Un dispensaire n’est certes pas un CHU.
Il n’en demeure pas moins un établissement de santé.
On y accueille des patients, on y examine des enfants, des femmes enceintes, des personnes âgées, des malades chroniques. On y réalise des soins, des pansements, des injections, des actes de prévention et parfois des gestes nécessitant une hygiène rigoureuse.
L’eau n’y est donc pas un confort. Elle est un outil de soins. Un dispensaire sans eau : comment est-ce possible ? La première question est presque naïve : ce dispensaire est-il raccordé au réseau d’eau potable ?
Si la réponse est non, une deuxième question s’impose : pourquoi ? S’agit-il d’un problème technique ? D’une absence de réseau dans la commune ? D’un défaut de raccordement ? D’une installation défectueuse ? D’une alimentation irrégulière ? D’un problème de paiement ou de maintenance ?
On y accueille des patients, on y examine des enfants, des femmes enceintes, des personnes âgées, des malades chroniques. On y réalise des soins, des pansements, des injections, des actes de prévention et parfois des gestes nécessitant une hygiène rigoureuse.
L’eau n’y est donc pas un confort. Elle est un outil de soins. Un dispensaire sans eau : comment est-ce possible ? La première question est presque naïve : ce dispensaire est-il raccordé au réseau d’eau potable ?
Si la réponse est non, une deuxième question s’impose : pourquoi ? S’agit-il d’un problème technique ? D’une absence de réseau dans la commune ? D’un défaut de raccordement ? D’une installation défectueuse ? D’une alimentation irrégulière ? D’un problème de paiement ou de maintenance ?
Et si le réseau d’eau existe à proximité, pourquoi l’établissement n’y est-il pas raccordé ?
La même interrogation vaut pour l’évacuation des eaux usées. Un établissement de soins peut-il être construit sans que soient préalablement vérifiées ses conditions élémentaires d’alimentation en eau, d’assainissement et d’hygiène ?
Si un dispensaire a été construit ou rénové dans le cadre d’un programme public, la question de la responsabilité devient alors incontournable : qui a réceptionné le bâtiment ?
Qui a vérifié ses équipements ? Qui a attesté qu’il pouvait réellement fonctionner comme structure de soins ? Construire quatre murs, poser une enseigne et installer quelques équipements ne suffit pas à faire fonctionner un service de santé.
Si un dispensaire a été construit ou rénové dans le cadre d’un programme public, la question de la responsabilité devient alors incontournable : qui a réceptionné le bâtiment ?
Qui a vérifié ses équipements ? Qui a attesté qu’il pouvait réellement fonctionner comme structure de soins ? Construire quatre murs, poser une enseigne et installer quelques équipements ne suffit pas à faire fonctionner un service de santé.
Le paradoxe du dispensaire rural.
Il y a même ici un paradoxe assez cruel.
Plus une structure est éloignée d’un grand centre urbain, plus elle est souvent indispensable à la population locale. Le dispensaire rural est précisément celui qui doit éviter à un habitant d’un douar ou d’une commune de parcourir des dizaines de kilomètres pour obtenir un soin élémentaire.
Mais à quoi sert la proximité si les conditions minimales de fonctionnement ne sont pas réunies ? Un dispensaire sans eau risque de devenir une structure de santé… où l’on ne peut pas garantir les conditions élémentaires d’hygiène.
Plus une structure est éloignée d’un grand centre urbain, plus elle est souvent indispensable à la population locale. Le dispensaire rural est précisément celui qui doit éviter à un habitant d’un douar ou d’une commune de parcourir des dizaines de kilomètres pour obtenir un soin élémentaire.
Mais à quoi sert la proximité si les conditions minimales de fonctionnement ne sont pas réunies ? Un dispensaire sans eau risque de devenir une structure de santé… où l’on ne peut pas garantir les conditions élémentaires d’hygiène.
Et les élus dans tout cela ?
Une autre question mérite d’être posée : quel rôle les représentants élus locaux peuvent-ils jouer dans le contrôle de ces services publics de proximité ? Un élu n’a évidemment pas vocation à se substituer au professionnel de santé ou à l’administration sanitaire.
Mais il représente les citoyens et peut légitimement s’interroger sur l’état des services publics implantés dans son territoire. Un dispensaire sans eau devrait-il rester plusieurs mois dans cette situation sans que personne ne demande des comptes ?
Les conseils communaux, les élus locaux et les représentants territoriaux ne pourraient-ils pas intégrer dans leurs visites de terrain quelques indicateurs simples : eau potable, toilettes fonctionnelles, évacuation des eaux usées, hygiène des locaux, électricité, gestion des déchets, accès des patients et état général du bâtiment ?
Il ne s’agit pas d’instaurer une nouvelle bureaucratie.
Il s’agit simplement de regarder ce qui existe réellement sur le terrain.
Mais il représente les citoyens et peut légitimement s’interroger sur l’état des services publics implantés dans son territoire. Un dispensaire sans eau devrait-il rester plusieurs mois dans cette situation sans que personne ne demande des comptes ?
Les conseils communaux, les élus locaux et les représentants territoriaux ne pourraient-ils pas intégrer dans leurs visites de terrain quelques indicateurs simples : eau potable, toilettes fonctionnelles, évacuation des eaux usées, hygiène des locaux, électricité, gestion des déchets, accès des patients et état général du bâtiment ?
Il ne s’agit pas d’instaurer une nouvelle bureaucratie.
Il s’agit simplement de regarder ce qui existe réellement sur le terrain.
L’urgence : ne pas chercher le coupable avant de chercher l’eau.
Le plus important aujourd’hui n’est peut-être pas de savoir qui doit porter la responsabilité historique de cette situation. Le plus urgent est de la corriger.
Chaque dispensaire identifié comme dépourvu d’eau devrait faire l’objet d’un diagnostic technique rapide et individualisé : origine de la défaillance, possibilité de raccordement au réseau, nécessité d’un forage lorsque cela est autorisé et pertinent, installation d’une réserve d’eau sécurisée, solution temporaire d’approvisionnement et mise en conformité de l’assainissement.
Avec, surtout, un délai précis de remise en service des conditions normales d’hygiène.
Car il serait paradoxal de mener de grands chantiers de réforme du système de santé, de parler de digitalisation, de transformation hospitalière, de gouvernance et de territorialisation des soins… tout en laissant certains points de soins primaires chercher leur eau.
Chaque dispensaire identifié comme dépourvu d’eau devrait faire l’objet d’un diagnostic technique rapide et individualisé : origine de la défaillance, possibilité de raccordement au réseau, nécessité d’un forage lorsque cela est autorisé et pertinent, installation d’une réserve d’eau sécurisée, solution temporaire d’approvisionnement et mise en conformité de l’assainissement.
Avec, surtout, un délai précis de remise en service des conditions normales d’hygiène.
Car il serait paradoxal de mener de grands chantiers de réforme du système de santé, de parler de digitalisation, de transformation hospitalière, de gouvernance et de territorialisation des soins… tout en laissant certains points de soins primaires chercher leur eau.
La vraie question n’est donc pas de savoir s’il s’agit d’un hôpital ou d’un dispensaire.
La vraie question est beaucoup plus limpide : Peut-on accepter qu’un établissement public de santé, quelle que soit sa taille et son statut, accueille des patients sans disposer d’eau ?
La réponse devrait être évidente. Le chiffre de 6 % ne devrait pas être regardé uniquement comme une statistique à relativiser. Il devrait être considéré comme un signal d’alerte à traiter.
Parce qu’en matière de santé publique, la qualité ne commence pas nécessairement avec un scanner dernier cri ou un bloc opératoire ultramoderne. Elle commence parfois beaucoup plus simplement : par un robinet qui fonctionne, de l’eau potable, des toilettes propres, un système d’évacuation des eaux usées et la possibilité, pour le soignant comme pour le patient, de se laver les mains.
Et si quelques dispensaires ruraux sont réellement concernés, alors la bonne nouvelle est peut-être là : le problème est limité, donc il devrait être possible de le régler rapidement. Encore faut-il que quelqu’un ouvre le dossier, se rende sur place… et ouvre le robinet.
La réponse devrait être évidente. Le chiffre de 6 % ne devrait pas être regardé uniquement comme une statistique à relativiser. Il devrait être considéré comme un signal d’alerte à traiter.
Parce qu’en matière de santé publique, la qualité ne commence pas nécessairement avec un scanner dernier cri ou un bloc opératoire ultramoderne. Elle commence parfois beaucoup plus simplement : par un robinet qui fonctionne, de l’eau potable, des toilettes propres, un système d’évacuation des eaux usées et la possibilité, pour le soignant comme pour le patient, de se laver les mains.
Et si quelques dispensaires ruraux sont réellement concernés, alors la bonne nouvelle est peut-être là : le problème est limité, donc il devrait être possible de le régler rapidement. Encore faut-il que quelqu’un ouvre le dossier, se rende sur place… et ouvre le robinet.