Le Maroc recule, mais reste dans le Top 15
Le Maroc recule dans la course mondiale à la production de vêtements et de chaussures. Dans le classement Coface actualisé en octobre 2026, le Royaume arrive au 15e rang des pays les plus compétitifs hors Chine.
Il perd cinq places par rapport à juillet 2025, mais conserve une position dans le Top 15.
Avec un score affiché de 56 sur 100, le Maroc se retrouve derrière la Turquie, 14e, et devant le Vietnam, 16e. Les trois pays présentent pourtant le même score arrondi.
La Tunisie fait mieux : elle occupe la dixième position, avec 58 points, malgré un recul de cinq places également.
Les droits de douane américains rebattent les cartes
Ce classement intervient dans un commerce mondial bousculé par les décisions de Washington. Coface a intégré les derniers ajustements des droits de douane américains à son analyse. Résultat : les avantages des pays producteurs évoluent, parfois rapidement.
Un fournisseur peut proposer des coûts attractifs et perdre du terrain lorsque ses produits sont davantage taxés à l’entrée du marché américain. À l’inverse, un allègement douanier peut renforcer sa position auprès des acheteurs.
Le recul marocain doit donc être lu avec précision. Perdre cinq places dans cet indice ne signifie pas automatiquement que les exportations nationales ont diminué. Le classement mesure une compétitivité relative, dans un environnement commercial qui a changé.
Bangladesh en tête, nouveaux concurrents dans le peloton
Le Bangladesh conserve la première place, devant le Cambodge et le Pakistan. Le Lesotho et Madagascar figurent parmi les progressions marquantes de cette actualisation.
Selon Coface, ces deux pays profitent notamment de la suppression de droits additionnels qui pénalisaient leur accès au marché américain. Le Vietnam et l’Indonésie intègrent, eux, le Top 20.
La redistribution des positions ouvre ainsi des perspectives à plusieurs producteurs asiatiques et africains.
La Chine domine encore, mais les acheteurs diversifient
La Chine reste le premier exportateur mondial d’habillement et de chaussures. Son poids recule toutefois, sous l’effet de la hausse des coûts du travail et de la recherche de fournisseurs alternatifs.
Pour les marques, l’objectif consiste aussi à sécuriser les approvisionnements. Dépendre de plusieurs pays permet de mieux absorber les tensions commerciales et les changements réglementaires.
Pour le Maroc, transformer la position en commandes
Le signal mérite l’attention des industriels marocains. Le prix compte toujours, mais il ne suffit plus à convaincre.
L’indice examine aussi l’environnement des affaires, la main-d’œuvre, les critères sociaux et environnementaux et la solidité du tissu industriel.
Pour le Royaume, l’enjeu sera désormais de convertir ses atouts en commandes durables. Quels investissements et quels débouchés permettront de regagner du terrain ?