Agriculture durable : l’État, l’OCP et l’UM6P scellent un partenariat stratégique pour la souveraineté alimentaire


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mercredi 21 Janvier 2026

Face aux chocs climatiques répétés et aux fragilités des chaînes alimentaires mondiales, le Maroc renforce son pari stratégique sur la connaissance. Un partenariat inédit entre institutions publiques et écosystème scientifique ambitionne d’ancrer durablement l’innovation au cœur des politiques agricoles nationales.



Le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, le ministère de l’Économie et des Finances, la Fondation OCP et l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) ont récemment formalisé un accord de partenariat structurant. L’initiative s’inscrit dans le prolongement des Hautes Orientations Royales et dans le cadre de la stratégie « Génération Green 2020-2030 », qui vise à moderniser l’agriculture marocaine tout en renforçant son rôle social et territorial.
 

Au-delà de la signature, le message est clair : face à la rareté de l’eau, à la dégradation des sols et à l’irrégularité croissante des saisons agricoles, les réponses classiques ne suffisent plus. Le Royaume fait le choix d’une agriculture fondée sur la recherche agronomique, l’innovation technologique et le développement des compétences nationales, avec en ligne de mire la souveraineté alimentaire.


Des sols au climat, une approche pragmatique

Le partenariat repose sur plusieurs axes complémentaires, pensés pour produire des effets concrets sur le terrain. La santé des sols figure parmi les priorités, avec l’adaptation des pratiques de fertilisation aux besoins réels des cultures. Une orientation stratégique, quand on sait que la productivité agricole dépend de plus en plus de la précision des intrants et de la préservation du capital naturel.
 

La résilience face au changement climatique constitue un autre pilier central. Le soutien à des programmes comme le semis direct, l’agroforesterie, la réhabilitation des légumineuses ou la création de fermes pilotes traduit une volonté d’expérimenter, d’évaluer et de diffuser des pratiques adaptées aux contraintes locales. La gestion durable de l’eau, enjeu critique dans un contexte de stress hydrique structurel, est intégrée comme un fil conducteur.


Former, accompagner, innover

L’accord met également l’accent sur le développement des capacités humaines. Formation agricole, accompagnement de proximité, mise à disposition de moyens de production : l’objectif est de rapprocher la science des agriculteurs, sans discours hors sol. Les grandes écoles nationales – IAV Hassan II, ENA de Meknès, ENFI, CAES-UM6P – sont mobilisées pour renforcer l’expertise locale et renouveler les modèles de conseil agricole.
 

Le numérique et les solutions AgriTech développées au Maroc occupent une place croissante dans ce dispositif. Outils d’aide à la décision, technologies de suivi des cultures, plateformes de conseil : l’innovation n’est plus perçue comme un luxe, mais comme un levier de compétitivité et d’inclusion.


Une coopération ouverte et structurée

La convention-cadre fixe les grandes orientations stratégiques et sera déclinée en accords spécifiques, d’une durée de trois à cinq ans, avec des objectifs, des livrables, des calendriers et des budgets clairement définis. Elle couvre des thématiques clés : santé des sols, recherche agronomique appliquée, formation, gestion intégrée de l’eau et coopération Sud-Sud.
 

En misant sur la science, le Maroc affirme une vision agricole durable, solidaire et tournée vers l’avenir. Dans un contexte d’incertitudes climatiques, ce partenariat rappelle une évidence souvent oubliée : la souveraineté alimentaire se construit d’abord par l’investissement dans l’intelligence, la connaissance et l’humain.





Mercredi 21 Janvier 2026
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