Santé au Maroc : le coût des soins inquiète près de trois citoyens sur quatre


Au Maroc, 73 % des citoyens disent craindre de ne pas pouvoir accéder aux soins nécessaires ou d’en supporter le coût, selon Afrobarometer.



Le coût des soins inquiète

Se soigner reste une source d’inquiétude pour une large majorité de Marocains.

Selon les données d’Afrobarometer, 73 % des citoyens interrogés déclarent craindre de ne pas pouvoir obtenir les soins médicaux nécessaires ou d’être incapables d’en supporter le coût en cas de maladie.

Un chiffre qui place directement la question de l’accès aux soins parmi les préoccupations sociales majeures.


Des soins nécessaires, mais une hausse des impôts qui divise

Le paradoxe est frappant. Les Marocains veulent un système de santé plus accessible, mais ils sont beaucoup moins nombreux à accepter de payer davantage d’impôts pour le financer.

D’après le dernier rapport d’Afrobarometer sur le financement de la santé en Afrique, 48 % des Marocains soutiennent l’idée que l’État garantisse des soins adéquats à tous, même si cela implique une hausse des impôts.

À l’échelle des 38 pays étudiés, la moyenne atteint 70 %. Le Maroc fait donc partie des pays où l’adhésion à cette formule de financement est la plus faible.

Ce décalage ne signifie pas forcément que les citoyens refusent le principe de solidarité. Il traduit aussi une question simple : si on paie plus, est-ce que le service suivra vraiment ?


À l’hôpital public, l’accès reste compliqué

L’expérience vécue dans les établissements publics contribue largement à cette méfiance.

Parmi les personnes ayant fréquenté une clinique ou un hôpital public au cours de l’année précédant l’enquête, 52 % déclarent avoir rencontré des difficultés pour obtenir les soins dont elles avaient besoin.

Les problèmes signalés ne sont pas anecdotiques : longues attentes, absence de certains professionnels, médicaments ou équipements indisponibles et coûts jugés trop élevés reviennent régulièrement dans les réponses recueillies par Afrobarometer.

Autrement dit, pour beaucoup de familles, la santé ne se résume pas à avoir une couverture médicale sur le papier. Encore faut-il trouver un rendez-vous, accéder au bon service et ne pas sortir de la consultation avec une facture difficile à absorber.


La confiance, au cœur du débat

Le rapport panafricain apporte un autre élément clé : plus les citoyens font confiance aux institutions sanitaires et jugent positivement les services publics de santé, plus ils acceptent le principe d’un financement par l’impôt.

À l’inverse, les doutes sur l’efficacité des services ou sur l’utilisation des ressources publiques réduisent cette adhésion.

Pour le Maroc, le défi dépasse donc la seule question de trouver de nouveaux financements. Il s’agit aussi de montrer concrètement ce que ces moyens changent dans un hôpital, un centre de santé ou dans le portefeuille d’un patient.

Avec 73 % de citoyens préoccupés par leur capacité à se soigner, l’attente est forte. La prochaine bataille se jouera autant sur la qualité des soins que sur la confiance dans la manière dont ils sont financés.


Lundi 5 Octobre 2026



Rédigé par le Lundi 5 Octobre 2026
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