Un collier Cartier porté au couronnement d’Elizabeth II bientôt vendu aux enchères pour un million d’euros


Rédigé par le Mardi 20 Octobre 2026

Un bijou historique signé Cartier, porté lors du couronnement de la reine Elizabeth II en 1953, sera proposé aux enchères à Genève le 11 novembre 2026.

Appartenant à la famille de la duchesse de Devonshire, cette pièce Art déco ornée d’opales noires et de diamants est estimée entre 840 000 et 1,2 million d’euros.



Un bijou royal aux multiples transformations

Un précieux bijou ayant traversé plusieurs générations s’apprête à changer de propriétaire. Le 11 novembre prochain, la maison Sotheby’s organisera à Genève une vente aux enchères consacrée notamment à des bijoux historiques issus de familles aristocratiques.

Parmi les pièces les plus remarquables figure un collier-diadème créé par Cartier à la fin des années 1930 pour Mary Cavendish, duchesse de Devonshire.

Estimé entre 840 000 et 1,2 million d’euros, ce bijou se distingue autant par son esthétique Art déco que par sa conception modulable. Il peut être porté en collier, transformé en diadème ou démonté pour donner naissance à plusieurs broches et à un bijou de corsage.

L’ensemble associe six opales noires à des diamants de différentes tailles, notamment des pierres taillées en baguette et un diamant en forme de poire suspendu au centre.

Les opales, particulièrement rares dans la haute joaillerie contemporaine, confèrent à cette création une identité singulière.

Mary Cavendish, une figure proche de la monarchie britannique

Le bijou est étroitement lié à l’histoire de la famille Cavendish. Mary Cavendish, née Mary Gascoyne-Cecil, épousa Edward Cavendish en 1917. Son mari devint duc de Devonshire en 1938, avant de mourir en 1950. Elle conserva ensuite le titre de duchesse douairière jusqu’à son décès, en 1988.

La commande du bijou pourrait remonter au couronnement du roi George VI, célébré en 1937. Selon Sotheby’s, cet événement avait constitué une occasion importante pour Cartier, dont la branche londonienne avait alors multiplié les créations destinées à une clientèle aristocratique.

Si aucune photographie connue ne confirme que Mary Cavendish portait déjà le bijou lors de cette cérémonie, son utilisation lors du couronnement d’Elizabeth II, le 2 juin 1953, est documentée. À cette occasion, la duchesse, devenue maîtresse de la garde-robe de la reine, figurait parmi les proches collaboratrices de la souveraine.

Cette fonction, qui correspond à un rôle majeur au sein de la maison royale, lui permettait d’accompagner la reine dans de nombreux événements officiels. Le bijou a ainsi été associé à plusieurs moments de la vie de la monarchie britannique.

Des opales australiennes à une apparition sur le tapis rouge

L’histoire de cette création se distingue également par l’origine de ses pierres. Les opales noires utilisées par Cartier appartenaient déjà à la famille Cavendish. Elles auraient été reçues lors d’un voyage effectué par Edward Cavendish en Australie et en Nouvelle-Zélande dans les années 1930.

À cette époque, les opales étaient moins recherchées par certains joailliers, notamment en raison des superstitions qui leur étaient associées et de leur fragilité. Leur présence dans cette création témoigne néanmoins d’un choix esthétique affirmé, en accord avec l’esprit expérimental de la joaillerie Art déco.

Plus récemment, le bijou a fait une nouvelle apparition publique. La réalisatrice britannique Emerald Fennell l’a porté lors de l’avant-première londonienne de son film Hurlevent, en février 2026.

Cette sortie a remis en lumière une pièce jusque-là conservée dans la famille de la duchesse de Devonshire et ses descendants.

Avec cette prochaine vente, le collier-diadème Cartier pourrait ainsi quitter une collection familiale pour rejoindre celle d’un nouveau propriétaire.

Au-delà de son estimation financière, il représente un témoignage de la joaillerie du XXe siècle et des liens étroits qui unissaient les grandes maisons de luxe aux familles aristocratiques européennes.




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Mardi 20 Octobre 2026
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