La cérémonie s’est tenue lundi à Casablanca à l’initiative du ministère de l’Industrie et du Commerce et de la Bourse de Casablanca, avec l’appui de la Confédération générale des entreprises du Maroc et de l’Autorité marocaine du marché des capitaux. Cette première cohorte regroupe 31 entreprises industrielles à fort potentiel opérant dans des secteurs stratégiques, notamment l’agroalimentaire, le pharmaceutique, la chimie-parachimie, l’électricité et la métallurgie.
Pendant plusieurs mois, les entreprises participantes ont suivi un accompagnement intensif combinant sessions collectives, ateliers pratiques et coaching individualisé. Les modules ont porté sur le mindset entrepreneurial et l’ouverture du capital, la stratégie et la gouvernance, le panorama des solutions de financement ainsi que la construction d’une « equity story » crédible pour les investisseurs. Pour certains dirigeants, l’exercice a constitué une véritable introspection stratégique. L’un d’eux confiait, en marge de la cérémonie, que la formalisation des processus internes avait révélé « des marges d’amélioration insoupçonnées ».
La certification marque une transition importante : elle transforme un potentiel souvent latent en capacité concrète d’atteindre de nouveaux paliers de croissance. Mieux structurées et dotées de bonnes pratiques, ces entreprises sont désormais mieux armées pour organiser leur expansion et envisager un financement via le marché des capitaux.
Lancé le 3 octobre 2025, le programme s’inscrit dans une dynamique visant à dynamiser le marché financier national et à renforcer la souveraineté industrielle du Royaume, conformément à la vision stratégique portée par Mohammed VI. Lors de la cérémonie, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a insisté sur l’impératif d’un changement d’échelle. Dans un contexte d’ouverture accrue, les entreprises marocaines doivent renforcer leur structuration pour affronter des marchés plus exigeants.
Selon lui, les expériences réussies d’entrepreneurs confrontés à la concurrence internationale montrent que les entreprises nationales disposent des compétences et de la résilience nécessaires pour s’imposer. L’enjeu dépasse la réussite individuelle : il s’agit de créer durablement de la valeur et de faire émerger des champions nationaux capables d’élargir leur envergure.
Le directeur général de la Bourse de Casablanca, Nasser Seddiqi, a souligné que cette première cohorte ouvre une démarche pérenne, avec le lancement imminent des deuxième et troisième cohortes. Le président du Conseil d’administration de la Bourse, Brahim Benjelloun-Touimi, a rappelé la place centrale de l’entreprise industrielle dans l’ambition de développement du Royaume.
Dans le même esprit, le président de la CGEM, Chakib Alj, a précisé que l’objectif n’est pas de multiplier les introductions en bourse à court terme ni de pousser les entreprises vers des opérations prématurées. L’ambition consiste plutôt à bâtir un pipeline solide d’entreprises prêtes à accéder au marché des capitaux dans des conditions optimales, en renforçant la gouvernance, la fiabilité de l’information financière et la vision à long terme.
Le directeur par intérim du Trésor et des Finances extérieures, Mohamed Tarik Bchir, a rappelé que le développement économique durable repose sur une convergence effective entre action publique, marché financier et engagement du secteur privé. La croissance industrielle ne peut être pérenne sans articulation cohérente entre sphère réelle et sphère financière.
Lors de la cérémonie, l’appel à manifestation d’intérêt pour les deuxième et troisième cohortes a été officiellement lancé, confirmant la volonté d’inscrire cette initiative dans la durée. Au-delà des certificats remis, le message est clair : structurer un tissu industriel robuste et compétitif demeure une priorité nationale.
Dans un environnement international incertain mais riche en opportunités, cette première cohorte illustre une mutation progressive du tissu productif marocain. Des entreprises mieux gouvernées, plus transparentes et ouvertes aux marchés financiers constituent un levier essentiel pour bâtir une industrie nationale solide, inclusive et durable.