937 villages électrifiés : le Maroc dépasse ses ambitions rurales


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mardi 24 Mars 2026

Le Maroc franchit un cap décisif dans sa transition énergétique. Porté par l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD), le Programme de développement des réseaux de transport d’électricité et d’électrification rurale (PDRTE-ER) affiche des résultats au-delà des attentes : près de 1.000 villages raccordés, un accès quasi universel à l’électricité en milieu rural et une montée en puissance des énergies renouvelables.



Il y a encore quelques années, dans certaines zones rurales, la tombée de la nuit imposait une forme de pause forcée. Aujourd’hui, la réalité est toute autre. Selon les dernières données publiées par la BAD, le PDRTE-ER a permis de raccorder 937 villages, soit bien au-delà de l’objectif initial fixé à 720. Une progression de près de 30 %, qui traduit une accélération réelle du chantier d’électrification rurale au Maroc.
 

Dans le détail, près de 20.000 foyers ont été connectés au réseau électrique. Le taux d’électrification rurale atteint désormais 99,91 %, frôlant l’universalité. Derrière ces chiffres, il y a des infrastructures concrètes : 1.261 km de lignes moyenne tension, 3.898 km de lignes basse tension et 719 postes de transformation déployés à travers le territoire. Ce maillage dense ne se limite pas à alimenter des ampoules ; il redessine les conditions de vie, soutient l’éducation, facilite l’accès aux soins et dynamise les activités agricoles et artisanales.
 

Dans certaines communes, l’impact est immédiat. Un jeune entrepreneur rencontré dans une zone rurale confiait récemment que l’électricité lui a permis de lancer une petite unité de transformation agricole. « Avant, tout s’arrêtait au coucher du soleil. Aujourd’hui, on produit, on conserve, on vend », explique-t-il. Des témoignages comme celui-ci illustrent une transformation silencieuse mais profonde.
 

Sur le plan du réseau électrique, les avancées sont tout aussi structurantes. Le programme a permis la réalisation de 254 km de lignes haute tension, dont 244,85 km en 400 kV, ainsi que la mise en service d’un poste 225/60 kV. Ces investissements renforcent la stabilité du système électrique national et facilitent l’intégration des énergies renouvelables.
 

C’est d’ailleurs l’un des points marquants du programme. La part des énergies renouvelables dans la capacité installée atteint désormais 45,5 %, contre environ 33,84 % au démarrage. Une progression significative, en ligne avec les ambitions du Royaume de porter cette part à plus de 50 % à l’horizon 2030. Le réseau gagne ainsi en flexibilité et en capacité à absorber une production verte croissante.
 

Autre indicateur révélateur : la puissance maximale de pointe s’élève à 7.580 MW, dépassant l’objectif initial de 7.150 MW. Quant à l’énergie nette appelée, elle atteint 45,71 térawattheures, soit près de 73 % de la cible finale. Autrement dit, le système électrique marocain devient plus robuste, plus fiable et mieux préparé à accompagner la croissance économique.
 

L’impact économique du programme est également tangible. Il a permis la création de 243 emplois permanents et 744 emplois temporaires, principalement dans les secteurs de l’énergie et du bâtiment. Pour les entreprises locales, ces chantiers représentent des opportunités concrètes, tandis que l’accès à une électricité stable favorise l’installation de nouvelles activités dans les zones rurales.
 

Certes, tout n’est pas parfaitement linéaire. Un retard a été enregistré sur le projet de ligne 225 kV Laawamar Oulad Haddou, en raison de contraintes techniques et du désistement d’un prestataire. Mais ce contretemps reste limité à un seul marché sur dix, et l’ONEE a déjà engagé des mesures correctives pour maintenir le cap, avec une échéance fixée au 30 juin 2028.
 

Au final, le PDRTE-ER dépasse le cadre d’un simple programme d’infrastructure. Il incarne une transformation plus large : celle d’un Maroc qui sécurise son approvisionnement énergétique, accélère sa transition vers le vert et réduit les inégalités territoriales.


En éclairant ses campagnes, le Royaume ne se contente pas d’étendre son réseau électrique. Il ouvre, surtout, de nouvelles perspectives de développement, où énergie rime désormais avec inclusion, résilience et avenir durable.





Mardi 24 Mars 2026
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