Aïd Al-Mawlid : la référence à Sebta dans l’intervention d’Ahmed Toufiq suscite des lectures politiques


Rédigé par La rédaction le Mardi 25 Aout 2026

Lors de la veillée religieuse présidée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, lundi 24 août au Palais royal de Rabat, à l’occasion de l’Aïd Al-Mawlid Annabawi Acharif, le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, a évoqué Sebta dans un développement consacré à l’histoire religieuse du Maroc.



Présentant au Souverain le bilan annuel du Conseil supérieur des oulémas et des conseils scientifiques locaux, le ministre a rappelé que Sebta avait vu naître deux grandes figures du patrimoine religieux marocain : le cadi Ayyad, auteur d’« Al-Chifa », et Abou Al-Abbas Al-Azafi, auteur d’« Al-Durr Al-Munazzam ».

Ahmed Toufiq a ensuite évoqué « Dalā’il al-Khayrāt », le célèbre recueil de prières sur le Prophète composé par l’imam Mohammed Al-Jazouli. Selon le ministre, cet ouvrage fut le « symbole des Marocains dans leur mobilisation pour libérer les villes occupées sur l’océan Atlantique au début de l’époque moderne ».

Une évocation historique dans un contexte diplomatique sensible

Prononcée quelques semaines après les événements migratoires des 30 et 31 juillet à Sebta, cette séquence est susceptible de susciter différentes lectures. Elle intervient également après des déclarations du ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, évoquant les droits historiques et géographiques du Maroc sur Sebta et Melilla. Les autorités espagnoles avaient, de leur côté, réaffirmé que la souveraineté de l’Espagne sur les deux villes n’était pas négociable.

Il convient toutefois à notre niveau de ne pas établir de lien automatique entre ces différents éléments.

L’intervention d’Ahmed Toufiq s’inscrivait d’abord dans un cadre religieux et historique, et rien ne permet, en l’état, de la présenter comme l’annonce d’une nouvelle position diplomatique marocaine ou comme un message directement adressé à Madrid.

La proximité temporelle entre cette évocation, la crise migratoire et les récentes déclarations politiques pourrait néanmoins contribuer à replacer la question de Sebta et Melilla dans le débat public des deux côtés du détroit.

Une formulation antérieure à la crise

La référence aux « territoires occupés » n’est pas apparue à la suite des événements de Sebta. Elle figurait déjà dans une lettre royale adressée au Conseil supérieur des oulémas le 15 septembre 2025.

Dans cette lettre, Sa Majesté le Roi Mohammed VI appelait à mettre en valeur « Dalā’il al-Khayrāt », en rappelant que ces prières avaient accompagné les Marocains au XVe siècle « dans leur lutte sacrée pour libérer les territoires occupés ».

La publication présentée par Ahmed Toufiq relève ainsi d’un programme religieux et patrimonial engagé près d’un an auparavant, dans le cadre de la commémoration du quinzième centenaire de la naissance du Prophète Sidna Mohammed, paix et bénédiction sur Lui.

La mention de Sebta doit donc être replacée dans cette continuité historique. Sa résonance politique actuelle tient avant tout au contexte dans lequel elle a été prononcée.

En l’absence d’une indication officielle supplémentaire, toute interprétation diplomatique plus précise relèverait, à ce stade, de l’analyse d'observation plutôt que d’un fait établi.

Les observateurs soulignent qu'il s'agit d'une mise en perspective culturelle et mémorielle ancrée dans le discours religieux officiel, plutôt que d'un changement direct de la diplomatie marocaine.




Mardi 25 Aout 2026
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