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Recettes fiscales : un excédent budgétaire de 6,5 MMDH à fin mars 2026


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mardi 14 Avril 2026

Soutenu par une progression soutenue des recettes fiscales et une gestion relativement maîtrisée des dépenses publiques, le Trésor affiche un excédent budgétaire de 6,5 milliards de dirhams à fin mars 2026. Une performance encourageante, à analyser toutefois avec lucidité.



Recettes fiscales : un excédent budgétaire de 6,5 MMDH à fin mars 2026

À fin mars 2026, les finances publiques dégagent un signal plutôt positif. Le Trésor enregistre un excédent budgétaire de 6,5 MMDH, en amélioration par rapport aux 5,9 MMDH observés à la même période un an plus tôt. Derrière cette progression, un facteur clé : la bonne tenue des recettes fiscales.
 

Celles-ci poursuivent leur montée en puissance. Les recettes ordinaires brutes atteignent 123,42 MMDH, en hausse de 8,3% sur un an. Dans le détail, les impôts directs progressent de 9,8%, portés notamment par une meilleure mobilisation des ressources. Les impôts indirects suivent une trajectoire similaire (+9,3%), tandis que les droits d’enregistrement et de timbre enregistrent une hausse de 9,6%. À l’inverse, les droits de douane reculent de 2,1% et les recettes non fiscales fléchissent légèrement de 1,8%, rappelant que la dynamique reste contrastée selon les sources.
 

Face à cette progression des recettes, les dépenses publiques évoluent de manière plus contenue. Les dépenses ordinaires s’établissent à 108,33 MMDH, en hausse de 4,9%. Cette augmentation reste maîtrisée, même si certains postes suscitent davantage d’attention. Les charges en intérêts de la dette grimpent de 8,7%, signe d’un contexte financier plus exigeant. À l’inverse, les dépenses de biens et services n’augmentent que de 1,9%, tandis que les remboursements et restitutions fiscaux reculent de 1,4%.
 

Ce différentiel entre recettes et dépenses permet au solde ordinaire de s’améliorer sensiblement. Il atteint 15,09 MMDH, contre 10,7 MMDH un an auparavant. Une évolution qui contribue directement à la consolidation de l’excédent budgétaire global.
 

Mais ce dernier ne repose pas uniquement sur le budget général. Les comptes spéciaux du Trésor (CST) jouent un rôle déterminant. Leurs recettes s’élèvent à 67,7 MMDH, pour des dépenses de 47,3 MMDH, dégageant ainsi un solde positif de 20,4 MMDH. Les services de l’État gérés de manière autonome (SEGMA) affichent également une progression de leurs recettes, atteignant 737 MDH contre 608 MDH un an plus tôt.
 

Dans le même temps, les dépenses du budget général continuent d’augmenter, atteignant 151,96 MMDH (+6%). Cette évolution s’explique par la hausse des dépenses de fonctionnement (+4,5%), des investissements publics (+6,4%) et des charges liées à la dette budgétisée (+11,7%). Un équilibre délicat se dessine : soutenir l’investissement tout en gardant le cap sur la soutenabilité budgétaire.


Au fond, cet excédent budgétaire traduit une gestion globalement rigoureuse, mais encore dépendante de plusieurs équilibres fragiles. La trajectoire reste encourageante, à condition de maintenir cet effort dans la durée. Car derrière les chiffres, c’est bien la capacité à financer le développement économique et social qui se joue.





Mardi 14 Avril 2026