Chez Alibaba, l'heure n'est plus à l'expérimentation libre avec les outils américains d'intelligence artificielle. Selon Reuters, le groupe chinois doit interdire à ses salariés l'usage professionnel de Claude Code à compter du 10 juillet, en recommandant plutôt sa propre plateforme, Qoder. La décision intervient après une séquence particulièrement tendue entre Alibaba et Anthropic, l'éditeur de Claude.
Anthropic accuse des opérateurs liés à Alibaba et à son laboratoire Qwen d'avoir mené une vaste campagne de « distillation » : des dizaines de millions d'interactions auraient servi à reproduire certaines capacités du modèle américain. Alibaba n'a pas publiquement répondu à ces accusations dans le détail. Il faut donc conserver une prudence élémentaire : l'accusation n'est pas une décision de justice, ni une démonstration établie contradictoirement.
Mais le symbole est puissant. Pendant des mois, les développeurs chinois ont largement utilisé les meilleurs outils disponibles, souvent via des solutions de contournement techniques ou des abonnements personnels. Désormais, la souveraineté numérique se joue aussi dans les environnements de programmation, les assistants de code et les flux de données internes.
Pour les entreprises marocaines engagées dans l'IA, le signal mérite attention. Dépendre d'un seul fournisseur, américain, chinois ou autre, peut devenir un risque industriel. L'avenir appartiendra sans doute aux organisations capables de comparer les modèles, de protéger leurs données et de garder une marge de manœuvre réelle.