100.000 véhicules électriques par an, d’ici deux à trois années


Rédigé par le Lundi 12 Septembre 2022

Le Maroc va doubler sa production de voitures électriques en deux ans



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L’industrie automobile, second secteur le plus important au Maroc après l’agriculture, prévoit d’atteindre une capacité de production annuelle d’environ un million de voitures électriques dans les années à venir.

Pour l’heure, on ambitionne d’atteindre une capacité de production de voitures électriques de 100.000 véhicules par an, d’ici deux à trois années, doublant ainsi la production actuelle a indiqué le ministre marocain de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour.

C’est que le Maroc se veut dorénavant, la plaque tournante mondiale de la fabrication de véhicules électriques dont la plupart seront exportés, principalement vers l’UE tout en encourageant la demande intérieure qui brille de sa timidité. En effet, celle-ci ne représentant pas plus de 4% des ventes totales de voitures au Maroc.

Au cours du premier semestre de l’année, 83.831 voitures électriques ont été vendues. On attribue ce phénomène à la faiblesse de l’infrastructure de chargement et l’Exécutif  envisage d’élaborer un plan visant à renforcer les points de recharge afin de stimuler la demande intérieure de véhicules électriques.

Par ailleurs, le Royaume devra sécuriser l’approvisionnement en batteries, indispensable pour ce type de véhicule.

« Cet objectif peut être atteint avec les capacités industrielles actuelles, sans tenir compte des futurs investissements étrangers », avait déclaré Mezzour, à Asharq Business.

A cette fin, le ministère de l’Industrie et du Commerce avait annoncé en juillet dernier qu’il négociait avec les fabricants de batteries pour construire une giga-usine avant la fin de 2022.

Cette installation donnera une impulsion majeure au secteur automobile et facilitera le passage aux voitures électriques pour réduire les émissions de carbone.

Le Maroc s’est engagé dans ce projet, non seulement en raison des bénéfices à en tirer, mais aussi en raison de ses réserves de cobalt, un élément essentiel pour la fabrication des batteries électriques.

Le Royaume, extrait du cobalt depuis 1930, est l’un des cinq plus grands producteurs mondiaux de ce matériau, selon les données de la société Managem recueillies par Asharq Business.

L’entreprise est également impliquée dans la production de voitures électriques, puisqu’elle a signé en juin un accord avec Renault en vertu duquel l’entreprise française achètera du sulfate de cobalt pour la production de batteries.

Une autre entreprise dans ce domaine est la société franco-italienne STMicroelectronics, spécialisée dans la fabrication de produits électroniques et de semi-conducteurs

.Cet été, elle a inauguré dans son usine de Bouskoura une nouvelle ligne de production dédiée aux éléments utilisés dans les voitures électriques, notamment les puces de nouvelle génération.

A la fin du mois de juillet, le secteur automobile avait déjà un chiffre d’affaires d’environ 5,6 milliards de dollars, selon le média arabe. Le Royaume abrite également des usines Renault et Stallantis qui produisent environ 700 000 voitures par an, dont 50.000 sont électriques.

La plupart des véhicules produits au Maroc sont exportés à l’étranger, notamment vers les pays de l’UE, où il a été récemment convenu d’interdire la vente de voitures à moteur à combustion interne à partir de 2035.

Depuis 2017, le Royaume est le premier constructeur automobile en Afrique et se positionne en 2021 comme le deuxième exportateur de ce produit vers l’Europe.

Les progrès technologiques et le souci d’un avenir plus vert ont conduit à la recherche d’options plus durables telles que les voitures électriques, que le Royaume commence à commercialiser en se préparant à faire les premiers pas dans la production de masse de ces véhicules.

Par ailleurs , le Maroc a annoncé également  la construction de la première usine de batteries électriques du pays qui sera située dans la région de Casablanca, où elle sera en mesure d’exporter ses produits au niveau national et international.

Le projet dispose d’un budget de plus de 75 millions de dirhams.

Le Maroc, affiche ainsi son ambition de  devenir l’un des rares pays capables de produire ce type de produits.

Cela est possible grâce à l'énorme potentiel en ressources minérales que la géographie du Royaume possède notamment des gisements de cobalt, de fluor et de phosphate, qui, entre autres matériaux, sont essentiels à la production et à la conception de batteries électriques. 

Un potentiel qui n' a pas valu au Royaume que des amis, suscitant des convoitises qui expliquent les récents soubresauts diplomatiques et stratégiques  de certains pays par rapport à la question de l'intégrité territoriale et à la souveraineté du Maroc sur son Sahara ! 

L’importante production d’automobiles d’origine marocaine est assez abondante, et pourrait positionner le Maroc comme un nouveau hub. Actuellement, les pays asiatiques sont les leaders mondiaux de la production de ces véhicules, mais le Royaume pourrait très prochainement les  concurrencer , voire même les surpasser .

Juste une dernière question : pourquoi l'expert marocain et de surcroît inventeur de la batterie au Lithium, Mr Rachid Elyazami n'a-t-il pas été sollicité pour contribuer avec son expertise, à l'élaboration de l'usine de production de batteries électriques !? Il en restera toujours quelque chose.

Avec ​Hespress




Hafid Fassi Fihri est un journaliste atypique , un personnage hors-normes . Ce qu'il affectionne, le… En savoir plus sur cet auteur
Lundi 12 Septembre 2022
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