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Yémen : plus de 13 000 femmes enceintes privées de soins essentiels à Taïz


Rédigé par le Mercredi 4 Novembre 2026

L’intensification des combats et le blocage des voies d’approvisionnement autour de Taïz, au Yémen, exposent des milliers de femmes enceintes à de graves risques sanitaires.

Selon le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), plus de 13 000 femmes enceintes n’ont plus accès aux soins essentiels dans cette région, où les fausses couches et les accouchements à risque sont en augmentation.



Des combats qui compromettent l’accès aux soins maternels

Yémen : plus de 13 000 femmes enceintes privées de soins essentiels à Taïz
La situation humanitaire se dégrade autour de Taïz, où les affrontements entre les forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite et le mouvement houthi, soutenu par l’Iran, ont intensifié les difficultés d’accès à l’aide.

D’après les informations communiquées le 3 novembre par l’UNFPA et rapportées par Reuters, la ville est largement isolée depuis environ un mois.

Des routes essentielles, notamment le corridor reliant Taïz à Aden, sont bloquées, empêchant l’acheminement régulier de nourriture, d’eau, de carburant et de fournitures médicales. Plus de 13 000 femmes enceintes seraient concernées par les restrictions d’accès aux soins. Parmi elles, environ 6 400 sont déplacées.

L’UNFPA estime que près de 1 500 urgences obstétricales pourraient survenir au sein de ce groupe, notamment en raison des déplacements éprouvants et du stress physique et psychologique provoqué par les combats.

Les maternités fonctionnent au ralenti

Les conséquences sont déjà visibles dans les structures de santé. Sur les 27 établissements désignés pour assurer les soins d’urgence maternels et néonatals dans la région, seuls cinq fonctionnent encore partiellement, selon l’UNFPA.

À l’hôpital maternel et infantile yéméno-suédois de Taïz, le nombre quotidien d’accouchements serait passé d’environ dix avant l’intensification des combats à cinq.

Le manque de carburant empêche également plusieurs incubateurs de fonctionner, tandis que l’insécurité et le coût élevé des déplacements compliquent l’accès à l’hôpital pour les patientes comme pour les soignants.

Les sages-femmes soutenues par l’agence onusienne signalent une augmentation des fausses couches et des accouchements non sécurisés, particulièrement dans les secteurs les plus touchés par les affrontements.

L’UNFPA avertit que l’établissement principal pourrait lui-même fermer si les restrictions d’accès ne sont pas levées rapidement.

La malnutrition aggrave les risques pour les femmes enceintes

À l’insécurité s’ajoutent les pénuries alimentaires. Selon l’UNFPA, certaines femmes enceintes ne disposent plus que de thé, de pain ou de riz pour se nourrir. La malnutrition et les difficultés d’accès à l’eau potable accentuent les inquiétudes concernant leur santé et celle des nouveau-nés.

Plus de 800 000 personnes dans la région de Taïz et ses environs seraient également privées d’aide alimentaire depuis le début du mois d’octobre, selon le Programme alimentaire mondial.

Les restrictions affectent par ailleurs les services essentiels destinés aux femmes et aux filles en âge de procréer : environ 147 000 d’entre elles auraient vu leur accès aux soins compromis dans la région.

Face à cette situation, l’UNFPA appelle à la levée des restrictions et à la mise en place d’un accès humanitaire sûr et durable.

L’agence souligne que les besoins des femmes et des filles ne peuvent être relégués au second plan dans un contexte de conflit, alors que les soins obstétricaux peuvent faire la différence entre la vie et la mort.




Salma Chmanti Houari
J'aime écrire sur tout ce qui nourrit la curiosité et ouvre le regard sur le monde. Si ma plume... En savoir plus sur cet auteur
Mercredi 4 Novembre 2026