Une feuille de route lisible dans un environnement financier sous tension
Depuis 2021, l’AMMC a pris l’habitude d’exposer clairement ses priorités annuelles. L’exercice 2026 ne déroge pas à cette logique de transparence. Alignées sur le plan stratégique 2024-2028, ces orientations s’inscrivent dans une continuité assumée : renforcer le rôle du marché des capitaux marocain comme levier crédible de financement, tout en sécurisant l’épargne et en consolidant l’attractivité du Royaume.
Dans les milieux financiers, cette stabilité est plutôt bien perçue. « La visibilité est devenue un actif réglementaire à part entière », confiait récemment un gestionnaire d’actifs basé à Casablanca. Le message est clair : pas de révolution réglementaire, mais un approfondissement méthodique des chantiers ouverts.
Financement de l’économie réelle et innovation financière encadrée
L’un des axes centraux pour 2026 reste le soutien au financement par le marché. L’AMMC entend accompagner la dynamique boursière, encourager les émissions et favoriser des mécanismes plus inclusifs. Derrière cette ambition, une conviction : le marché des capitaux ne doit plus être perçu comme un outil réservé à une élite financière.
L’innovation financière occupe également une place stratégique. L’Autorité poursuit son accompagnement des solutions Fintech, tout en veillant à préserver l’efficience et l’intégrité du marché. La finance durable, désormais structurante, n’est plus un simple label. Elle s’inscrit dans le cadre stratégique national, avec une attention particulière portée à la crédibilité des instruments et à la qualité de l’information extra-financière.
Protection des investisseurs et mobilisation de l’épargne
En 2026, la protection des investisseurs demeure un pilier non négociable. L’AMMC prévoit d’élargir ses actions d’éducation financière, un chantier de long terme dans un pays où la culture boursière reste encore inégale. L’objectif est simple : permettre aux épargnants de mieux comprendre les risques, sans décourager l’initiative.
Le renforcement du dispositif d’habilitation des professionnels s’inscrit dans la même logique. La confiance ne se décrète pas, elle se construit. Et dans un marché de plus en plus digitalisé, la crédibilité des intermédiaires devient un enjeu systémique.
Une supervision financière plus fine et plus proactive
Face à un marché en mutation rapide, l’AMMC adapte son dispositif de supervision. L’approche fondée sur les risques est renforcée, les contrôles thématiques se multiplient, et la vigilance sur les abus de marché reste élevée. La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme continue d’occuper une place centrale, avec un accompagnement accru des acteurs.
L’élargissement progressif du périmètre de supervision traduit une réalité : la frontière entre finance traditionnelle et nouveaux instruments devient de plus en plus poreuse.
Transformation interne et continuité stratégique
En interne, l’AMMC poursuit sa transformation. Digitalisation des processus, intégration progressive de l’intelligence artificielle, montée en compétences des équipes et responsabilité sociétale renforcée composent cet axe transverse. Les réalisations de 2025 évolution du cadre de la gestion d’actifs, encadrement du marché à terme, intensification des contrôles et renforcement de la cybersécurité servent de socle.
À l’horizon 2026, l’AMMC avance sans effets d’annonce, mais avec une ligne claire : moderniser sans fragiliser, ouvrir sans déréguler, innover sans perdre de vue l’intérêt général. Une approche pragmatique, à l’image d’un marché des capitaux marocain qui cherche moins le spectaculaire que la solidité durable.