62 villes sans bidonvilles : le pari de l’habitat digne progresse


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mardi 14 Avril 2026

Entre avancées sociales concrètes et réorientation stratégique, la politique de l’habitat franchit un cap. À la Chambre des représentants, le gouvernement a dressé un bilan marqué par la montée en puissance de l’aide directe au logement et des progrès notables dans la résorption de l’habitat insalubre.



Aujourd’hui, 62 villes sont officiellement déclarées sans bidonvilles. Un seuil symbolique, mais surtout révélateur d’un chantier de longue haleine engagé depuis deux décennies. Devant les députés, le secrétaire d’État chargé de l’Habitat, Adib Benbrahim, a rappelé que le programme « Villes sans bidonvilles » a concerné 496.000 ménages à fin septembre 2025, contre 270.000 à son lancement en 2004. Parmi eux, 370.000 ont vu leur situation régularisée.
 

Derrière ces chiffres, il y a des quartiers transformés, des familles relogées, des trajectoires de vie qui basculent. Dans plusieurs villes, l’éradication des bidonvilles ne relève plus du discours politique, mais d’une réalité visible. Pour autant, le chantier reste ouvert. Certaines zones continuent de résister, freinées par des contraintes foncières, sociales ou financières.
 

En parallèle, un autre levier gagne en importance : l’aide directe au logement. Dans sa nouvelle formule, ce dispositif a déjà bénéficié à 96.948 personnes, sur environ 200.000 demandes enregistrées. Un engouement qui ne surprend qu’à moitié. « Le besoin est structurel », glisse un acteur du secteur, évoquant une demande soutenue, notamment chez les primo-accédants.
 

Le changement majeur réside dans la méthode. L’État a fait le choix de verser l’aide directement aux citoyens, rompant avec l’ancien modèle centré sur les promoteurs immobiliers. Objectif affiché : plus de transparence, mais aussi une meilleure efficacité dans l’allocation des ressources publiques. Une approche qui, sur le papier, redonne de la marge de manœuvre aux ménages, même si sa mise en œuvre sera scrutée de près dans les mois à venir.
 

Autre priorité, moins visible mais tout aussi urgente : la lutte contre les bâtiments menaçant ruine. Le gouvernement indique avoir traité 16.466 habitations durant son mandat, au profit de près de 31.957 ménages. Un effort soutenu par le renforcement de l’Agence nationale dédiée à la rénovation urbaine, qui a permis d’accélérer les opérations de recensement et d’expertise.
 

Au fond, ces différents chantiers racontent une même ambition : rendre la ville plus digne, plus sûre, plus inclusive. Mais ils posent aussi une question centrale : celle de la durabilité des politiques engagées. Car si les résultats sont là, les attentes restent immenses, portées par une jeunesse urbaine en quête de stabilité et d’opportunités.


Le cap est posé, les indicateurs progressent. Reste désormais à transformer l’essai. Car en matière d’habitat, ce ne sont pas seulement des logements que l’on construit, mais aussi une promesse sociale que l’État se doit de tenir.





Mardi 14 Avril 2026
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