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Un jeu vieux de 1 200 ans découvert dans un hammam médiéval à Volubilis


Rédigé par le Jeudi 11 Juin 2026

À Walīla, près de Meknès, des archéologues ont mis au jour un plateau de jeu vieux de 1 200 ans gravé dans un hammam médiéval, révélant un pan inattendu de la vie sociale à l’époque idrisside.



Nouvelle découverte à Volubilis

Un jeu vieux de 1 200 ans découvert dans un hammam médiéval à Volubilis
Une découverte archéologique exceptionnelle vient de mettre en lumière un pan oublié de la vie quotidienne au Maroc ancien.

À Walīla, l’ancienne Volubilis près de Meknès, des chercheurs ont exhumé un plateau de jeu vieux d’environ 1 200 ans, directement gravé dans la pierre d’un hammam médiéval.

Une trouvaille rare qui bouscule notre regard sur les loisirs et la sociabilité à l’époque des premiers siècles de l’islam.

Une découverte archéologique au cœur de Walīla

C’est sur le site antique de Walīla que la surprise a été faite par une équipe d’archéologues internationaux et marocains.

L’étude, publiée dans la revue Libyan Studies, est signée par des chercheurs de l’Université de Reading, de l’UCL et de l’INSAP.

Le plateau a été identifié dans un hammam datant de l’époque idrisside, construit entre la fin du VIIIe et le début du IXe siècle, puis abandonné quelques siècles plus tard.

L’état de conservation du site a permis une datation relativement précise, ce qui donne un poids particulier à cette découverte.

Sur place, les chercheurs ont observé une gravure directement intégrée à une marche en pierre menant à un bassin d’eau froide. Un détail discret, mais lourd de sens.


Un jeu gravé dans la pierre du hammam

Le plateau se compose de trois rangées d’au moins treize cavités. Une configuration pensée pour accueillir deux joueurs face à face.

Rien n’a été laissé au hasard, et son emplacement dans un espace de détente indique que le jeu faisait partie intégrante de la vie sociale du hammam.

Pour les chercheurs, cette disposition n’est pas anodine. Elle suggère que ces moments de jeu étaient acceptés, voire intégrés dans les habitudes du bain. Ici, on ne venait pas seulement se laver.

On échangeait, on discutait, et visiblement, on jouait aussi. Un peu comme un café de quartier aujourd’hui où les discussions s’étirent autour d’une partie improvisée.


Un espace social bien plus qu’un simple bain

Cette découverte change la perception des hammams médiévaux. Loin d’être de simples lieux d’hygiène, ils apparaissent comme de véritables espaces de vie sociale.

Le plateau de jeu découvert à Walīla renforce cette idée d’un lieu animé, où les interactions humaines occupaient une place centrale.

Les chercheurs estiment que ce jeu pourrait être une forme ancienne de tāb, encore connu aujourd’hui sous le nom de sīg dans certaines régions d’Afrique du Nord.

Si cette hypothèse se confirme, il s’agirait de la plus ancienne trace connue de ce jeu dans la région. Une continuité culturelle impressionnante qui traverse les siècles sans disparaître totalement.


Des échanges culturels qui traversent le temps

Au-delà du jeu lui-même, cette découverte ouvre une fenêtre sur les échanges entre le Maroc idrisside et le monde islamique oriental.

Le jeu aurait pu arriver à Walīla via des voyageurs venus du Levant ou de la péninsule Arabique, à une époque où les circulations culturelles étaient déjà intenses.

Ce petit plateau gravé dans la pierre raconte donc bien plus qu’une simple partie de jeu. Il raconte des rencontres, des influences, et une société déjà connectée à son époque.

Et dans les ruines silencieuses de Volubilis, il rappelle que même les gestes les plus simples peuvent laisser des traces inattendues.

Dans les pierres chaudes du hammam de Walīla, ce plateau oublié continue de parler. À sa manière, il relie le passé aux pratiques encore vivantes aujourd’hui, et invite à regarder autrement ces lieux du quotidien ancien qui n’ont pas encore livré tous leurs secrets.





Jeudi 11 Juin 2026