Tout pourrait commencer par un détour. Un passage au parc de la Ligue arabe, une halte devant le Sacré-Cœur, une soirée de théâtre qui se prolonge dans une conversation. Pendant quatre jours, Casablanca sera invitée à emprunter d’autres chemins : ceux des corps qui racontent, des voix qui transmettent et des œuvres qui déplacent nos habitudes de spectateurs.
Du 2 au 5 décembre 2026, Dérive casablancaise revient pour une troisième édition
Son nom arabe, « Mounaataf », renvoie, selon ses organisatrices, à l’endroit où le chemin bifurque. Une belle manière de dire ce que cette manifestation cherche à provoquer : un changement de direction, même discret, dans notre façon de regarder le monde et d’habiter la ville.
Car derrière la diversité des disciplines annoncées se dessine un projet précis. Faire de la rencontre artistique un espace où l’on prend le temps d’affronter les questions que l’actualité, dans son accélération permanente, laisse souvent derrière elle.
Quand l’Histoire traverse les corps
Cette édition se construit sur un présent traversé par les guerres, les violences économiques et sociales, la destruction des territoires et l’effacement des mémoires. L’équipe artistique revendique une programmation attentive à ces fractures et aux récits qu’elles rendent parfois inaudibles.
Le fil conducteur sera donc le rapport des artistes à l’Histoire. Une histoire qui continue de vivre dans les gestes, les archives, les images, les sons et les silences. Que reste-t-il d’un événement dans un corps ? Comment transmettre une mémoire menacée ? Quels récits permettent encore de construire du commun ?
Dérive casablancaise entend poser ces questions à travers des œuvres de générations et de parcours différents.
Premières propositions, créations récentes, pièces plus anciennes et formes encore en fabrication pourront y coexister. Le choix est celui d’une circulation entre les démarches, avec une place laissée aux processus et à la discussion.
Aux commandes de ce cheminement collectif, trois professionnelles réunissent leurs expériences : Meryem Jazouli, directrice artistique, chorégraphe, danseuse et initiatrice de Dérive ; Dounia Benslimane, directrice de production et manager de projets culturels ; et Danya Hammoud, co-programmatrice, chorégraphe, danseuse et réalisatrice.
Une ville à parcourir, des scènes à découvrir
Le pré-programme ci-dessus donne déjà quelques rendez-vous autour desquels organiser sa découverte.
La danse devrait ouvrir la manifestation le mercredi 2 décembre à 17 heures, au parc de la Ligue arabe, avec Ciel, du chorégraphe et danseur Jordi Gali, associé à l’Espagne et à la France. Une seconde présentation est prévue au même endroit le samedi 5 décembre à 16 h 30. Deux occasions de rencontrer cette proposition dans un espace public, au contact de la ville.
Le jeudi 3 décembre, le théâtre et la danse se succéderaient. À 19 heures, l’annexe du Sacré-Cœur accueillerait Chapitre 4, de Wael Kaddour, artiste syrien installé en France. Puis, à 21 heures, La Coupole recevrait Chettah, du chorégraphe et danseur marocain Bilal Elhad.
Le vendredi 4 décembre, le parcours annoncé commencerait à 19 heures sur l’esplanade du Sacré-Cœur, avec Autotherapy, de Mackenzy Bergile, dont le parcours relie Haïti et la France. À 21 heures, place au théâtre à l’Institut français de Casablanca, avec Silence, ça tourne, de la comédienne et metteuse en scène libanaise Chrystèle Khodr.
Enfin, le samedi 5 décembre à 21 heures, l’Institut français accueillerait le groupe Dwarfs of East Agouza, annoncé dans le volet musical consacré à l’Égypte. Le trio réunit Maurice Louca, Osama Shalabi et Alan Bishop.
Ces dates, horaires et lieux appartiennent encore à un pré-programme soumis à confirmation. Ils dessinent néanmoins l’allure de cette troisième édition : plusieurs disciplines, plusieurs espaces et une invitation à passer d’une œuvre à l’autre.
Des films, des lectures et des lettres
D’autres propositions viendront élargir ce parcours.
Le volet cinéma prévoit une programmation de films des artistes Oraib Toukan et Taysir Batniji. La sélection détaillée, les horaires et les lieux de projection restent à préciser.
La littérature et la poésie auront également leur place avec des lectures de la dramaturge palestinienne Khulood Bassel. Des « Lectures électriques » sont annoncées avec Soukaina Habiballah, poétesse et comédienne marocaine, ainsi que Laurie Bellanca et Benjamin Chaval, autour de la performance et de la création sonore.
Une exposition intitulée « Lettres à Dérive » figure aussi au pré-programme. Son contenu et ses modalités de présentation ne sont pas encore détaillés.
La note artistique mentionne par ailleurs la présence de la photographe et vidéaste Camille Lorin, ainsi que du scénographe et metteur en scène Nadim Deaibes. Leurs contributions précises restent à découvrir dans la programmation définitive.
Le spectacle continue dans la conversation
Pour Dérive casablancaise, la rencontre ne s’arrête pas lorsque la représentation se termine.
Des ateliers de danse, de théâtre, de poésie ou de cinéma sont envisagés avec des associations socioculturelles de Casablanca. Le projet prévoit aussi des rencontres entre artistes, des discussions animées par une modératrice et des échanges entre programmateurs et programmatrices.
Parmi les personnalités pressenties pour ces conversations figurent notamment l’écrivain et curateur Omar Berrada, l’architecte Karim Roussi, la chercheuse Maud Houssais, l’illustratrice Aïcha El Beloui, la vidéaste Randa Maaroufi, ainsi que Laila Hida, Younes Atbane, Maria Daïf, Soumia Idba et Soukaina Aboulaoula. Leur participation demeure en cours de confirmation.
Cet espace professionnel compte dans l’identité de la biennale. Il permet aux œuvres de rencontrer des publics, mais aussi aux artistes de confronter leurs pratiques, de nouer des relations et de prolonger leurs recherches.
Casablanca comme terrain de rencontre
La géographie envisagée dépasse les seuls lieux déjà associés aux spectacles.
L’Espace Rue de Tanger, La Maison de l’Union, le Complexe culturel Zefzaf, l’École des Beaux-Arts de Casablanca, le Musée Slaoui, Dar Al Kitab, Dar El Bacha, les immeubles Assayag et Liberté, ainsi que Comment dire et Sinyia Research Center, figurent parmi les espaces pressentis. À l’Institut français, le Théâtre 121 et l’Espace Campus sont également mentionnés.
Cette implantation reste à confirmer. Elle traduit toutefois une ambition : inscrire la manifestation dans plusieurs lieux de Casablanca et multiplier les occasions de rencontre avec ses habitants.
Une histoire commencée en 2022
Dérive casablancaise est née du désir de donner un écho, à Casablanca, aux Rencontres des Arts de la Scène en Méditerranée, initiées en 2018 par le Théâtre des 13 Vents, Centre dramatique national de Montpellier.
Sa première édition, en 2022, avait réuni pendant cinq jours des artistes et des publics autour du théâtre, de la danse, de la musique, du cinéma et de la poésie. En 2024, la deuxième édition avait porté une attention particulière aux créations marocaine, libanaise et palestinienne.
Selon le bilan de l’organisation, cette précédente édition avait rassemblé 1 400 spectateurs et participants, accueilli 30 artistes et praticiens, et investi sept lieux culturels, entre spectacles, projections, ateliers et rencontres professionnelles.
La manifestation est portée par l’association Les Rencontres de la Danse, AR2D, créée en 2002. Engagée dans le développement de la danse contemporaine au Maroc, elle œuvre à la diffusion des créations marocaines et à la sensibilisation des publics. Elle avait notamment assuré la gestion de l’Espace Darja, de 2011 à sa fermeture en 2018, avant de lancer Dérive casablancaise en 2022.
Ce qu’il faut savoir avant de venir
La troisième édition est annoncée du mercredi 2 au samedi 5 décembre 2026, à Casablanca. À ce stade, les tarifs, les modalités de réservation, les conditions d’accès aux spectacles et les inscriptions aux ateliers ne sont pas précisés. Le calendrier définitif devra également confirmer les lieux et les participations annoncés.
Pour les renseignements, deux contacts sont communiqués :
- Meryem Jazouli, direction artistique : darja.ar2d@gmail.com — +212 6 63 05 23 22.
- Dounia Benslimane, production : benslimanedounia@gmail.com — +212 6 61 16 57 22.
En décembre, Dérive casablancaise proposera ainsi de prendre un peu de temps sur le rythme de la ville. Pour regarder une œuvre, écouter une voix, suivre un geste. Et peut-être repartir avec une question que l’on n’avait pas en arrivant.
Du 2 au 5 décembre 2026, Dérive casablancaise revient pour une troisième édition
Son nom arabe, « Mounaataf », renvoie, selon ses organisatrices, à l’endroit où le chemin bifurque. Une belle manière de dire ce que cette manifestation cherche à provoquer : un changement de direction, même discret, dans notre façon de regarder le monde et d’habiter la ville.
Car derrière la diversité des disciplines annoncées se dessine un projet précis. Faire de la rencontre artistique un espace où l’on prend le temps d’affronter les questions que l’actualité, dans son accélération permanente, laisse souvent derrière elle.
Quand l’Histoire traverse les corps
Cette édition se construit sur un présent traversé par les guerres, les violences économiques et sociales, la destruction des territoires et l’effacement des mémoires. L’équipe artistique revendique une programmation attentive à ces fractures et aux récits qu’elles rendent parfois inaudibles.
Le fil conducteur sera donc le rapport des artistes à l’Histoire. Une histoire qui continue de vivre dans les gestes, les archives, les images, les sons et les silences. Que reste-t-il d’un événement dans un corps ? Comment transmettre une mémoire menacée ? Quels récits permettent encore de construire du commun ?
Dérive casablancaise entend poser ces questions à travers des œuvres de générations et de parcours différents.
Premières propositions, créations récentes, pièces plus anciennes et formes encore en fabrication pourront y coexister. Le choix est celui d’une circulation entre les démarches, avec une place laissée aux processus et à la discussion.
Aux commandes de ce cheminement collectif, trois professionnelles réunissent leurs expériences : Meryem Jazouli, directrice artistique, chorégraphe, danseuse et initiatrice de Dérive ; Dounia Benslimane, directrice de production et manager de projets culturels ; et Danya Hammoud, co-programmatrice, chorégraphe, danseuse et réalisatrice.
Une ville à parcourir, des scènes à découvrir
Le pré-programme ci-dessus donne déjà quelques rendez-vous autour desquels organiser sa découverte.
La danse devrait ouvrir la manifestation le mercredi 2 décembre à 17 heures, au parc de la Ligue arabe, avec Ciel, du chorégraphe et danseur Jordi Gali, associé à l’Espagne et à la France. Une seconde présentation est prévue au même endroit le samedi 5 décembre à 16 h 30. Deux occasions de rencontrer cette proposition dans un espace public, au contact de la ville.
Le jeudi 3 décembre, le théâtre et la danse se succéderaient. À 19 heures, l’annexe du Sacré-Cœur accueillerait Chapitre 4, de Wael Kaddour, artiste syrien installé en France. Puis, à 21 heures, La Coupole recevrait Chettah, du chorégraphe et danseur marocain Bilal Elhad.
Le vendredi 4 décembre, le parcours annoncé commencerait à 19 heures sur l’esplanade du Sacré-Cœur, avec Autotherapy, de Mackenzy Bergile, dont le parcours relie Haïti et la France. À 21 heures, place au théâtre à l’Institut français de Casablanca, avec Silence, ça tourne, de la comédienne et metteuse en scène libanaise Chrystèle Khodr.
Enfin, le samedi 5 décembre à 21 heures, l’Institut français accueillerait le groupe Dwarfs of East Agouza, annoncé dans le volet musical consacré à l’Égypte. Le trio réunit Maurice Louca, Osama Shalabi et Alan Bishop.
Ces dates, horaires et lieux appartiennent encore à un pré-programme soumis à confirmation. Ils dessinent néanmoins l’allure de cette troisième édition : plusieurs disciplines, plusieurs espaces et une invitation à passer d’une œuvre à l’autre.
Des films, des lectures et des lettres
D’autres propositions viendront élargir ce parcours.
Le volet cinéma prévoit une programmation de films des artistes Oraib Toukan et Taysir Batniji. La sélection détaillée, les horaires et les lieux de projection restent à préciser.
La littérature et la poésie auront également leur place avec des lectures de la dramaturge palestinienne Khulood Bassel. Des « Lectures électriques » sont annoncées avec Soukaina Habiballah, poétesse et comédienne marocaine, ainsi que Laurie Bellanca et Benjamin Chaval, autour de la performance et de la création sonore.
Une exposition intitulée « Lettres à Dérive » figure aussi au pré-programme. Son contenu et ses modalités de présentation ne sont pas encore détaillés.
La note artistique mentionne par ailleurs la présence de la photographe et vidéaste Camille Lorin, ainsi que du scénographe et metteur en scène Nadim Deaibes. Leurs contributions précises restent à découvrir dans la programmation définitive.
Le spectacle continue dans la conversation
Pour Dérive casablancaise, la rencontre ne s’arrête pas lorsque la représentation se termine.
Des ateliers de danse, de théâtre, de poésie ou de cinéma sont envisagés avec des associations socioculturelles de Casablanca. Le projet prévoit aussi des rencontres entre artistes, des discussions animées par une modératrice et des échanges entre programmateurs et programmatrices.
Parmi les personnalités pressenties pour ces conversations figurent notamment l’écrivain et curateur Omar Berrada, l’architecte Karim Roussi, la chercheuse Maud Houssais, l’illustratrice Aïcha El Beloui, la vidéaste Randa Maaroufi, ainsi que Laila Hida, Younes Atbane, Maria Daïf, Soumia Idba et Soukaina Aboulaoula. Leur participation demeure en cours de confirmation.
Cet espace professionnel compte dans l’identité de la biennale. Il permet aux œuvres de rencontrer des publics, mais aussi aux artistes de confronter leurs pratiques, de nouer des relations et de prolonger leurs recherches.
Casablanca comme terrain de rencontre
La géographie envisagée dépasse les seuls lieux déjà associés aux spectacles.
L’Espace Rue de Tanger, La Maison de l’Union, le Complexe culturel Zefzaf, l’École des Beaux-Arts de Casablanca, le Musée Slaoui, Dar Al Kitab, Dar El Bacha, les immeubles Assayag et Liberté, ainsi que Comment dire et Sinyia Research Center, figurent parmi les espaces pressentis. À l’Institut français, le Théâtre 121 et l’Espace Campus sont également mentionnés.
Cette implantation reste à confirmer. Elle traduit toutefois une ambition : inscrire la manifestation dans plusieurs lieux de Casablanca et multiplier les occasions de rencontre avec ses habitants.
Une histoire commencée en 2022
Dérive casablancaise est née du désir de donner un écho, à Casablanca, aux Rencontres des Arts de la Scène en Méditerranée, initiées en 2018 par le Théâtre des 13 Vents, Centre dramatique national de Montpellier.
Sa première édition, en 2022, avait réuni pendant cinq jours des artistes et des publics autour du théâtre, de la danse, de la musique, du cinéma et de la poésie. En 2024, la deuxième édition avait porté une attention particulière aux créations marocaine, libanaise et palestinienne.
Selon le bilan de l’organisation, cette précédente édition avait rassemblé 1 400 spectateurs et participants, accueilli 30 artistes et praticiens, et investi sept lieux culturels, entre spectacles, projections, ateliers et rencontres professionnelles.
La manifestation est portée par l’association Les Rencontres de la Danse, AR2D, créée en 2002. Engagée dans le développement de la danse contemporaine au Maroc, elle œuvre à la diffusion des créations marocaines et à la sensibilisation des publics. Elle avait notamment assuré la gestion de l’Espace Darja, de 2011 à sa fermeture en 2018, avant de lancer Dérive casablancaise en 2022.
Ce qu’il faut savoir avant de venir
La troisième édition est annoncée du mercredi 2 au samedi 5 décembre 2026, à Casablanca. À ce stade, les tarifs, les modalités de réservation, les conditions d’accès aux spectacles et les inscriptions aux ateliers ne sont pas précisés. Le calendrier définitif devra également confirmer les lieux et les participations annoncés.
Pour les renseignements, deux contacts sont communiqués :
- Meryem Jazouli, direction artistique : darja.ar2d@gmail.com — +212 6 63 05 23 22.
- Dounia Benslimane, production : benslimanedounia@gmail.com — +212 6 61 16 57 22.
En décembre, Dérive casablancaise proposera ainsi de prendre un peu de temps sur le rythme de la ville. Pour regarder une œuvre, écouter une voix, suivre un geste. Et peut-être repartir avec une question que l’on n’avait pas en arrivant.
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