Ailes et mémoires : Fahamu Pecou revisite Icare à la Montresso Art Foundation


Rédigé par le Vendredi 27 Février 2026

À Marrakech, Fahamu Pecou revisite Icare et tisse mémoire, héritage et diaspora afro-américaine à la Montresso Art Foundation, jusqu’au 21 mars.



L’artiste américain Fahamu Pecou expose jusqu’au 21 mars à la Residents’ Gallery de la Montresso Art Foundation, à Marrakech. En revisitant le mythe d’Icare, il entremêle mémoire, héritage et imaginaires contemporains pour proposer une lecture renouvelée de la culture afro-américaine et de sa diaspora.

Un souffle d’éternité traverse les œuvres réunies à la Montresso Art Foundation. Figure majeure de l’art contemporain afro-américain, Pecou vit et travaille à Atlanta, où l’histoire culturelle foisonnante irrigue sa pratique. Son travail, intrinsèquement politique, se déploie comme un geste de résistance et un appel à la conscience, nourri par la quête des origines et l’influence de Toni Morrison.

Dans cette nouvelle odyssée, l’artiste transpose Icare loin de la Grèce antique pour l’inscrire dans une relecture anachronique située au Royaume de Kongo. Icare incarné par Pecou, cesse d’être une figure de démesure châtiée pour devenir une métaphore de la condition noire : un corps-mémoire qui s’élève et défie les lois sociales de la gravité.

Narrateur autant que performeur, Pecou tisse un maillage dense de signes et de symboles reliant des lieux et des temps multiples. Sous ses pinceaux et ses crayons, le temps se comprime, se recompose, et fait émerger de nouveaux artefacts culturels. Les ailes, motif cardinal, se font à la fois allégories de la créativité et passerelles entre mondes matériel et spirituel.

De Michael Jordan aux figures Nkisi, de la culture hip-hop aux cosmologies kongo, l’artiste explore la circulation, la mutation et la réinvention des pratiques artistiques et ancestrales à travers l’Atlantique noir, dans la lignée des réflexions de Paul Gilroy. Son iconographie rend visibles ces métamorphoses entre sphères culturelles et ouvre des perspectives inédites sur la formation d’une communauté noire transculturelle.

Au cœur de cette démarche, la transmission. À travers sa propre figure, Pecou sacralise Icare non plus comme incarnation d’une hybris punie, mais comme un mythe où les corps noirs peuvent s’élever sans brûlure, dans un espace où le soleil ne consume pas et où l’ascension devient possible pour tous. Depuis son atelier du Jardin Rouge, il dévoile un cosmogramme de mondes reliés, invitant chacun à imaginer un cycle où ce qui semble finir n’est en réalité que le commencement d’autre chose.

— Titre proposé —

Icare réinventé : Fahamu Pecou élève la mémoire noire à la Montresso Art Foundation

— Meta description (150–160 caractères) —

 




Vendredi 27 Février 2026
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