Pendant un siècle, la voiture était d'abord un objet mécanique : moteur, transmission, châssis, suspensions, roues. Puis l'électronique est arrivée. Et maintenant le logiciel commence à manger la voiture.
L'annonce faite le 17 septembre par Lucid et Bolt illustre ce basculement.
Les deux groupes ont conclu un partenariat visant le déploiement d'au moins 25.000 véhicules autonomes Lucid dans plusieurs villes et pays européens. Bolt affiche plus largement l'ambition de compter 100.000 véhicules autonomes sur sa plateforme en 2035.
Les véhicules doivent être développés à partir de la future plateforme Midsize de Lucid et utiliser Nvidia Hyperion.
L'annonce faite le 17 septembre par Lucid et Bolt illustre ce basculement.
Les deux groupes ont conclu un partenariat visant le déploiement d'au moins 25.000 véhicules autonomes Lucid dans plusieurs villes et pays européens. Bolt affiche plus largement l'ambition de compter 100.000 véhicules autonomes sur sa plateforme en 2035.
Les véhicules doivent être développés à partir de la future plateforme Midsize de Lucid et utiliser Nvidia Hyperion.
25.000 robotaxis ne vont pas arriver demain matin
Précision importante. L'annonce porte sur un programme de développement et de déploiement.
Les véhicules devront encore franchir les étapes technologiques, réglementaires et opérationnelles nécessaires. Le niveau visé est le SAE Level 4, c'est-à-dire une conduite autonome capable de fonctionner sans intervention humaine dans un domaine d'utilisation déterminé.
Cela ne signifie donc pas une voiture capable de conduire partout, sous toutes les conditions et sur n'importe quelle route européenne.
Mais l'échelle annoncée mérite l'attention. Nous ne parlons plus de dix prototypes tournant autour d'un centre de recherche. Nous parlons d'une ambition industrielle portant sur des dizaines de milliers de véhicules.
Les véhicules devront encore franchir les étapes technologiques, réglementaires et opérationnelles nécessaires. Le niveau visé est le SAE Level 4, c'est-à-dire une conduite autonome capable de fonctionner sans intervention humaine dans un domaine d'utilisation déterminé.
Cela ne signifie donc pas une voiture capable de conduire partout, sous toutes les conditions et sur n'importe quelle route européenne.
Mais l'échelle annoncée mérite l'attention. Nous ne parlons plus de dix prototypes tournant autour d'un centre de recherche. Nous parlons d'une ambition industrielle portant sur des dizaines de milliers de véhicules.
La voiture devient un data center sur roues
Que faut-il pour qu'une automobile conduise presque seule ?
Des caméras, des radars, éventuellement d'autres capteurs, des cartes, des systèmes de localisation, du calcul, des logiciels, des modèles d'intelligence artificielle, des systèmes de sécurité, des infrastructures permettant de superviser la flotte et énormément de données.
La valeur d'une automobile se déplace donc progressivement. La tôle reste indispensable. Mais elle ne suffit plus.
Des caméras, des radars, éventuellement d'autres capteurs, des cartes, des systèmes de localisation, du calcul, des logiciels, des modèles d'intelligence artificielle, des systèmes de sécurité, des infrastructures permettant de superviser la flotte et énormément de données.
La valeur d'une automobile se déplace donc progressivement. La tôle reste indispensable. Mais elle ne suffit plus.
Le Maroc a réussi la première révolution automobile
Le Royaume possède désormais un véritable écosystème automobile : assemblage, équipementiers, câblage, composants, logistique, formation et exportation.
Ce succès industriel doit être préservé. Mais la prochaine révolution automobile pourrait déplacer une partie importante de la valeur vers des métiers où le Maroc est encore en construction : logiciel embarqué, intelligence artificielle, cybersécurité automobile, validation, traitement des données, cartographie, simulation, supervision de flottes autonomes et électronique avancée.
Ce succès industriel doit être préservé. Mais la prochaine révolution automobile pourrait déplacer une partie importante de la valeur vers des métiers où le Maroc est encore en construction : logiciel embarqué, intelligence artificielle, cybersécurité automobile, validation, traitement des données, cartographie, simulation, supervision de flottes autonomes et électronique avancée.
Fabriquer la voiture ou fabriquer ce qui la fait décider ?
C'est probablement la question stratégique.
Une automobile autonome doit continuellement décider : freiner ou continuer, dépasser ou attendre, reconnaître un piéton, interpréter une signalisation, détecter une anomalie, choisir une trajectoire.
Toutes ces décisions sont transformées en logiciel.
Or plus la valeur automobile devient logicielle, plus la concurrence industrielle change de nature.Il ne suffit plus d'attirer une usine. Il faut également attirer les ingénieurs qui développent ce que l'usine installe.
Une automobile autonome doit continuellement décider : freiner ou continuer, dépasser ou attendre, reconnaître un piéton, interpréter une signalisation, détecter une anomalie, choisir une trajectoire.
Toutes ces décisions sont transformées en logiciel.
Or plus la valeur automobile devient logicielle, plus la concurrence industrielle change de nature.Il ne suffit plus d'attirer une usine. Il faut également attirer les ingénieurs qui développent ce que l'usine installe.
Une opportunité pour les ingénieurs marocains
Le Maroc ne part pas de zéro. L'écosystème automobile existant constitue précisément un avantage.
Les ingénieurs logiciels peuvent travailler au contact des industriels. Les universités et écoles d'ingénieurs peuvent créer des cursus spécialisés. Les équipementiers peuvent progressivement intégrer davantage d'électronique et de logiciel. Des centres de validation pourraient tester certains systèmes. Des start-up pourraient développer des briques technologiques.
L'objectif ne devrait probablement pas être de construire immédiatement un « Waymo marocain ». Il devrait être plus pragmatique : prendre progressivement une part plus importante de la chaîne de valeur du véhicule intelligent.
Les ingénieurs logiciels peuvent travailler au contact des industriels. Les universités et écoles d'ingénieurs peuvent créer des cursus spécialisés. Les équipementiers peuvent progressivement intégrer davantage d'électronique et de logiciel. Des centres de validation pourraient tester certains systèmes. Des start-up pourraient développer des briques technologiques.
L'objectif ne devrait probablement pas être de construire immédiatement un « Waymo marocain ». Il devrait être plus pragmatique : prendre progressivement une part plus importante de la chaîne de valeur du véhicule intelligent.
Après "Made in Morocco", "Coded in Morocco" ?
Le partenariat Lucid-Bolt ne garantit évidemment aucun marché au Maroc. Mais il donne une indication sur la direction prise par l'industrie.
Nous avons réussi à devenir un pays où l'on fabrique une partie de la voiture européenne. La prochaine ambition pourrait être plus difficile : devenir aussi un pays où l'on programme une partie de son intelligence.
Nous avons réussi à devenir un pays où l'on fabrique une partie de la voiture européenne. La prochaine ambition pourrait être plus difficile : devenir aussi un pays où l'on programme une partie de son intelligence.