garanties.

Les demandeurs doivent constituer des dossiers particulièrement solides afin de démontrer la stabilité de leur situation financière et résidentielle.
La capacité à justifier des revenus suffisants, à disposer d'un logement adéquat et à présenter une situation stable apparaît désormais comme un élément central dans l'examen des demandes.

Ces nouvelles règles s'inscrivent dans la volonté affichée des autorités belges de renforcer le contrôle des conditions d'accès au regroupement familial.





Mardi 9 Juin 2026