L’histoire est spectaculaire : les Émirats arabes unis offriraient au Maroc 30 Mirage 2000-9.
L'investigation est plus nuancée. Le projet de transfert est bien étayé, le feu vert français est rapporté par plusieurs sources et Africa Intelligence considère même l’accord entre Rabat et Abou Dhabi comme suffisamment avancé pour parler d’un « rachat ». En revanche, ni la gratuité de l’opération ni son calendrier de livraison ne sont publiquement établis.
Trente Mirage 2000-9 pour le Maroc ? À ce stade, la question n’est plus tout à fait de savoir si le dossier existe. Elle est de savoir dans quelles conditions ces avions changeront effectivement de propriétaire.
Le 9 avril 2026, Africa Intelligence a apporté l’élément documentaire le plus récent et probablement le plus important du dossier. Selon cette publication spécialisée, Paris a validé depuis 2024 le rachat par le Maroc aux Émirats arabes unis de plusieurs dizaines de chasseurs Mirage 2000-9 construits par Dassault Aviation. La recrudescence des conflits au Moyen-Orient aurait toutefois retardé l’exécution de l’accord entre Rabat et Abou Dhabi.
Cette formulation mérite attention. Elle parle de « rachat », là où plusieurs médias marocains et étrangers évoquent depuis plusieurs années un don ou une cession gratuite.
La différence n’est pas sémantique. Un don militaire, un achat d’occasion à prix négocié et une cession assortie de contreparties ne relèvent ni des mêmes mécanismes financiers ni de la même lecture diplomatique. En l’absence de communication officielle détaillant les conditions économiques de l’opération, affirmer que les 30 appareils seraient offerts gratuitement au Maroc serait donc prématuré.
Le chiffre de 30 avions est néanmoins récurrent. Il était déjà avancé en 2024 lorsque La Razón et plusieurs médias marocains avaient annoncé un accord français pour leur transfert. À l’époque, Le Desk avait tempéré ces informations, assurant que la cession était encore « loin d’être actée ». AeroTime relevait également qu’aucune confirmation officielle n’avait été publiée.
Deux ans plus tard, le dossier semble avoir avancé : Africa Intelligence ne parle plus de simples discussions, mais d’un accord dont la mise en œuvre serait retardée.
Trente Mirage 2000-9 pour le Maroc ? À ce stade, la question n’est plus tout à fait de savoir si le dossier existe. Elle est de savoir dans quelles conditions ces avions changeront effectivement de propriétaire.
Le 9 avril 2026, Africa Intelligence a apporté l’élément documentaire le plus récent et probablement le plus important du dossier. Selon cette publication spécialisée, Paris a validé depuis 2024 le rachat par le Maroc aux Émirats arabes unis de plusieurs dizaines de chasseurs Mirage 2000-9 construits par Dassault Aviation. La recrudescence des conflits au Moyen-Orient aurait toutefois retardé l’exécution de l’accord entre Rabat et Abou Dhabi.
Cette formulation mérite attention. Elle parle de « rachat », là où plusieurs médias marocains et étrangers évoquent depuis plusieurs années un don ou une cession gratuite.
La différence n’est pas sémantique. Un don militaire, un achat d’occasion à prix négocié et une cession assortie de contreparties ne relèvent ni des mêmes mécanismes financiers ni de la même lecture diplomatique. En l’absence de communication officielle détaillant les conditions économiques de l’opération, affirmer que les 30 appareils seraient offerts gratuitement au Maroc serait donc prématuré.
Le chiffre de 30 avions est néanmoins récurrent. Il était déjà avancé en 2024 lorsque La Razón et plusieurs médias marocains avaient annoncé un accord français pour leur transfert. À l’époque, Le Desk avait tempéré ces informations, assurant que la cession était encore « loin d’être actée ». AeroTime relevait également qu’aucune confirmation officielle n’avait été publiée.
Deux ans plus tard, le dossier semble avoir avancé : Africa Intelligence ne parle plus de simples discussions, mais d’un accord dont la mise en œuvre serait retardée.
Pourquoi attendre ?
Les Émirats remplacent progressivement leur flotte de Mirage par 80 Rafale F4 commandés à la France en 2021. Dassault Aviation a présenté le premier exemplaire destiné à Abou Dhabi le 29 janvier 2025. Contrairement à ce qui est parfois écrit, cette cérémonie ne constituait pas encore une livraison opérationnelle : l'avion devait poursuivre ses essais en France avant les premières livraisons.
Tant que la nouvelle flotte n’est pas suffisamment disponible, Abou Dhabi conserve donc un intérêt militaire évident à maintenir ses Mirage en service, particulièrement dans un contexte régional dégradé.
Pour les Forces Royales Air, trente appareils supplémentaires représenteraient un apport quantitatif conséquent. Le Maroc développe parallèlement sa flotte de F-16 : les États-Unis avaient approuvé en 2019 une vente potentielle de 25 F-16C/D Block 72 ainsi qu’un vaste ensemble d’équipements et d’armements.
Les Mirage ne remplaceraient donc pas les F-16. Ils pourraient fournir une capacité complémentaire et augmenter le nombre d’appareils disponibles pour la défense aérienne et les missions multirôles.
Une inconnue demeure également sur l’armement. Acquérir un avion n’implique pas nécessairement récupérer l’intégralité des missiles et munitions qu’utilisait son précédent propriétaire. Formation des pilotes, maintenance, pièces détachées, potentiel restant des cellules et soutien industriel compteront presque autant que le nombre d’avions.
C’est probablement là que se trouve la véritable histoire. Le Maroc pourrait effectivement récupérer une trentaine de Mirage 2000-9 émiratis. Mais entre « 30 avions offerts » et « 30 avions opérationnels dans les Forces Royales Air », il reste plusieurs lignes contractuelles, techniques et militaires à franchir.
Tant que la nouvelle flotte n’est pas suffisamment disponible, Abou Dhabi conserve donc un intérêt militaire évident à maintenir ses Mirage en service, particulièrement dans un contexte régional dégradé.
Pour les Forces Royales Air, trente appareils supplémentaires représenteraient un apport quantitatif conséquent. Le Maroc développe parallèlement sa flotte de F-16 : les États-Unis avaient approuvé en 2019 une vente potentielle de 25 F-16C/D Block 72 ainsi qu’un vaste ensemble d’équipements et d’armements.
Les Mirage ne remplaceraient donc pas les F-16. Ils pourraient fournir une capacité complémentaire et augmenter le nombre d’appareils disponibles pour la défense aérienne et les missions multirôles.
Une inconnue demeure également sur l’armement. Acquérir un avion n’implique pas nécessairement récupérer l’intégralité des missiles et munitions qu’utilisait son précédent propriétaire. Formation des pilotes, maintenance, pièces détachées, potentiel restant des cellules et soutien industriel compteront presque autant que le nombre d’avions.
C’est probablement là que se trouve la véritable histoire. Le Maroc pourrait effectivement récupérer une trentaine de Mirage 2000-9 émiratis. Mais entre « 30 avions offerts » et « 30 avions opérationnels dans les Forces Royales Air », il reste plusieurs lignes contractuelles, techniques et militaires à franchir.