Affaire des supporters sénégalais condamnés au Maroc : Ousmane Sonko exprime ses regrets


Rédigé par le Mercredi 25 Février 2026

Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a réagi mardi à la condamnation par la justice marocaine de dix-huit supporters sénégalais, détenus depuis la finale de la CAN deux mille vingt-cinq disputée à Rabat à la mi-janvier. Des peines de prison ferme ont été prononcées, une décision que le chef du gouvernement sénégalais estime regrettable au regard des relations entre les deux pays.



Des condamnations liées aux incidents de la finale de la CAN

Les faits remontent à la finale de la Coupe d’Afrique des nations, remportée un but à zéro par le Sénégal, dans un contexte marqué par de fortes tensions en fin de rencontre. À la suite d’un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel, peu après un but refusé au Sénégal, des incidents ont éclaté dans les tribunes.
 

Selon la procédure judiciaire, les supporters interpellés ont été poursuivis pour hooliganisme, une qualification incluant des actes de violence contre les forces de l’ordre, des dégradations d’équipements sportifs, une tentative d’invasion de la pelouse et des jets de projectiles.
 

Jeudi dernier, le tribunal de Rabat a prononcé des peines différenciées. Neuf prévenus ont écopé d’un an de prison ferme assorti d’une amende de cinq mille dirhams, six autres de six mois et deux mille dirhams d’amende, tandis que trois ont été condamnés à trois mois de prison et mille dirhams d’amende.
 
Sonko évoque un dossier dépassant le cadre sportif  

S’exprimant lors d’une séance de questions à l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a estimé que « les choses ne devaient pas en arriver là » entre deux pays qui se réclament amis. Pour le Premier ministre sénégalais, cette affaire donne le sentiment de dépasser le seul cadre sportif, ce qu’il juge regrettable.
 

Il a également déploré une gestion du dossier qui, selon lui, n’honore pas les liens historiques entre le Maroc et le Sénégal. Sans entrer dans les détails, il a assuré que Dakar avait entrepris toutes les démarches nécessaires pour tenter d’obtenir la libération de ses ressortissants.
 
Entre grâce royale et options diplomatiques  

Ousmane Sonko a évoqué la possibilité d’une grâce royale, indiquant que si Sa Majesté le roi Mohammed VI décidait d’y recourir, « Alhamdulilah ». À défaut, le Sénégal pourrait activer un accord bilatéral de transfèrement de condamnés, permettant aux personnes incarcérées de purger leur peine dans leur pays d’origine.
 

De son côté, la Fédération sénégalaise de football avait déjà réagi au lendemain du verdict, dénonçant une décision jugée sévère et disproportionnée. L’affaire reste désormais suivie de près par les autorités sénégalaises, dans un contexte où les suites judiciaires et diplomatiques pourraient encore évoluer.





Journaliste et étudiant malien en stage, passionné par la géopolitique, l'histoire et le sport.… En savoir plus sur cet auteur
Mercredi 25 Février 2026
Dans la même rubrique :